Maurice Colpron, géologue émérite
Fin janvier dernier, Maurice Colpron a reçu un prix soulignant l’ensemble de sa carrière lors du congrès de l’Association pour l’exploration minérale (Association for Mineral Exploration Roundup) qui s’est tenu à Vancouver.
Ce prix reconnaît la contribution exceptionnelle de M. Colpron aux connaissances sur la géologie de l’ouest de l’Amérique du Nord, et du Yukon particulièrement. Le géologue a, entre autres, été le premier à émettre la théorie qu’une partie de l’assise rocheuse du Yukon a en fait la Norvège comme origine. Un article scientifique publié en 2009 (Northwest Passage) décrivait comment cette pièce avait dérivé vers son endroit actuel à travers le mouvement des ensembles géologiques, que l’on nomme la « tectonique ». Depuis, la théorie a non seulement été validée, mais étoffée par plusieurs autres équipes de géologues.
Plus récemment, M. Colpron et son équipe ont découvert au Yukon un type de gisement aurifère qui n’était connu jusque-là qu’au Nevada. Ce type de gisement, que l’on nomme Carlin, contient beaucoup plus d’or par unité de volume de roche que les gisements typiques du Yukon, comme ceux que l’on retrouve à Dawson ou à Mayo. En fait, contrairement à ces gisements plus classiques, l’or d’un gisement de type Carlin n’est pas visible à l’œil nu, car il est intégré dans la roche.
« Je me considère très chanceux d’avoir été payé pendant tant d’années pour faire ce qui me passionne », reconnaît le géologue.

M. Maurice Colpron est responsable de l’unité de recherches sur la géologie du socle rocheux auprès de la Commission géologique du Yukon, où il a contribué à décrire la géologie du territoire.
L’école de la brousse
Natif de Saint-Constant, au bout du pont Mercier sur la Rive-Sud de Montréal, M. Colpron raconte : « J’ai toujours été intéressé par les sciences. Lorsque je suis entré au Cégep, par contre, je m’ennuyais. C’est à cette époque que j’ai commencé à faire des excursions de canot et que j’ai découvert le plein air ». La géologie s’est ensuite révélée à lui comme un moyen d’assouvir sa curiosité intellectuelle tout en lui permettant de vivre sa passion pour le plein air. « Ça mariait deux aspects de ma personnalité. »
Titulaire d’un baccalauréat en géologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et d’une maîtrise de l’Université du Vermont, il a eu la chance de rencontrer des gens d’influence tout au long de sa carrière. Par exemple, John Wheeler de la Commission géologique du Canada (Geological Survey of Canada). « C’est un homme qui m’a beaucoup inspiré, et nous sommes devenus de bons amis ». M. Wheeler a d’ailleurs été le premier récipiendaire du Prix de l’Association pour l’exploration minérale, reconnaissance que Maurice Colpron a reçu en janvier dernier.
Tout au long de sa carrière, Maurice Colpron a eu la chance d’explorer le Yukon de long en large et d’apporter sa contribution à la compréhension de la formation de son socle rocheux et d’où peuvent se trouver les ressources, comme le zinc, le tungstène, l’or, les métaux rares ou la géothermie.
La retraite comme une opportunité de renouvellement
À l’aube de sa retraite « officielle » de la Commission géologique du Yukon, M. Colpron entrevoit des projets de rédaction. Parmi ceux-ci, un livre grand public racontant l’histoire naturelle du Yukon et en particulier sa genèse géologique.
À celles et ceux qui se sentiraient attiré·e·s par une carrière en géologie, M. Colpron souligne que plusieurs secteurs sont en effervescence. Entre autres, le Yukon est toujours un endroit de prédilection pour les ressources minérales, comme le tungstène et les minéraux critiques, comme le cuivre et le zinc.
« Il y a aussi des groupes qui s’intéressent plus au pergélisol. Ils étudient les glissements de terrain, et l’effet des changements climatiques », informe le géologue. Enfin, d’autres secteurs sont en émergence, dont la géothermie et la captation de carbone dans des ensembles rocheux.
IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale
Géologue
Le métier de géologue consiste à étudier les couches du sol. Pour M. Colpron, la géologie est à l’intersection de plusieurs disciplines, dont la biologie, la chimie et la physique. Cette profession est donc diversifiée, et attire d’abord et avant tout des adeptes de plein air qui ont soif d’explorer le terrain et de décrire ce qu’on peut y retrouver.
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- Date de création 24 février, 2025
- Dernière mise à jour 24 février, 2025