L’impro ne mourra pas

L’impro ne mourra pas

Alors qu'une bonne partie de la population canadienne reste confinée ou prend l'air avec beaucoup de retenue, Radio-Canada nous offre quelques minutes de bonheur grâce à IMPROVISIO, une série d'improvisations théâtrales mettant en vedette deux équipes d’artistes de l’Ouest canadien à suivre sur le Web sans modération !

Arnaud Barbet

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Alors qu'une bonne partie de la population canadienne reste confinée ou prend l'air avec beaucoup de retenue, Radio-Canada nous offre quelques minutes de bonheur grâce à IMPROVISIO, une série d'improvisations théâtrales mettant en vedette deux équipes d’artistes de l’Ouest canadien à suivre sur le Web sans modération !

Patinoire, thème, caucus, couleurs, infractions, pénalités et bien d'autres… Cela vous parle ? Né au Québec dans les années 70, le match d'impro est un classique. Deux équipes se font face sur une patinoire. Leurs membres improvisent pendant quelques minutes sur des thèmes imposés. L'arbitre veille. Et que les meilleurs gagnent !

« Bien sûr, pour une émission d'une quinzaine de minutes en visioconférence, il a fallu s'adapter. Les règles sont différentes, moins puristes ! », explique la réalisatrice et coordinatrice du projet IMPROVISIO, Josée Lévesque.

Son concept est venu de deux réalités bien terre à terre. « Avec la COVID-19, les artistes, notamment les comédiens, ont été les premiers à s'arrêter et seront les derniers à reprendre. Il fallait leur donner un coup de pouce », raconte-t-elle. Après quelques consultations, les matchs d'impro sont apparus comme la solution rapide et facile à mettre en place pour divertir le public en confinement.

Du plaisir et du partage

Touche à tout artistique, Émanuel Dubbeldam est aussi un acteur d'expérience. Ancien membre de l'équipe d'improvisation de l'Alberta pour les Jeux de la Francophonie canadienne en 2014, il avait laissé ce jeu d'acteur de côté, faute de temps. Il appréhende son retour dans Improvisio, bien qu’il ait hâte de le visionner.

« L'impro, c'est spécial ! », dit-il, amusé. Il évoque un retour à l'enfance et sa profusion d'imaginaire. Lorsqu'il parle de l'improvisation, il devient poète. « C'est une salle remplie de personnes qui rient ensemble de quelque chose qu'elles imaginent collectivement », précise-t-il. C'est un moment unique d'intense partage.

« L'impro, c'est la beauté de se lancer dans l'inconnu sans crainte. Il n'y a pas de script, alors si ça tombe en morceaux, c'est drôle et on en rit, », surenchère-t-il. De son côté, Josée Lévesque affirme, qu’un « bon acteur d'impro, c'est celui qui dit oui et embarque ! »

Un pas effarouché vers le virtuel

Émanuel pense que « devant la caméra, c'est différent. On entend juste le silence de notre propre appartement qui répond à nos blagues », dit-il, presque terrifié. Il a d'ailleurs trouvé cela un peu difficile. « L'absence de contacts physiques et interactifs avec la foule et les autres joueurs sont devenus des défis », raconte-t-il.

Il s'empresse néanmoins d'ajouter combien il a eu du « fun ». « On s'est donné des libertés. On est allé chercher un peu n'importe quoi qui pouvait faire vivre la scène. Tous les accessoires étaient bons pour le jeu ! », décrit-il. Une hérésie pour les puristes, qui, soyons en sûr, pardonneront eux-aussi.

Josée Lévesque rend hommage à ces acteurs. « Durant les visioconférences, on leur a demandé d'imaginer le bruit de la foule, la musique, l'énergie. On leur a demandé d'y croire. Ils ont été formidables », explique-t-elle. Elle avoue avoir été témoin d'une complicité incroyable entre eux et regrette, amusée, que durant ses réunions de travail au bureau, « elle n'en ait pas autant. »

L'improvisation aux quatre coins du pays

Émanuel admet que l'aspect virtuel lui a permis de rencontrer très facilement des acteurs d'ailleurs, mais il reste réservé. « L'impro virtuelle, ce n'est pas comparable à une salle pleine. Nous avons eu du fun. C'était bon, c'était drôle, mais c'est différent », souligne-t-il. Il espère d'ailleurs retrouver très vite les planches.

De son côté, Josée Lévesque l'assure, « le résultat est magique ! Ces capsules vidéo durent 15 minutes, on se fait raconter des histoires qui n'ont pas d'allure ou un peu de sens », s'amuse-t-elle, en repensant aux excentricités des uns et des autres.

Elle conclut et insiste sur l'importance de ce genre théâtral.  « L'improvisation a un lien fort avec la francophonie. La Ligue nationale d’improvisation du Québec (LNI) l'a exportée en Europe. On a une ligue au Manitoba, et demain... », laisse-t-elle entendre. Elle le désigne comme un excellent espace d'échanges culturels et linguistiques où tout le monde se réunit dans la bonne humeur, le rire aux lèvres.

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Photo 1 : En exclusivité, l'un des moments du Match des étoiles (13 juin), pour l'équipe des Blancs : Vincent Forcier et Émanuel Dubbeldam d'Edmonton. Joueur manquant pour Winnipeg, Yvan Lecuyer.  Crédit photo: courtoisie Radio-Canada

Photo 2 : La réalisatrice-coordonnatrice de l’Unité de programmation générale de Radio-Canada Regina, Josée Lévesque.  Crédit photo : Peter Soular / courtoisie Radio-Canada

Photo 3 : Carte de présentation d'Émanuel Dubbeldam pour la compétition IMPROVISIO.

Crédit photo: courtoisie Radio-Canada

Photo 4 : Émanuel Dubbeldam en action, éclats de rire garantis!

Crédit photo: courtoisie Radio-Canada

 

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À suivre le 6 juin 2020 sur ici.radio-canada.ca/atelierculturel, et le 13 juin le Match des Étoiles.

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  • Date de création 5 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 5 juin, 2020
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