L’industrie touristique remonte la pente

Après une année noire en 2020, le secteur touristique a pu sauver sa saison grâce à la réouverture des frontières à la mi-juin puis le passage à la phase verte à la fin du mois de juillet.
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Simon Delattre

IJL - Réseau.Presse - Acadie Nouvelle

L’an dernier, l’absence de touristes québécois avait fait mal à l’industrie dans les communautés francophones et acadiennes. Leur retour a permis à bien des entreprises dépendant de la venue de touristes de sortir la tête de l’eau.

«On ne s’attendait pas à ça. On a connu une année exceptionnelle malgré les circonstances», reconnaît Marco Plourde, le copropriétaire du camping Le Colibri situé à Bertrand.

Bien que plus tardive et donc plus courte, la saison haute aura été très bonne pour son établissement.

«Nous avons affiché complet presque tout le mois d’août, on ne peut pas se plaindre, se réjouit M. Plourde. On voit que les gens veulent revenir dans la Péninsule acadienne. C’est un bon présage pour la relance.»

Le constat semble tout aussi positif à l’échelle de la province, nous confirme Carole Alderdice, présidente de l’Association touristique du Nouveau-Brunswick.

«Des opérateurs de toutes les régions nous disent qu’ils ont reçu beaucoup de visiteurs», assure-t-elle. Les affaires ont été particulièrement bonnes dans le nord du Nouveau-Brunswick, précise Mme Alderdice.

Yannick Mainville, directeur du développement touristique de la Péninsule acadienne, abonde dans le même sens. Après un mois de juin peu occupé, les voyages organisés à la dernière minute se sont multipliés.

«Les frontières ont ouvert à un très bon moment et dame nature a été de notre côté. Certains propriétaires nous disent même que le mois d’août a été comparable à 2019», lance-t-il.

«Après le 16 juin, on a eu la venue de beaucoup de personnes qui ont de la famille et des amis par ici. Avec la fin des restrictions frontalières, on a profité d’une manne de touristes québécois et ontariens venus visiter la région.»

Les attractions touristiques font le plein

Le rebond a été particulièrement spectaculaire au Village historique acadien. La destination touristique de Bertrand a vu sa fréquentation multipliée par trois. À quelques jours de la fin des activités, près de 36 000 visiteurs ont fréquenté le musée vivant, dépassant de loin le total de 2020 quand à peine 12 000 visites avaient été enregistrées.

«On sait que d’ici une semaine on n’atteindra pas les 55 000 visites comme en 2019. Mais l’été a été excellent et a dépassé nos attentes», souligne Mylène Dugas, responsable du marketing au Village historique acadien.

Son équipe a constaté un fort intérêt de la part de Néo-Brunswickois du sud de la province.

«Beaucoup venaient pour la première fois, constate Mylène Dugas. Après un an et demi de contexte exceptionnel, on sent que les gens sont plus à l’aise de sortir dans des lieux publics.»

L’expérience était pourtant quelque peu différente pour les visiteurs qui ne pouvaient pénétrer que dans 12 des 40 bâtiments occupés par les animateurs en costume, mentionne-t-elle. «On se croise les doigts pour que la situation sanitaire s’améliore encore l’an prochain.»

Le ton est tout aussi enjoué du côté du Pays de la Sagouine à Bouctouche. La directrice générale et artistique par intérim, Monique Poirier, évoque une hausse de l’achalandage de 80% pour 2021, malgré une programmation plus restreinte qu’à l’accoutumée.

«C’est considérable. On a pu accueillir beaucoup de gens du Québec et de l’Ontario et des provinces maritimes, se réjouit-elle. On est loin des chiffres d’avant la pandémie, mais c’est une augmentation très intéressante considérant tous les défis auxquels ont été confrontés les opérateurs touristiques.»

L’an dernier, l’Île-aux-Puces n’avait reçu la visite que de 4614 personnes pour les trois mois de l’été, soit une réduction de 84% par rapport à 2019. L’équipe espère désormais pouvoir opérer à plein régime à partir de l’été 2022.

Encore des nuages à l’horizon

La pandémie aura tout de même laissé ses marques. Yannick Mainville rappelle que nombreuses entreprises ont dû emprunter et ont vu leur santé financière se dégrader. «Il ne faudra pas qu’on assiste à une vague de fermeture dans le futur», insiste-t-il.

L’Association touristique du Nouveau-Brunswick profite d’ailleurs de la campagne électorale pour demander aux chefs de parti la prolongation d’un soutien financier d’aide ciblé jusqu’au 31 mai 2022.

Elle souhaite également que le Canada aligne ses consignes sur celles des autres pays du G20 pour faciliter la reprise des voyages internationaux.

L’aggravation de la pénurie de main-d’œuvre est assurément devenue une préoccupation majeure pour l’industrie. Le copropriétaire du camping Le Colibri nous dit craindre de ne pas pouvoir «offrir un service optimal aux clients» si les employés venaient à se faire plus rares. À l’approche du retour en classe des étudiants, les difficultés de recrutement deviennent un vrai casse-tête pour certains restaurants qui ont dû se résigner à n’ouvrir leurs portes que deux ou trois jours par semaine. Préoccupée par la tendance, l’Association touristique appelle désormais Ottawa à créer un volet d’immigration consacré au secteur.

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Photo

Légende : Le Village historique acadien, à Bertrand, dans la Péninsule acadienne.

Crédit : Acadie Nouvelle

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  • Date de création 13 septembre, 2021
  • Dernière mise à jour 13 septembre, 2021
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