Les Rendez-vous de la Francophonie : «Un engagement envers l’avenir»

La Voix acadienne - Le lundi 3 mars, la cérémonie d’ouverture de la 27e édition des Rendez-vous de la Francophonie a eu lieu à la Maison du Gouvernement à Charlottetown. Les représentants de la communauté acadienne et francophone présents insistent sur le besoin de connaître son passé et de s’enraciner pour transmettre l’amour du français aux jeunes générations. 

  

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

«Je n’ai pas besoin d’être dans une famille qui parle français pour faire partie de la communauté francophone, je peux faire mes racines moi-même», partage Meike Brown, scolarisée en cinquième année à l’école François-Buote. 

La jeune insulaire participe, lundi 3 mars, à la cérémonie d’ouverture de la 27e édition des Rendez-vous de la Francophonie (RVF) à la Maison du Gouvernement à Charlottetown.  

«Je m’amuse en parlant français. J’essaie de pratiquer à l’extérieur de l’école et mon père essaie aussi d’apprendre», poursuit celle dont les «ancêtres venaient de la France.»

«Le français, c’est très important. Si tu n’as pas la chance de le parler, c’est beaucoup plus dur pour avancer dans la vie», renchérit à ses côtés sa camarade de classe, Kaitlin Townsend. 

Un avis que partage un autre élève âgé de 10 ans, Keith Mcruer : «C’est important pour parler avec plus de personnes, pour découvrir de nouvelles choses.»

Le thème de cette 27e des RVF est «Cultive tes racines!». «Notre communauté est comme un arbre qui ne s’arrêtera jamais de grandir, un cerisier avec des fleurs très diverses et, un jour, ça fera de beaux fruits», considère le président de Jeunesse acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, Hayden Cotton. 

Connaître son passé pour «être capable d’avancer»

Le président de la Société Nationale de l’Acadie, Martin Théberge, insiste à cet égard sur le besoin de «connaître son passé pour s’enraciner et être capable d’avancer.»

«Nos communautés connaissent d’énormes changements sociétaux, démographiques et économiques, c’est une raison de plus pour s’enraciner», ajoute-t-il. 

«Nos racines sont profondes et riches, si on continue à les nourrir et à les transmettre, à en être fier, elles continueront à grandir», abonde dans le même sens, le président de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, Charles Duguay. 

Aux yeux du responsable acadien, les RVF sont bien plus qu’une célébration, ce sont «un engagement envers l’avenir», qui contribue à la «défense des intérêts» des francophones en situation minoritaire.  

Pendant un mois, concerts, spectacles, projection de films, activités scolaires et communautaires «créeront des espaces pour assurer la transmission de la langue aux générations futures», estime-t-il. 

Les activités organisées au centre scolaire-communautaire La Belle-Alliance à Summerside jouent ainsi «un rôle essentiel» et permettent à la communauté francophone «de se sentir revivre», rapporte la gestionnaire des événements, Henriette Bella. 

Originaire du Cameroun, la mère de famille est arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard il y a environ un an : «J’ai un attachement particulier au français, j’espère pouvoir le transmettre à mon fils, pour qu’il connaisse ses racines.»

«Réfléchir à notre place de pays bilingue»

Le lieutenant-gouverneur de la province, Wassim Salamoun, incite également les jeunes à participer aux animations culturelles proposées dans le cadre des RVF.

«On doit replonger dans la culture francophone de nos ancêtres, de nos familles, de notre communauté pour que les jeunes en bénéficient et approfondissent leurs connaissances de la langue française», souligne-t-il. 

Le Consul général de France à Moncton, Bertrand Cahuet, porte, lui, son regard vers les États-Unis, où l’anglais est devenu l’unique langue officielle depuis un récent décret de Donald Trump : «Pour nous, c’est un appauvrissement, la langue française est un trésor. Les francophonies plurielles élargissent nos horizons culturels, économiques, scientifiques.»

«La dualité linguistique est ce qui nous distingue des États-Unis. On doit aussi profiter des RVF pour réfléchir à notre place de pays bilingue» appuie Charles Duguay.

PHOTOS :  

1- Le président de la SAF’Île Charles Duguay, le ministre provincial des Pêches, du Tourisme, du Sport et de la Culture, Zack Bell, le lieutenant-gouverneur de la province, Wassim Salamoun, et le représentant de la Fédération culturelle de l’ÎPÉ, Yoan Rousseau.  (Photo : Gouvernement de l’ÎPÉ)

2- De gauche à droite : Keith Mcruer, Meike Brown et Kaitlin Townsend.  (Photo : Marine Ernoult)

3- Le président de la Société Nationale de l’Acadie, Martin Théberge. (Photo : Marine Ernoult)

4- Le maire de Charlottetown Philip Brown et le député libéral Sean Casey étaient présents à la cérémonie d’ouverture des RVF. (Photo : Marine Ernoult)

5- De gauche à droite : Yoan Rousseau, Wassim Salamoun et Charles Duguay. (Photo : Marine Ernoult)

6- Le drapeau acadien flotte devant la maison du gouvernement à Charlottetown. (Photo : Marine Ernoult)

7- Henriette Bella, gestionnaire des événements à La Belle-Alliance. (Photo : Marine Ernoult)

 

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  • Date de création 4 mars, 2025
  • Dernière mise à jour 4 mars, 2025
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