Moule zébrée: une situation encore sous contrôle à Edmundston

Même si elle est devenue source d’inquiétudes au cours des deux dernières années, la problématique liée à la présence de la moule zébrée demeure gérable, estime un scientifique de l’Université de Moncton.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Charles-Oneil Crites, professeur de chimie à l’Université de Moncton, campus d’Edmundston, et président de la Société d’aménagement de la rivière Madawaska, ne nie pas le fait que cette espèce envahissante est là pour de bon.

L’an dernier, lors de la période de pointe, en juillet-août, plusieurs millions de larves passaient chaque jour au barrage hydroélectrique Madawaska, situé au centre-ville d’Edmundston.

M. Crites confirme qu’il sera impossible de l’éradiquer complètement du système hydrographique de la rivière Madawaska et du fleuve Saint-Jean, en ajoutant qu’il existe des concentrations de larves du lac Témiscouata, au Québec, jusque dans le centre du Nouveau-Brunswick

«La minute que c’est implanté, il n’y a pas de retour en arrière. On entre dans une logique d’atténuation des effets.»

Il estime toutefois que la nature même de ces cours d’eau fait en sorte que les larves de la moule zébrée auront plus de difficulté à se coller en grand nombre, même si cette espèce croît de façon exponentielle d’une année à l’autre.

«On se trouve dans un système lac/rivière. On a des rivières (Madawaska et Saint-Jean), mais on a aussi des endroits où l’eau se renouvelle moins et où l’on peut avoir un effet de concentration. Par contre, le fait que le barrage d’Edmundston soit sur une rivière prévient un peu l’établissement d’une colonie importante au même type que le barrage du lac Témiscouata», a expliqué Charles-Oneil Crites.

Se fiant sur les observations qui ont été faites, M. Crites soutient d’ailleurs qu’il y a beaucoup plus de moules zébrées au barrage du lac Témiscouata que sur celui de la rivière Madawaska.

«Il y en a, mais la densité est moins grande. Il faut voir dans les prochaines années, mais, malheureusement, il s’agit dorénavant d’un risque auquel devra faire face la Ville d’Edmundston. Il existe néanmoins des méthodes pour les enlever lorsqu’il y en a.»

«On n’a pas un climat comme certaines régions aux États-Unis qui permet aux moules zébrées de se reproduire pendant six mois. Ici, on parle plus de deux mois environ.»

Selon le professeur de chimie, bien que la présence de la moule zébrée ajoute une source de préoccupation supplémentaire pour la Ville d’Edmundston, elle n’est pas démesurée.

Pour sa part, le maire d’Edmundston, Eric Marquis, croit que la situation demeure tout de même inquiétante.

«Quand on entend dire, dans une présentation comme celle de ce soir, qu’il y a 300 millions de larves de moules zébrées qui sont descendues dans la rivière Madawaska sur une certaine période de temps, c’est inquiétant.»

Selon M. Marquis, les infrastructures situées le long de la rivière Madawaska pouvant être potentiellement affectées par la moule zébrée ne doivent pas être négligées.

«On a le Jardin botanique qui pompe l’eau de ses systèmes d’arrosage de la rivière Madawaska. Si les moules entrent à l’intérieur de ce système et grossissent, un moment donné le tuyau va être bouché et  on devra le remplacer. On voit cela avec le Club de golf Fraser, le Centre plein air Mont Farlagne et l’usine Twin Rivers.»

«Les chiffres ne sont peut-être pas très inquiétants pour le moment, mais ils pourraient le devenir, surtout si les gens ne sont pas vigilants.»

La Ville d’Edmundston a d’ailleurs instauré un système de vérification afin de suivre la croissance de cette espèce envahissante au cours des prochaines années.

Selon les plus récents tests, la moule zébrée ne se retrouve pas dans les autres systèmes hydrographiques de la région. Ils pourraient toutefois l’être si les amateurs de sports nautiques ne sont pas vigilants.

«Dans le système hydrographique de la rivière Madawaska, on doit apprendre à vivre avec le problème et gérer les conséquences. Dans les autres systèmes hydrographiques, les cartes ne sont pas jouées alors on peut encore prévenir l’introduction. C’est difficile, mais pas impossible.»

Dans cette optique, la multiplication des stations de lavage près des points d’eau serait une bonne solution selon M. Crites. Il croit toutefois que la sensibilisation peut représenter un défi, car une seule embarcation contaminée peut apporter la moule dans d’autres lacs ou rivières de la province.

«Même si on n’a pas de lave-bateau, on peut prendre l’habitude de laver, à la maison, les choses qui ont touché à l’eau, que ce soit le bateau, les bottes, les rames, etc.»

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Photo : Même si elle est devenue source d’inquiétudes au cours des deux dernières années, la problématique liée à la présence de la moule zébrée demeure gérable, estime un scientifique de l’Université de Moncton. - AP: The Star Tribune / David Brewster

 

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  • Date de création 22 octobre, 2024
  • Dernière mise à jour 22 octobre, 2024
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