L’isolement social, un défi majeur pour les patients du sud-est de l’Ontario
Le Droit - Un sondage de l’Équipe Santé Ontario du Grand Fleuve (ESOGF) sur l’expérience des patients au sein des services de santé, l’année dernière, suggère que l’isolement social est un défi majeur pour plusieurs personnes de la région, alors que les répondants plus jeunes présentent, eux, des symptômes de dépression.
Chantallya Louis, IJL - Réseau.Presse - Le Droit
En effet, plus de la moitié des participants, soit 60 %, ont déclaré un certain degré de sentiment d’isolement dans leur quotidien. Par ailleurs, 63 % des répondants se disent se sentir à l’écart et 57 % disent être en manque de compagnie.
Selon le rapport, l’isolement social s’est avéré «modérément corrélé» avec les résultats déclarés par les patients qui se sont donné un autodiagnostic d’anxiété et de dépression.
«Il existe une relation évidente et significative entre les problèmes de santé mentale et les facteurs liés à l’isolement social», explique le document d’une quarantaine de pages rendu public le 29 mai dernier.
Pour Sarah Good, spécialiste de l’engagement et de la santé de la population chez ESOGF, ce défi peut être difficile à adresser, «mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas le changer», dit-elle optimiste.
Dans cette optique, l’ESOGF prévoit mettre sur pied des programmes en lien avec la santé mentale et la vulnérabilité des personnes âgées.
L’ESOGF est un regroupement de fournisseurs de services de santé et de services sociaux pour fournir des services en santé qui répondent aux besoins des personnes qui veulent obtenir des soins dans la ville de Cornwall, les comtés unis de Stormont, de Dundas et Glengarry, Akwesasne, dans certaines parties du canton de Russell ainsi que du sud-est rural d’Ottawa.
Le but de l’organisme est d’accroître l’égalité et l’équité d’accès dans la région, identifier les problèmes et obtenir les données pour «assurer que les politiques publiques reflètent les valeurs de la population», indique Sarah Good.
Améliorer la communication
Bien que la plupart des personnes sondées ont déclaré avoir facilement accès aux fournisseurs de soins de santé habituels, ils démontrent tout de même plus de difficultés à accéder aux soins de spécialistes et aux soutiens communautaires, rapporte le document.
En outre, seuls 44,6 % des répondants ont déclaré que le temps écoulé entre la prise de rendez-vous avec un spécialiste et la visite proprement dite était «à peu près correct».
Plus de la moitié des répondants bénéficiant d’un soutien communautaire ont estimé que le temps nécessaire pour obtenir ce soutien était «un peu beaucoup trop long» et que l’accès à ce soutien était «un peu beaucoup» difficile pour eux.
Pour ce faire, Sarah Good soutient qu’il faut miser sur l’éducation aux outils numériques, comme leur site internet et l’amélioration de la coordination entre les fournisseurs de services en santé.
«On travaille avec les docteurs, les premiers répondants et les spécialistes pour améliorer la communication entre eux», assure-t-elle, ajoutant qu’une infolettre interne a été mise en place par son organisme afin de faciliter le partage d’information entre les fournisseurs.
Méthodologie du sondage
Le sondage a pour but de définir l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, ainsi que le sentiment d’être à l’écoute, leur possibilité de compter sur un travailleur de la santé et leur capacité à gérer leur santé.
Le sondage s’est déroulé du 1er juillet 2023 au 31 octobre 2023. L’organisme a recueilli en tout, 1510 réponses, dont 1385 en anglais et 125 en français. En fin de compte, c’est seulement 499 réponses qui ont été validées pour faire le rapport du sondage, en raison d’un trop grand nombre de réponses manquantes et de manipulations par des robots.
De ce nombre, 88 % sont des personnes blanches et 72 % des répondants sont des femmes, et seulement 8 % des répondants ont souligné qu’ils étaient plus à l’aise dans la langue française.
«Je regarde le recensement de 2021 dans notre région, ça dit que près de 19 % de la population [ont le français] comme première langue. Alors, on manquait des réponses des francophones et d’autres ethnicités», soutient Sarah Good.
Bien qu’elle croit que le sondage demeure peu représentatif de la population des régions que l’organisme représente, elle s’est toutefois montrée enthousiaste face aux résultats qui restent, selon elle, indicatifs.
Photos :
Isolement_Sud_est_Cr. 123rf : Plusieurs patients présentent des symptômes de dépression selon un sondage de l’Équipe Santé Ontario du Grand Fleuve. Photos : ESOGF
Isolement1_Sud_est_Cr. 123rf : Bien que la plupart des personnes sondées ont déclaré avoir facilement accès aux fournisseurs de soins de santé habituels, ils démontrent tout de même plus de difficultés à accéder aux soins de spécialistes et aux soutiens communautaires. Photos : 123rf
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- Date de création 11 juillet, 2024
- Dernière mise à jour 11 juillet, 2024