Les paroisses catholiques du Grand Moncton s’organisent pour assurer leur survie

Les paroisses catholiques du Grand Moncton s’organisent pour assurer leur survie

La situation financière précaire de certaines paroisses catholiques du Grand Moncton s’est invitée dans les médias sociaux dernièrement afin de joindre et de sensibiliser les gens pour éviter la fermeture de leur église.

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Normand A. Léger

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

Avec les restrictions du nombre de fidèles qui peuvent assister aux messes en raison de la pandémie depuis plusieurs mois, les dirigeants des paroisses doivent trouver des moyens de joindre les fidèles et de les informer sur les activités paroissiales et la situation financière. Des communautés chrétiennes se sont tournées vers Facebook, comme l’église du Christ-Roi, à Moncton. Son comité de sauvegarde et d’autres publient des messages dans les bulletins expliquant aux membres des paroisses l’urgence d’augmenter les revenus pour garder leur église ouverte. Des activités de financement sont organisées pour faire face aux exigences financières qui augmentent avec l’arrivée de l’hiver.

Mgr Valéry Vienneau, archevêque de Moncton, se veut quand même rassurant : il n'entrevoit pas de fermeture d’une des 48 églises de la région d’ici un ou deux ans. «C’est certain que la pandémie n’a pas aidé la situation financière, mais certaines paroisses connaissaient des difficultés bien avant son arrivée», a-t-il indiqué. 

Mgr Vienneau dit avoir demandé aux unités pastorales de trouver des moyens de réduire les dépenses et d’augmenter leurs revenus. «Plusieurs paroisses ont perdu des revenus importants avec l’incapacité de tenir les soupers paroissiaux cette année en raison de la pandémie et des restrictions gouvernementales. Nous travaillons avec les responsables de la santé publique et les gouvernements et nous devons suivre leurs recommandations», ajoute-t-il.

Les paroisses doivent être innovatrices et ainsi trouver d’autres moyens d'obtenir de rester à flots. Le nombre limité de fidèles qui peuvent assister aux messes et l’annulation d’activités connexes ont réduit les revenus de plusieurs paroisses. Certaines personnes continuent à contribuer, même si elles ne peuvent se rendre à l’église. Certaines paroisses offrent le dépôt direct, ce qui assure une certaine stabilité de revenu.

«Les gens sont généreux, précise l’archevêque. Certaines personnes font des dons importants, ce qui aide grandement. Je crois bien que la majorité des paroisses vont s’en sortir à moins que la pandémie et les restrictions durent encore plusieurs mois. Il y a bien des dépenses qui sont toujours là comme le chauffage, l’entretien, l’électricité, les assurances, les salaires et autres.»

Mgr Vienneau est reconnaissant que, comme organisme à but non lucratif, les paroisses peuvent bénéficier des programmes gouvernementaux pour les subventions aux salariés. Une situation qui évolue également est le nombre de bénévoles pour organiser les activités. «Plusieurs de ces personnes sont vieillissantes et on ne peut pas leur en demander trop. Il faut tout désinfecter dans l’église suivant une messe et s’assurer que tout est prêt pour la prochaine cérémonie. Ici aussi, on arrive à trouver notre monde, de plus jeunes couples dans la soixantaine.»  

Certaines paroisses choisissent de tenir des messes et des cérémonies dans des locaux plus petits alors que des églises sont fermées l’hiver pour épargner sur les coûts de chauffage et d’entretien. Avec le nombre plus restreint de gens qui assistent aux messes, ces mesures sont acceptées par les paroissiens. «Il faut trouver une certaine flexibilité sans perdre l’importance liturgique, mentionne l’archevêque. Il faut accommoder les gens.»

Onze églises ont fermé leurs portes dans la région au cours des dernières années, comme celles  d’Adamsville et de Notre-Dame-de-Lorette, à Dieppe, ainsi que celles de Saint-Louis-de-France et de Saint Michael’s, à Moncton. 

Le manque de prêtres est aussi alarmant. Il n’y en a que 26 et la plupart  sont d’un âge avancé. Il y a deux séminaristes dans le diocèse. Le premier est un jeune Phillipin de 25 ans. Habitant Moncton, Carlos Jacintho fait un stage d’un an dans la paroisse de Cap-Pelé. Il a complété deux ans de séminaire et y retournera pour deux autres années après avoir complété son stage afin d’être ordonné prêtre. Le deuxième est une personne au début de la soixantaine qui doit débuter ses études au séminaire dans la nouvelle année.

Les gens qui veulent en savoir davantage sur les programmes de l’archidiocèse de Moncton peuvent visiter le site Internet au http://www.diomoncton.ca/. Les bulletins paroissiaux y sont publiés ainsi que plusieurs programmes qui sont offerts.

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Photo :

Église de Cap-Pelé ou de Shédiac

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  • Date de création 12 octobre, 2020
  • Dernière mise à jour 12 octobre, 2020
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