Les espèces invasives, une menace pour la biodiversité de l’Île-du-Prince-Édouard

Les espèces invasives, une menace pour la biodiversité de l’Île-du-Prince-Édouard

Le Conseil des espèces invasives de l’Île-du-Prince-Édouard lance deux campagnes pour lutter contre la propagation des espèces envahissantes. À partir de la fin mars, des panneaux seront installés dans différents endroits de l’Île pour informer les plaisanciers mais aussi les propriétaires d’aquarium.

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Marine Ernoult

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

«La prévention est essentielle car une fois qu’une espèce invasive s’est installée dans nos eaux, elle prolifère rapidement et c’est pratiquement impossible de l’éradiquer», souligne Barry Murray, le secrétaire du Conseil des espèces invasives de l’Î.-P.-É. «Elle se répand alors dans les eaux de la province, transportée par les bateaux.» Pour sensibiliser les plaisanciers à cette problématique, l’association va installer dès la fin mars des panneaux informatifs à différents ports fréquentés de l’Île, à Rustico et Cavendish notamment. L’opération est financée par le ministère de Pêches et des Océans, la province et le Fonds de la nature de l'Î.-P.-É.

Il s’agit d’appeler les Insulaires à changer leurs habitudes et à faire plus attention. Les pancartes indiqueront comment vérifier la présence d'espèces envahissantes sur les bateaux et comment s'en débarrasser en toute sécurité. Barry Murray explique qu’un plaisancier doit systématiquement nettoyer son embarcation à son retour, vider l’eau présente à l’intérieur et la sécher complètement : «Ça doit devenir une routine car ça limite les chances de survie des invasives.»

Sept espèces invasives dans les eaux de l’Île

La campagne du Conseil est d’autant plus importante que depuis 1997, sept espèces invasives ont été introduites accidentellement dans les eaux de la province. Elles menacent désormais la biodiversité, mais aussi les secteurs de la pêche et de l’aquaculture. «Elles nuisent aux espèces natives de l’Île car ce sont des compétiteurs en termes de nourriture et d’habitat», explique Barry Murray. Le bénévole prend l’exemple du crabe vert qui, depuis son apparition, mange les autres crabes et petits homards, originaires de l’Île : «Il perturbe le fragile équilibre de l’écosystème.»

Les autres espèces aquatiques envahissantes qui inquiètent l’industrie de l’aquaculture, ce sont les tuniciers. «En s’accrochant aux coques des bateaux, ils sont transportés d’une baie à l’autre, détaille Barry Murray. Après, ils s’attachent aux moules et aux huîtres et leur causent d’importants dégâts, ça coûte beaucoup d’argent pour essayer de s’en débarrasser.»

Ne pas relâcher son poisson rouge dans la nature

Actuellement, l’une des préoccupations majeures du Conseil, c’est la moule zébrée. Cette espèce invasive d’eau douce n’est pas encore présente à l’Île. «On veut tout faire pour l’éviter, insiste Barry Murray. Elle a déjà envahi d’autres provinces au pays et provoqué de gros dommages, en obstruant notamment des canalisations dans des villes.»

Le Conseil va également mener une autre campagne pour rappeler aux Insulaires de ne pas relâcher dans la nature leurs poissons et plantes d’aquarium, comme le poisson rouge ou l'élodée du Canada. «Ce sont des espèces non indigènes très coriaces qui peuvent vite s’acclimater et se développer partout dans nos cours d’eau au détriment des espèces natives», rapporte Barry Murray. Il incite les Prince-Édouardiens à être davantage prudents : «Les gens doivent prendre conscience que ce qu’ils ont dans leur aquarium peut être dangereux pour notre écosystème.» Là aussi, des panneaux seront installés à neuf endroits à travers la province, à Charlottetown, Stratford ou encore Morell.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

  1. Panneau : Un exemple de panneau que le Conseil des espèces invasives de l’Î.-P.-É. va installer dans la province. Pour prévenir la propagation des espèces aquatiques invasives, les propriétaires des bateaux doivent les nettoyer, vider l’eau à l’intérieur et les sécher une fois qu’ils sont à terre. (Courtoisie)
  2. Barry Murray : «La prévention est essentielle car une fois qu’une espèce invasive s’est installée dans nos eaux, elle prolifère rapidement», explique Barry Murray, secrétaire du Conseil des espèces invasives de l’Î.-P.-É. (Courtoisie)
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  • Date de création 21 mars, 2021
  • Dernière mise à jour 21 mars, 2021
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