Les refuges pour animaux du N.-B. débordent de chats
Les refuges pour animaux du Nouveau-Brunswick continuent de composer avec un nombre élevé de chats qui sont abandonnés.
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Bobby Therrien
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle
Plus tôt cette semaine, le Refuge Madawaska a publié un message sur les réseaux sociaux afin de parler de l’abandon d’une chatte et de ses cinq chatons à l’entrée de son bâtiment d’accueil.
Selon le refuge, une personne aurait laissé les animaux dans un bac de plastique au cours de la soirée du 10 décembre. Ils ont été découverts le lendemain matin.
«Nous les avons trouvés frigorifiés et tous mouillés de leur urine, les couvertures mouillées. Aucune nourriture ni eau dans le bac», peut-on lire dans le message.
Le message a fait l’objet d’un débat dans les commentaires. Certains ont dénoncé le geste de l’individu alors que d’autres ont tenté de le défendre, jugeant qu’il aurait pu faire bien pire que de les laisser sur le pas de la porte du refuge pour animaux d’Edmundston.
Même si elle avoue que tout n’est pas noir ou blanc dans la vie, la coordonnatrice du Refuge Madawaska, Ginette Dumont, soutient qu’il est défendu d’abandonner un animal, que ce soit dans un refuge ou ailleurs.
«On sait que la personne aurait pu faire pire, mais elle aurait aussi pu faire mieux, comme attendre l’ouverture du refuge pour venir nous voir et nous expliquer sa situation (…) C’est sûr que si quelqu’un vient nous voir avec des chatons et leur maman, la pire chose qu’on aurait pu faire, c’est de lui demander s’il pouvait les garder le temps que l’on puisse se préparer à les prendre.»
Au-delà de l’aspect moral de la chose, elle considère que ce genre d’incident apporte un fardeau supplémentaire sur les épaules des employés et des bénévoles qui doivent faire fonctionner un refuge qui dépasse déjà sa capacité d’accueil.
Selon elle, les refuges ne représentent pas toujours la seule solution dans ce type de situation.
«On est là pour aider, mais il faut travailler ensemble pour aider ces animaux-là. Notre principale mission est d’aider les animaux errants qui n’ont pas de famille.»
Actuellement, il y a 80 chats au refuge, alors que la limite habituelle est d’une soixantaine. Cela fait en sorte que des gens qui vont porter des animaux sur place, dans l’espoir que le refuge s’en occupe immédiatement, essuient des refus.
«Même s’il y a une volonté de prendre soin du plus grand nombre d’animaux possible, il est impensable de croire que l’on puisse s’occuper de tous les animaux errants dans le coin. Il faut que les gens comprennent que nous sommes une partie de la solution. On aimerait faire plaisir à tout le monde, mais ce n’est pas réaliste.»
Mme Dumont explique que le bâtiment est composé de différentes sections, comme le secteur de la quarantaine qui sert à isoler temporairement les chats qui arrivent au refuge afin de vérifier s’ils ne sont pas porteurs d’une maladie ou d’un parasite quelconque. Ils doivent ensuite être stérilisés avant de rejoindre les autres petits pensionnaires. Il existe aussi la salle d’isolation qui sert à contenir les animaux qui sont affectés par un virus ou un parasite.
«Cette salle doit normalement rester vide, mais, en ayant une vingtaine de chats de plus, ma salle d’isolation est occupée. Si jamais, on a un animal qui arrive avec un virus, on va avoir un problème.»
«On met le refuge à risque pour aider la population, mais il y a des gens qui continuent à nous dire que nous ne sommes pas gentils, car on refuse des animaux.»
Depuis le début de l’année, le Refuge Madawaska a accueilli 300 chats. Sa coordonnatrice remarque que les chatons sont adoptés moins rapidement que par le passé, ce qui ralentit le rythme de sortie des chats et empêche l’endroit d’en accueillir des nouveaux plus régulièrement.
«Ç’a été une année difficile dans le sens où il y a eu plus de gens qui nous ont contactés pour nous laisser leurs animaux de compagnie. On ne parle donc pas de chats errants ici. On a malheureusement dû en refuser beaucoup. On en fait adopter quelques-uns, mais il y en a plusieurs qui entrent. Le nombre est difficile à réduire.»
Ginette Dumont avoue qu’elle n’a pas la solution pour régler le problème. Elle estime toutefois qu’un effort collectif, qui englobe les organismes voués à la protection des animaux, le gouvernement provincial, les municipalités, les vétérinaires et les gens de la communauté, doit être réalisé.
«Ce n’est pas la faute à personne, mais c’est la responsabilité de tout le monde en même temps. Il faut poursuivre la sensibilisation, mais il faut que les gens considèrent les animaux comme des membres de la famille et pas juste comme un objet que l’on va laisser aller quand on n’en voudra plus.»
Avec la période des Fêtes qui bat son plein, Ginette Dumont rappelle qu’il n’est pas recommandé d’acheter un animal comme cadeau de Noël.
«Un animal, ce n’est pas un cadeau, c’est un engagement sur plusieurs années. Je le considère comme un nouveau membre de la famille. On engage d’ailleurs cette réflexion avec ceux qui désirent adopter.»
Depuis un certain temps, des efforts ont été déployés dans la province pour sensibiliser les propriétaires de chats à faire stériliser leur animal.
En l’absence d’un nombre élevé de vétérinaires au Nord-Ouest et dans d’autres régions, cette démarche peut être plus difficile, admet Mme Dumont.
«On a de petites cliniques avec quelques vétérinaires. Ils sont limités dans leur offre de services. C’est même un enjeu pour nous, car on n’a pas un accès plus facile aux vétérinaires.»
«Comme on veut offrir tous les soins nécessaires, on doit voyager. On se rend souvent à Florenceville qui est à plus d’une heure de route du refuge. Ça devient une dépense supplémentaire en essence et en heures de travail.»
Une problématique provinciale
La SPCA du Nouveau-Brunswick a connu une augmentation importante du nombre d’appels signalant des animaux dans le besoin depuis 2020, indique sa directrice générale de Lesley Rogers.
À la fin du mois de novembre 2024, l’organisme a constaté une augmentation de 20% des appels de protection des animaux par rapport au nombre d’appels reçus pendant toute l’année 2023.
«Les signalements d’animaux en détresse n’ont cessé d’augmenter depuis la fin de la pandémie de COVID-19. Les conditions économiques difficiles ont mis la pression sur les propriétaires d’animaux de compagnie qui tentent parfois de faire face aux dépenses de logement, d’épicerie et de garde d’enfants et ne sont pas en mesure de faire des animaux une priorité. Par conséquent, de plus en plus d’animaux se retrouvent dans des refuges.»
Il existe tout de même des programmes, comme Happy Tails de la SPCA du Nouveau-Brunswick, pour aider les propriétaires à faible revenu à avoir un meilleur accès aux soins vétérinaires de base. Jusqu’à maintenant, il a permis d’aider 230 familles ayant un animal de compagnie.
«Le programme nous offre la possibilité d’intervenir plus tôt en fournissant un soutien financier ciblé pour aider les familles à rester ensemble avec leurs animaux de compagnie et à garder les animaux hors des refuges», a déclaré la directrice générale de la SPCANB en juin.
«Nous espérons développer le programme davantage afin d’aider les familles à faible revenu à garder leurs animaux de compagnie lorsqu’elles sont confrontées à une urgence ou à des frais vétérinaires imprévus.»
L’organisme a aussi lancé, en août, la campagne «Il n’y a pas d’endroit comme chez soi» pour inciter les gens à adopter un chat et ainsi lutter contre le nombre croissant de chats et de chatons actuellement pris en charge par les refuges pour animaux de la province.
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Photo : Les refuges pour animaux du Nouveau-Brunswick continuent de composer avec un nombre élevé de chats qui sont abandonnés. - Archives
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- Date de création 18 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 18 décembre, 2024