Louis Tétrault et Carole Freynet-Gagné récipiendaires du prix Riel
Pour l’édition 2025 des prix Riel, la Société de la francophonie manitobaine a remis ses statuettes à Carole Freynet-Gagné et Louis Tétrault pour leur engagement remarquable pour la francophonie.
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Marie Wielgocki
IJL – Réseau.Presse – La Liberté
Depuis 1983, la Société de la francophonie manitobaine (SFM) décerne le prix Riel aux Franco-Manitobains ayant contribué à l’épanouissement de la communauté.
Cette année, ce sont Louis Tétrault, nommé pour son rôle pour l’Éducation française, et Carole Freynet-Gagné, nommée pour son engagement dans le Développement communautaire, qui ont reçu leurs prix au Centre communautaire TC Energy à Île-des-Chênes, ce 15 mai.
« Le mot qui nous unit aujourd’hui est celui de la reconnaissance », a lancé en introduction de la soirée Godlove Kamwa, maître de cérémonie. Après avoir dévoilé une nouvelle version du prix Riel, désormais en céramique, des discours aussi instructifs qu’émotifs se sont succédé pour présenter les deux récipiendaires et leurs remarquables contributions à la communauté.
| Louis Tétrault, nommé pour son rôle dans l’Éducation française
« Louis Tétrault est un rassembleur, un faiseur de choses », a affirmé Raymond Poirier, ancien directeur de la SFM et grand défenseur de la communauté.
Après avoir reçu son prix, Louis Tétrault, très ému, est revenu sur sa carrière et son amour pour la communauté. Dans son discours, empreint d’humour et de modestie, il a déclaré : « Quand Jean-Michel Beaudry m’a appelé pour m’annoncer que le prix me reviendrait, j’ai d’abord pensé à le refuser, mais ce soir, face à vous, j’accepte ce prix Riel, avec grand honneur. »
Fondateur et premier président de la Division scolaire franco-manitobaine, Louis Tétrault a œuvré à la consolidation de plusieurs organismes clés de la francophonie. Il a participé à la création du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM) et d’Éco-Ouest Canada. Mais son parcours ne s’arrête pas là. Récemment, il a participé à l’élaboration de la Stratégie de développement rural de l’AMBM et au Plan stratégique communautaire Ensemble vers 2035.
À l’image de son discours lors de la cérémonie, c’est avec humilité que Louis Tétrault raconte avoir reçu la nouvelle de sa nomination en tant que récipiendaire du prix Riel 2025 pour son rôle dans l’Éducation française. « C’était vraiment une grande surprise, j’ai d’abord été gêné mais c’est certainement un honneur. » En y réfléchissant, sa fierté vient avant tout des échanges et du travail accompli avec les équipes. « J’ai eu la chance d’être bien entouré et de cheminer avec des personnes incroyablement compétentes », tient-il à souligner.
Le récipiendaire porte un regard satisfait sur sa carrière intense et sur tout ce qu’il a pu apporter à la francophonie. « J’ai contribué à ma façon à différents projets de grande envergure pour la francophonie manitobaine. Aujourd’hui, je suis fier d’avoir été en mesure de participer à son épanouissement. »
Fort de son travail pour la communauté, Louis Tétrault se montre pleinement rassuré quant à l’avenir. « Je suis entièrement confiant sur la relève et heureux de voir que les prochaines générations sont fières de la langue française », affirme-t-il. « Même si les jeunes n’ont pas eu le même cheminement, ni eu à revendiquer les mêmes droits que nous, ils n’en demeurent pas moins fiers de leur culture et de leur langue. Il y aura toujours une occasion pour la défendre. »
| Carole Freynet-Gagné, nommée pour sa contribution au développement communautaire
« L’engagement pour moi est un muscle, et dans ma vie, je me suis rapidement sentie responsable de cette communauté qu’il a fallu défendre », a déclaré la récipiendaire lors de la soirée. C’est avec beaucoup d’émotions que Carole Freynet-Gagné est revenue sur son parcours de défenseuse de la francophonie manitobaine. Une responsabilité qu’elle a décidé de prendre dès le plus jeune âge. « Je n’avais qu’une dizaine d’années quand j’ai commencé à défendre la communauté. Aujourd’hui, sa défense doit toujours être à l’ordre du jour, et ce, même dans 100 ans », a-t-elle déclaré. « Pour moi le mot minoritaire n’a jamais été négatif, il veut avant tout dire unique », a-t-elle tenu à souligner à la fin de son discours.
Carole Freynet-Gagné a offert son engagement bénévole au sein de nombreux conseils d’administration et comités dédiés à la francophonie. Elle a participé aux conseils du World Trade Centre Winnipeg, du Centre de la francophonie des Amériques (CFA) ou encore des États généraux de la francophonie manitobaine.
Elle est aujourd’hui également fondatrice et copropriétaire de Freynet-Gagné Traduction et Consultation, ainsi que présidente et directrice générale d’Apprentissage Illimité, une maison d’édition spécialisée dans les ressources pédagogiques en français.
« J’ai été surprise mais bien sûr honorée de recevoir un prix tel que celui-ci venant d’une communauté que j’aime et que j’ai choisie », affirme-t-elle. Depuis l’annonce de sa nomination, Carole Freynet-Gagné raconte avoir souvent été amenée à repenser à son expérience au sein de la francophonie. « On me pose beaucoup de questions sur mon parcours, alors je revis ces souvenirs extraordinaires à chaque fois. »
Lorsqu’on lui a annoncé qu’elle recevrait le prix, la récipiendaire s’est d’abord questionnée. « Je me suis demandé Pourquoi moi? Au départ je croyais que ce prix était réservé aux personnes ayant été à l’origine d’un projet particulier, alors ça m’a ému davantage quand j’ai compris que cette distinction était destinée à récompenser toutes les petites contributions que j’avais pu apporter », confie-t-elle.
En faisant le bilan de son parcours, Carole Freynet-Gagné relève plusieurs éléments qui lui ont permis de s’investir autant dans la communauté francophone. Et pour elle, les origines de son engagement viennent avant tout de son enfance à Saint-Anne. « Le village francophone dans lequel j’ai grandi m’a poussé à défendre ma culture, tout comme l’école dans laquelle j’ai été éduquée qui m’a encouragée à développer des projets pour maintenir cette idée communautaire. À côté de ça, j’ai grandi dans une famille fière et passionnée par la francophonie », raconte-t-elle.
L’aspect familial est d’ailleurs loin d’être un détail pour elle. « Ma plus grande fierté aujourd’hui est d’avoir élevé mes filles dans la francophonie, pour qu’elles soient responsables et actives dans leur communauté, et pas seulement consommatrices. »
Comme Louis Tétrault, Carole Freynet-Gagné croit fermement en la relève de la nouvelle génération. « J’ai confiance en eux. Ces jeunes ont l’avantage d’avoir une francophonie sécurisée avec des institutions qui sont présentes et une absence de tabou. »
Bien que les jeunes n’aient plus à se battre comme leurs prédécesseurs, elle tient à néanmoins rappeler la nécessité de rester vigilant. « Avec la mondialisation et le contexte international actuel, il y a tellement de forces extérieures qui viennent agir sur notre communauté que je pense que les jeunes ont tout autant de défis à relever. »
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Photos :
Carole Freynet-Gagné et Louis Tétrault ont reçu leur prix Riel décerné par la SFM.
Photos : Marie Wielgocki
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- Date de création 23 mai, 2025
- Dernière mise à jour 23 mai, 2025