«On n’a rien à se reprocher»: un couple d’Edmundston dénonce la fermeture de son foyer
Les propriétaires d’un foyer de soins pour adultes à besoins spéciaux d’Edmundston ont reçu une incroyable vague d’appui après que le ministère du Développement social ait ordonné la fermeture définitive de leur établissement la semaine dernière.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Pour Bruno Morin et Sophie Durand – propriétaires du foyer Sophie bien comme Chez Soi – l’annonce de cette fermeture, qui est survenue au terme d’une enquête d’environ sept mois de la part du Développement social, est tout simplement incompréhensible.
Selon eux, les plaintes faites à l’endroit de l’établissement ou de ses propriétaires ont été classées sans suite ou réglées.
«On n’a rien à se reprocher. On ne peut pas le partager, car ça doit demeurer confidentiel, mais il y a des choses qui ont été dites dans ce rapport (d’enquête) qui sont carrément des mensonges», a déclaré M. Morin.
Bruno Morin et Sophie Durand ont envoyé une lettre à la ministre du Développement social, Cindy Miles, pour lui expliquer la situation. Le couple souhaite s’entretenir avec elle dans l’espoir de renverser cette décision.
«On lui demande de rouvrir l’enquête et de vérifier les informations, car il y a des choses dans le rapport qui ne fonctionnent pas. Il y a aussi plusieurs familles qui ont été prises au dépourvu», a indiqué Mme Durand.
«C’est notre dernier espoir si on veut rester ouvert», a ajouté M. Morin.
Plusieurs personnes ont fait de même. C’est le cas de Patricia Daigle qui estime que si cette fermeture est permanente, il s’agirait d’une nouvelle dévastatrice pour les résidents et leurs familles respectives.
«Nous sommes nombreux à voir en ce foyer un modèle de dignité, d’humanité et d’encadrement adapté aux besoins de nos enfants adultes vivant avec des limitations intellectuelles.»
Même si elle ne réside pas au foyer de soins actuellement, la fille de Mme Daigle bénéficie de l’aide de Sophie Durand – l’une des propriétaires du foyer – depuis 16 ans.
«Cette résidence a toujours représenté, pour moi, un lieu sûr, chaleureux et humain, où je pouvais envisager avec sérénité son avenir lorsque je ne serai plus là pour veiller sur elle. J’approche 74 ans et je sais que dans quelques années je ne serai peut-être plus apte à répondre à ses besoins.»
«Pour elle, le foyer de Sophie est bien plus qu’un organisme, c’est une famille.»
De son côté, Denise Bélanger raconte que son frère, qui était l’un des résidents du foyer avant que celui-ci ne ferme ses portes, souhaite revenir à cet endroit qu’il considère comme sa demeure avec des gens qu’il considère comme sa famille.
«Il était heureux ici. Son plus grand bonheur, ce serait de revenir. On prenait bien soin de lui et il faisait plusieurs belles activités avec Sophie et Bruno. Il a hâte de revenir.»
Line Cyr, la mère de l’un des résidents du foyer, était visiblement déçue de la situation et n’a eu que de bons commentaires pour les propriétaires. Elle avait même l’intention d’y rejoindre son fils éventuellement.
«On a commencé à voir certains comportements, mais c’est parce qu’il ne pouvait pas venir chez Sophie et Bruno. (…) Ça ne fait pas de bon sens. Au lieu de nous enlever des choses, on devrait nous en donner plus.»
Pour sa part, Marcel Fournier dit ne pas comprendre pourquoi le ministère du Développement social en est venu à cette décision qui a eu un effet néfaste sur son fils.
«J’ai de la misère avec mon garçon, car, pour lui, c’était une deuxième famille. Ce sont tous ses amis. Je trouve ça ridicule, surtout qu’on ne nous explique pas vraiment pourquoi cette décision a été prise. Ça concerne nos enfants alors on veut savoir.»
Les propriétaires du foyer se sont dits touchés par cette vague d’amour des derniers jours au sein de la communauté.
«On savait que l’on était appréciés des résidents et de leurs parents, mais on ne pensait pas être autant appréciés dans la communauté», a mentionné Sophie Durand.
«On fait partie de meubles comme on dit. On se promenait avec nos résidents un peu partout et on faisait différentes activités. On nous voyait pas mal partout», a ajouté Bruno Morin.
L’Acadie Nouvelle a tenté d’obtenir une réaction du ministère du Développement social, mais personne n’était disponible pour répondre à nos questions.
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Photo : Sophie Durand et Bruno Morin souhaitent que le ministère du Développement social revienne sur sa décision de fermer leur foyer de soins situé dans le secteur Saint-Basile, à Edmundston. - Acadie Nouvelle: Bobby Therrien
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- Date de création 26 mai, 2025
- Dernière mise à jour 26 mai, 2025