Nouveau programme provincial de recyclage: des municipalités dans le noir

Le Nouveau-Brunswick ira de l’avant avec un nouveau programme de recyclage en mai 2024 avec l’embauche d’un fournisseur de services pour l’ensemble de la province. Si bien des municipalités ont décidé – ou été contraintes – de donner la chance au coureur, d’autres n’apprécient guère d’avoir été laissées dans l’ombre.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - ATL.

Le printemps dernier, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, par l’entremise de Recycle NB, a signé une entente avec Circular Material – une organisation fondée par 17 des principaux fabricants, restaurateurs et détaillants canadiens de produits alimentaires, de boissons et de produits de consommation, dont Loblaw, McDonald’s, Costco, Coca-Cola, etc. – pour qu’elle s’occupe de la collecte des matières recyclables dans l’ensemble de la province.

Selon Recycle NB, le programme dresse les grandes lignes d’une stratégie permettant la collecte d’une vaste gamme d’emballages et de produits de papier, y compris d’autres produits qui ne faisaient pas partie de programmes de recyclage régionaux, comme les pots de verre, la pellicule plastique, le styromousse et le papier d’emballage.

«Nous savons que ce programme pour les emballages et produits de papier servira au mieux les intérêts des Néo-Brunswickois. Le programme est conçu pour améliorer les programmes de recyclage au sein de chaque région et pour détourner une nouvelle quantité importante de déchets de nos sites d’enfouissement», a affirmé, à l’époque, Frank LeBlanc, chef de la direction de Recycle NB.

«Nous sommes impatients de nous mettre à l’œuvre au Nouveau-Brunswick et nous nous engageons à fournir un système de recyclage efficace et performant qui répondra aux besoins des Néo-Brunswickois et qui contribuera à améliorer le taux de récupération», avait mentionné Allen Langdon, chef de la direction chez Circular Materials.

Dans la Municipalité régionale de Grand-Sault, le maire Bertrand Beaulieu déplore toutefois que cette entente ait été conclue sans que les municipalités n’aient été vraiment consultées.

«La municipalité s’est retrouvée devant les faits accomplis, ce qui ne fait vraiment pas notre affaire.»

Selon M. Beaulieu, les municipalités avaient essentiellement deux choix: soit qu’elles acceptent de laisser Circular Materials prendre le relais dans la collecte du recyclage ou qu’elles continuent la collecte rémunérée par l’organisme, mais avec l’objectif de réduire drastiquement le taux de rejet.

«On avait une pénalité si on ne l’atteignait pas et on était responsables de la publicité, de l’éducation et tout ça. Circular Material nous payait une trentaine de dollars par adresse.»

Comme la plupart des municipalités, Grand-Sault a laissé le champ libre à Circular Materials.

Le maire Beaulieu a aussi déploré un manque d’informations claires de la part de l’organisme et du gouvernement du Nouveau-Brunswick, ainsi qu’un échéancier irréaliste pour en arriver à la décision finale.

Selon lui, une séance d’information organisée dans la région pour expliquer les grandes lignes du projet était mal organisée et n’a pas permis de répondre aux interrogations des élus.

Il a tout de même reconnu qu’un des effets positifs de l’entente était qu’elle allait permettre de recycler plus de déchets tout en s’inquiétant du fait que celle-ci n’implique pas nécessairement les commerces et les immeubles à logements.

Vicky Lutes, porte-parole du ministère de l’Environnement et Changements climatiques du Nouveau-Brunswick, a confirmé que le programme s’adresse au secteur résidentiel, ce qui, selon elle, est conforme à la façon dont un programme sur les emballages et les produits du papier est lancé dans d’autres provinces ou territoires.

Elle ajoute que l’inclusion des secteurs industriel, institutionnel et commercial pourrait être envisagée à l’avenir.

Donner la chance au coureur

À Edmundston et à Haut-Madawaska, les maires Eric Marquis et Jean-Pierre Ouellet ont affiché un peu moins d’hostilité envers le programme. Les municipalités ont aussi accepté de laisser la collecte des matières recyclables à Circular Materials.

Selon eux, la collecte du recyclage ne devrait pas changer grand-chose dans la vie des citoyens au quotidien, outre le fait que ce ne seront plus les municipalités qui seront mandatées de trouver un entrepreneur pour effectuer cette collecte.

Cette partie reviendra donc à Circular Materials qui, selon les maires Marquis et Ouellet, devrait avoir les ressources pour intervenir plus efficacement auprès des gens qui ne respectent pas les règles entourant les produits recyclables.

Dans l’optique où la région du Nord-Ouest affiche un taux de rejet de 25% à 30% au cours des dernières années, une approche plus rigoureuse auprès des résidents pourrait permettre d’améliorer la situation selon eux.

«Une des choses que Circular Material nous dit, c’est qu’ils ont des objectifs spécifiques à atteindre. Ils ont des objectifs assez élevés et ils auront le personnel sur le terrain pour s’assurer que ce niveau de recyclage sera respecté», a mentionné Eric Marquis.

«Ça va être bon pour les communautés qui pourront faire plus de recyclage et on suppose que Circular Materials aura le personnel pour faire des suivis plus rigoureux.»

Pour sa part, Jean-Pierre Ouellet estime que cette décision permettra à la Ville de Haut-Madawaska de réaliser quelques économies, soit environ 57 000$ annuellement.

D’ici la mise en place du nouveau système de collecte en mai, il n’y aura pas de changement. Pour le moment, les municipalités sont plus ou moins au courant de la façon dont le changement se manifestera.

Même s’il admet que le programme ne sera pas nécessairement une mauvaise chose M. Ouellet admet qu’il existe encore plusieurs points à clarifier, notamment du côté des centres de tri.

«Au Nord-Ouest, on a le centre de tri de l’Atelier des Copains qui couvre Edmundston et Haut-Madawaska et on a notre centre de transbordement à Rivière-Verte. Ça va continuer comme ça pour le moment, mais est-ce que Circular Materials va modifier ces façons de faire là? On n’en a aucune idée.»

Les organismes responsables actuellement du tri du recyclage sont donc suspendus dans les limbes, eux qui ne savent pas s’ils poursuivront leurs activités à compter du printemps prochain.

C’est le cas de l’Atelier des Copains qui se charge de trier les matières recyclables des communautés d’Edmundston et du Haut-Madawaska.

La directrice générale de l’endroit, Karine Beaulieu, s’est dite inquiète, elle qui ne sait pas encore ce qui adviendra du centre de tri.

«C’est certain qu’on y pense, mais on va attendre d’en apprendre un peu plus pour savoir où l’on s’en va avec tout ça.»

Selon Vicky Lutes, Circular Materials contactera toutes les installations de recyclage pour discuter de leur participation au programme. Ce seront à elles de décider si elles souhaitent conclure un accord avec Circular Materials pour continuer à gérer les matériaux recyclables.

 

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Légende : Le printemps dernier, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, par l’entremise de Recycle NB, a signé une entente avec Circular Material - une organisation fondée par 17 des principaux fabricants, restaurateurs et détaillants canadiens de produits alimentaires, de boissons et de produits de consommation, dont Loblaw, McDonald’s, Costco, Coca-Cola, etc. - pour qu’elle s’occupe de la collecte des matières recyclables dans l’ensemble de la province.

Crédit : - Archives

 

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  • Date de création 20 septembre, 2023
  • Dernière mise à jour 15 avril, 2024
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