Les vaccins progressent au Nunavut

Les vaccins progressent au Nunavut

Le gouvernement du Nunavut a récemment rendu accessibles les statistiques entourant la progression de la vaccination contre la COVID-19 dans toutes les communautés du territoire, démontrant ainsi qu’une majorité de la population adulte est à ce jour vaccinée.
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Karine Lavoie
IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix

Depuis le 10 mai dernier, il est possible de consulter les statistiques entourant le nombre de doses de vaccins administrés contre la COVID-19 et ce, dans chacune des communautés du Nunavut. Bien qu’il existe quelques disparités entre les localités, la progression de la vaccination demeure encourageante au Nunavut.

Bien que le gouvernement du Nunavut (GN) ne rende pas la vaccination obligatoire, il précise toutefois qu’elle demeure une étape essentielle afin de nous protéger contre ce virus et aspirer à un retour vers la normalité.

Des écarts notés entre les communautés

En date du 24 mai 2021 dans son rapport statistique, le GN révèle que, dans l’ensemble du territoire, 69 % de la population adulte a reçu la première dose du vaccin Moderna et 57 % a reçu les deux doses vaccinales.

Le rapport, qui est mis à jour de manière régulière, sépare les trois grandes régions du Nunavut. Dans celle du Qikiqtani, qui contient le plus de communautés, Resolute Bay est la localité qui présente le taux le plus élevé de vaccination, avec 93 % des adultes ayant reçu leur deuxième dose. Ce chiffre diffère grandement du 36 % que compte la communauté d’Igloolik.

Dans la région du Kivalliq, les communautés d’Arviat et de Rankin Inlet présentent tous les deux un taux de 63 % pour l’administration adulte de la deuxième dose du vaccin, un chiffre qui peut s’expliquer par l’éclosion du virus dans ces communautés qui a duré pendant plus de cinq mois. Coral Harbour est la communauté de la région avec le plus bas taux de vaccins administrés, soit 43 %.

Dans la région du Kitikmeot, c’est Cambridge Bay qui présente le plus haut taux de vaccination, avec 68 % d’adultes ayant reçu leurs deux doses. La communauté de Kugaaruk, pour sa part, dénombre 42 % de vaccins administrés.

Le GN rappelle que les pourcentages correspondant à chaque localité pourraient varier légèrement à cause de certains facteurs : « Les totaux comprennent les doses administrées aux résidents et aux non-résidents, y compris les travailleurs effectuant des rotations. Une personne pourrait par exemple avoir reçu une dose, ou les deux, hors de sa localité de résidence », peut-on lire dans le rapport. Le nombre de résidents qui varie de communauté à communauté est un autre facteur à prendre en compte.

Informer la population sur l’importance de la vaccination

Selon le ministère de la Santé du GN, la disponibilité du vaccin n’est pas une cause pouvant justifier les écarts : « Chaque communauté du Nunavut a eu des chances et un accès égal au vaccin. Il est important de noter que le vaccin est volontaire. La désinformation entourant les vaccins de la COVID-19 peut entraîner l’hésitation à la vaccination et nuire à l’adoption du vaccin non seulement au Nunavut, mais partout dans le monde », affirme-t-on en spécifiant avoir mis en œuvre des campagnes visant à dissiper les mythes entourant la vaccination.

Le Nunavut ne fait pas exception du reste du monde en ce qui concerne les défis entourant la vaccination d’une large population : « Il y a une tendance générale presque partout et pas seulement au Nunavut selon laquelle plus vous êtes jeune, moins vous êtes susceptible de vous faire vacciner », explique le ministère de la Santé.

La diffusion d’une information de qualité autour de l’importance de la vaccination s’avère nécessaire. Au cours des derniers mois, le gouvernement territorial a multiplié ses efforts afin de rejoindre la population nunavoise et utilise diverses voies de communication pour y parvenir.

« Le GN a relayé l’information sur le vaccin de la COVID-19 par le biais de mises à jour régulières télévisées du premier ministre et de l’administrateur en chef de la santé publique (CPHO) du Nunavut, par de larges annonces d’intérêt public, par le biais d’une vaste campagne sur les médias sociaux ainsi que d’informations très spécifiques à la radio communautaire, par appels téléphoniques du CPHO et sur le site Web du gouvernement », spécifie le ministère de la Santé.

Les adolescents bientôt vaccinés?

Suite à l’approbation par Santé Canada du vaccin Pfizer pour les personnes âgées de 12 ans et plus, le Dr Michael Patterson, administrateur en chef de la santé publique du Nunavut, a annoncé avoir pris des mesures afin d’obtenir suffisamment de doses pour être en mesure de les administrer aux quelque 4300 adolescents âgés entre 12 et 17 ans que compte le Nunavut.

« Le GN a soumis une demande de doses suffisantes du vaccin Pfizer pour vacciner tous les enfants du Nunavut âgés de 12 à 18 ans et s’attend à une confirmation cette semaine. Une fois que nous aurons reçu la confirmation du nombre de doses, nous serons en mesure de commencer le déploiement pour une partie de notre population de moins de 18 ans », peut-on lire dans un communiqué du 19 mai dernier.

Dr Patterson a précisé à ce sujet que l’administration des vaccins chez les adolescents se ferait d’abord dans les communautés connaissant une épidémie ou qui présentent un risque plus élevé d’introduction du virus.

Étant donné que la population du Nunavut âgée de plus de 18 ans s’établit actuellement à 64 %, le fait d’y ajouter cette tranche d’âge augmenterait à 75 % la population nunavoise pouvant recevoir le vaccin contre la COVID-19 : « Vacciner la population de moins de 18 ans permet de réduire le nombre de personnes susceptibles de contracter et de propager la COVID-19 », résume le ministère de la Santé.

Avons-nous évité le pire?

Le Nunavut a connu récemment une forte croissance de la propagation du virus de la COVID-19 alors qu’en date du 6 mai dernier, le territoire comptait 86 cas actifs dont 84 à Iqaluit. Les plus récentes données sont néanmoins encourageantes avec un nombre de rétablissements à la hausse.

Selon le ministère de la Santé, la vaccination de la population nunavoise a fait en sorte de limiter la propagation au sein du territoire : « Oui, le vaccin a eu un impact sur l’épidémie. Iqaluit n’a pas vu une propagation rapide du virus comme lors de l’éclosion de la COVID-19 dans la communauté d’Arviat ».

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Crédit : Capture d’écran du rapport de vaccination contre la COVID-19 du gouvernement du Nunavut
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Ces chiffres correspondent au nombre de doses administrées dans chaque localité du Nunavut en date du 24 mai 2021.

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Crédit : Lisa Ferdinando

  • Nombre de fichiers 3
  • Date de création 28 mai, 2021
  • Dernière mise à jour 28 mai, 2021
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