Locataires et propriétaires d’accord pour miser sur le secteur sans but lucratif 

Dans le débat entourant la crise du logement abordable et le plafonnement des loyers, des groupes qui représentent des locataires et des propriétaires sont d’accord sur au moins une chose: il faut donner plus de moyens aux organismes sans but lucratif de construire du logement abordable.

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Alexandre Boudreau

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Des députés réunis en comité à l’Assemblée législative se penchent sur le projet de loi du gouvernement Holt qui vise à mettre en place un plafonnement des loyers de 3% en février. Mais le débat est rapidement devenu plus large que ce projet de loi, et a tourné autour de divers aspects de la crise du logement abordable.

Matthew Hayes, professeur de sociologie à l’Université Saint Thomas, a répondu aux questions de députés à ce sujet en tant que porte-parole de la Coalition pour les droits des locataires du N.-B.

Selon lui, le débat national tourne trop souvent autour du secteur privé comme solution à la crise du logement abordable, et il faudrait cesser de s’appuyer sur le secteur privé pour espérer qu’il construise les logements abordables qui manquent.

«Le marché privé n’a jamais construit de logement abordable.»

Il indique que les logements abordables sont souvent plus anciens, qu’il s’agit d’édifices qui ont «déjà fait leur argent» et dont le loyer n’a pas beaucoup augmenté pendant la flambée des dernières années. Il ne s’agit pas de logements nouvellement construits.

«On a besoin d’avoir un secteur plus robuste pour la construction de logements à but non lucratif, et c’est très important pour le secteur public de s’engager à augmenter la capacité de ce secteur-là.»

D’après Matthew Hayes, l’un des problèmes provient de l’incapacité de nombreux organismes d’obtenir l’appui des banques pour réaliser leurs projets. Il affirme que le gouvernement pourrait agir pour leur faciliter la tâche et permettre la construction de davantage de logements abordables par des organismes sans but lucratif (OSBL).

«Il y a très peu d’organismes, et peut-être encore moins au N.-B., qui sont capables d’aller à une banque et de dire “J’ai besoin d’un prêt de X millions $ pour entamer un projet.”»

Jeremy Jackson, VP aux relations gouvernementales de la société d’investissement immobilier Killam, s’est aussi dit en faveur d’un plus grand rôle du secteur sans but lucratif dans la construction de logement abordable, et a affirmé que le gouvernement devrait agir en ce sens.

«On entend parler d’unités très abordables. C’est là que nos amis des organismes sans but lucratif… Ils ont besoin de loyers [entre] 300$ [et] 700$ par mois. C’est très difficile pour une entreprise privée de composer avec cela. C’est pour cela que le gouvernement doit mener la charge», a-t-il affirmé.

Son entreprise a construit un seul immeuble à logements au N.-B. Killam se concentre surtout sur l’acquisition de logements.

Les propriétaires redemandent un allègement fiscal

Lors de son témoignage au comité, M. Jackson était accompagné du président de la New Brunswick Apartment Owners’ Association, Willy Scholten.

Celui-ci a répété son plaidoyer en faveur d’une réduction du fardeau fiscal des propriétaires d’appartement afin de compenser pour le plafonnement des loyers, qui limite l’augmentation des revenus des propriétaires à 3% par an, sauf exception.

Julia Woodhall-Melnik, une professeure associée du département de sciences sociales à l’Université du Nouveau-Brunswick, a toutefois indiqué que les marges de profit des propriétaires ne les placent pas exactement en situation difficile. Elle s’est appuyée sur des chiffres du marché locatif de Fredericton, en donnant l’exemple d’un logement à quatre chambres à coucher.

«Nous avons déterminé qu’on verrait quand même 500$ de profit par mois par unité si on demandait un loyer de 1800$ par mois, services inclus. On ne voit pas vraiment que les propriétaires sont nécessairement en difficulté», a affirmé la professeure.

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Photo : À gauche, Jeremy Jackson, VP aux relations gouvernementales de la société d’investissement immobilier Killam. À droite, Willy Scholten, président de la New Brunswick Apartment Owners’ Association, à Fredericton, le 4 décembre 2024. - Capture d’écran

 

 

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  • Date de création 9 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 9 décembre, 2024
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