Mieux soutenir les réfugiés LGBTQI+, grâce à un poste bilingue
Rainbow Refugee vient d’embaucher une personne francophone d’Halifax, Zineb Bennani, pour assurer le soutien des réfugié(e)s LGBTQI+ et des nouveaux(elles) arrivant(e)s 2ELGBTQIA+.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
L’Association Rainbow Refugee de la Nouvelle-Écosse (RRANS) cherchait une personne bilingue (langues officielles) pour que le français soit aussi présent dans son offre de services, et pour prendre contact avec les organismes francophones de la province.
Pour Bennani, coordonnatrice de l’établissement et de la communauté, le soutien de cette communauté est une cause qui lui tient à cœur. «L'objectif et la mission du RRANS, c'est quelque chose qui me parle à titre personnel.»
«Moi-même faisant partie de la communauté, les personnes de ma famille, c'est un challenge que j'ai eu quand j'étais dans mon pays d'origine, confie-t-iel, qui est originaire du Maroc. Donc je connais un peu par où passent les immigrants dans des pays où le fait d'être dans la communauté peut être criminalisé.»
+++Encadré+++
2ELGBTQI+
2E: les personnes aux deux esprits (two spirited)
L: Lesbienne
G: Gai
B: Bisexuel
T: Transgenre
Q: Queer
I: Intersexuel
+: les personnes ayant une appartenance à divers groupes sexuels et de genre et employant d’autres terminologies
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Depuis une couple d'années, RRANS a constaté une hausse du nombre de francophones sollicitant leurs services.
Plus tôt cette année, l’association a reçu une confirmation pour un financement supplémentaire, ce qui a mené à l’embauche de Bennani, de plus qu’un renforcement de ses capacités, pour le personnel et des projets spécifiques.
Bennani travaille actuellement sur un projet financé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), dont l’objectif est de développer et de créer des liens favorisant le développement communautaire.
Lors des activités de la Fierté d’Halifax 2025, iel a eu l’occasion de participer à des activités pour rencontrer de nouveau(elles) arrivant(e)s. «Le RRANS, c'est comme une sorte d'aimant qui va attirer tous les gens de la communauté de partout.»
Il y a des gens qui vont venir d'organismes francophones, qui ne trouvent pas forcément ce type de service dans les organismes du réseau, des personnes qui sont curieuses tout simplement, ou des individus qui veulent faire des contacts avec de nouveaux(elles) arrivant(e)s.
«Et on a aussi d'autres organismes qui sont bilingues, par exemple le CGLCC, informe-t-iel. C'est la chambre de commerce pour la communauté LGBTQ+, qui est bilingue, donc ils ont du personnel qui parle français et anglais.»
Le but est de permettre aux gens d'avoir une connexion avec quelqu'un qui parle français, soit pour avoir un service, soit pour avoir des informations, soit pour être partenaire.
Bennani insiste sur le fait que Rainbow Refugee est une association plurilingue. Entre les 11 employé(e)s de nationalités différentes, de multiples langues sont parlées (espagnole, perse, arabe, mandarin, etc.), un atout indispensable pour soutenir leur clientèle, issue de différentes diasporas.
«On a essayé d'avoir le maximum de langues pour que toute personne de n'importe où dans le monde puisse trouver un point en commun avec quelqu'un, et puis une aisance pour discuter.»
Une «réinstallation joyeuse»
Depuis l’année dernière, l’association organise des soirées de socialisation. Initialement de manière bimensuelle, mais maintenant toutes les semaines, en y intégrant des activités rassembleuses, comme du karaoké, de l’artisanat et de la cuisine.
En parallèle s’est développé d’autres initiatives, dont le «Rainbow Food Hub», un programme de repas-partage et de conversation informelle entre les membres.
Ces activités répondent à un besoin des réfugié(e)s et des nouveaux(elles) arrivant(e)s, dont l’identité est plurielle. «Lorsqu'il s'agit des réfugiés LGBTQI et de nous, les nouveaux arrivants LGBTQI, tu travailles avec des personnes qui ont de multiples identités qui se chevauchent», fait comprendre Orlando Tovar, directeur exécutif adjoint de l’association.
«Dans de nombreux cas — prenons l'exemple d'une personne queer —, elle ne se sentira pas forcément bien accueillie ou acceptée par les diasporas, car elle aura l'impression d'être victime de discrimination en raison de son orientation sexuelle. D'un autre côté, elle ne se sentira pas forcément acceptée dans les espaces queers, car elle pourra se sentir victime de discrimination en raison du racisme ou de la xénophobie.»
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Rainbow Refugee précise que, bien souvent, ces arrivant(e)s ont le réflexe de s’isoler, pour diverses raisons: traumas, barrière linguistique et culturelle, arrivée d’un contexte de guerre ou de crise, n’ayant pas choisie de venir au pays et n’ayant pas la capacité encore d’ouvrir son esprit pour s’adapter.
«Ce que nous essayons de faire, c'est de créer un espace où les gens peuvent lutter contre cet isolement et nouer des relations avec des personnes qui ne sont pas nécessairement dans la même situation qu'eux, mais qui peuvent avoir une perspective ou une expérience similaire», explique Tovar, un processus que Rainbow Refugee nomme la «réinstallation joyeuse».
Il existe également un programme de mentorat pour le développement avec un(e) volontaire des compétences plus nichées, comme le jardinage. C’est une manière de créer des liens entre les nouveaux membres et ceux de longue date.
Depuis 2011, Rainbow Refugee a accueilli plus de 330 réfugié(e)s, selon les informations du gouvernement du Canada.
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 5 août, 2025
- Dernière mise à jour 2 août, 2025