L’Université du Yukon s’agrandit
La nouvelle infrastructure comprendra quatre salles d’enseignement, deux laboratoires humides et deux laboratoires secs, un laboratoire d’instruments, un atelier de spécimens et une salle de collections. Le futur bâtiment sera également doté d’une salle de partage des connaissances, d’une salle de cérémonie et d’un espace d’apprentissage extérieur.
La construction, d’une valeur de 52,2 millions de dollars, s’étendra sur 2 567 m2. Le gouvernement du Canada contribue au projet à hauteur de plus de 31 millions de dollars, dont 26 millions proviennent du ministère des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada. Des contributions, dont plus de 5 millions de dollars du Programme d’innovation énergétique de Ressources naturelles Canada et d’Emploi et Développement social Canada, soutiennent les composantes d’efficacité et d’accessibilité des bâtiments.
Lors d’une conférence de presse le 13 juin dernier, Lesley Brown, présidente et vice-chancelière de l’Université du Yukon, a rappelé que le projet Polaris, en développement depuis plusieurs années, entre enfin en phase de réalisation. « Un travail considérable de planification et de dévouement nous a permis de passer d’une annonce initiale de financement, en 2019, à une construction aujourd’hui en cours, en passant par une pandémie mondiale. »
Savoirs intersectionnels
Pour Lesley Brown, « le nouveau bâtiment des sciences est conçu pour promouvoir de nombreuses façons d’apprendre et de partager les connaissances. La vision d’une université au Yukon a été formulée dans le document de 1973 intitulé Together Today for Our Children Tomorrow [Ensemble aujourd’hui pour nos enfants demain]. »
« Ce centre contribuera à réunir la science occidentale et les connaissances traditionnelles des Premières Nations, créant ainsi un espace qui reflète notre identité et nos valeurs en tant que Yukonnais », a déclaré Jeanie McLean, ministre de l’Éducation du Yukon.
« Je pense que le Centre de sciences va nous apporter de grandes choses et qu’il va nous permettre d’examiner l’approche des structures scientifiques occidentales et de nos structures de connaissances traditionnelles, qui sont tout aussi importantes à mesure que nous avançons et que nous construisons le programme d’études qui aide les étudiants à comprendre les deux modes de connaissance », a déclaré Sean Smith, chef de la Première Nation des Kwanlin Dün.

La conception du bâtiment a été élaborée en collaboration avec les Premières Nations, les étudiants et étudiantes, le personnel et la direction de l’université.
Bâtiment écologique
Le projet est enregistré et vise deux certifications : l’accessibilité selon la norme Rick Hansen et la construction zéro carbone selon le Conseil du bâtiment durable du Canada.
Il devrait permettre de réduire jusqu’à 705 000 kg de CO2 sur 50 ans et de générer des économies d’exploitation de 20 000 à 30 000 dollars par année.
Le nouveau bâtiment scientifique sera le premier bâtiment au nord du 60e parallèle à obtenir cette certification.
Ainsi, les murs seront hautement isolés pour protéger contre les pertes de chaleur (hiver) et les gains de chaleur (été), les systèmes de chauffage et de refroidissement seront électriques. L’infrastructure sera dotée également de systèmes de récupération d’énergie qui capturent la chaleur des opérations et la réutilisent pour climatiser l’air du bâtiment et quatre chargeurs de véhicules électriques seront installés.
Cours en français?
Il faudra toutefois attendre pour que le corps étudiant puisse avoir accès à des cours de français. Isabelle Salesse, directrice générale de l’Association franco- yukonnaise (AFY), rapporte que l’organisme n’a pas été sollicité. « Nous ne sommes jamais sollicités pour aucune décision ou projet provenant de l’Université du Yukon », précise-t-elle.
À cette question, l’université répond avoir adopté l’année dernière son premier plan stratégique de gestion des inscriptions, qui définit ses objectifs de croissance et de recrutement pour 2025-2030.
« Ce plan met l’accent sur trois groupes d’apprenants clés, en insistant sur le recrutement et la fidélisation des apprenants autochtones nationaux. Nous sommes impatients de poursuivre les discussions avec la communauté francophone du Yukon afin d’explorer les possibilités de répondre aux priorités et aux opportunités en matière d’éducation », informe Misha Warbanski, directrice marketing et communication à l’Université du Yukon.
IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale
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- Date de création 26 juin, 2025
- Dernière mise à jour 25 juin, 2025