Les centres scolaires-communautaires au défi de l’inflation

Les prix de la nourriture ont bondi de plus de 5 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Cette inflation alimentaire a des conséquences sur l’activité des centres scolaires-communautaires de la province. Augmentation des prix, achat en gros, les responsables communautaires cherchent des solutions. Pour ceux qui préparent les lunchs des écoliers, le programme provincial Pay what you can aide.

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Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

«La nourriture coûte tellement plus cher, la viande de poulet surtout, c’est incroyable», partage Monique Arsenault, directrice communautaire du Centre acadien de Prince-Ouest à Tignish.

«Les coûts ont beaucoup augmenté dernièrement, une boîte de poulet que tu payais 50 dollars il y a quelques années tu la paies 85 maintenant, ça demande une gestion très attentive», abonde dans le même sens Émile Gallant, directeur du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean à Charlottetown.

À La Belle-Alliance, à Summerside, le directeur Stéphane Bouchard, en poste depuis seulement quelques mois, a aussi le sentiment que «tout coûte plus cher» et que «les dépenses d’alimentation sont de plus en plus élevées».

Les derniers chiffres de l’inflation disponibles confirment l’impression des responsables des centres scolaires-communautaires de l’Île-du-Prince-Édouard.

+17,8% pour le poulet

Selon Statistique Canada, entre novembre 2022 et novembre 2023, les prix des aliments ont grimpé de 5,3% dans la province. Le prix du poulet frais ou surgelé s’est carrément envolé de 17,8% sur un an. Le prix des œufs a, lui, bondi de 13,4%.

Face à cette inflation galopante, les responsables communautaires tentent de trouver des solutions et de limiter les pertes financières.

L’an dernier, les trois centres ont augmenté de quelques dollars les prix des repas qu’ils proposent lors de certains de leurs événements, comme les brunchs, les ateliers cuisine ou encore les soirées familiales.

«On ne veut pas réduire les quantités, alors on n’a pas d’autre choix que de charger plus d’argent si l’on veut continuer à opérer et garantir des salaires compétitifs à nos trois employés en cuisine», souligne Emile Gallant.

À Tignish, Monique Arsenault organise trois ou quatre événements par an avec de la nourriture.

«Pour réduire les coûts, on s’y prend d’avance. On s’en va magasiner à Summerside et on achète en gros, rapporte-t-elle. Mais avec le prix actuel des aliments, je ne pense pas qu’on pourrait organiser plus d’activités de ce type».

À Charlottetown et Summerside, les cafétérias du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean et de La Belle-Alliance préparent aussi les lunchs pour les élèves de l’École François-Buote et de l’École-sur-Mer.

Mieux planifier les achats et les quantités

À Charlottetown, cela représente 150 à 200 repas par jour, sans compter les 70 à 75 repas pour la garderie l’Île Enchantée.

Avec le programme provincial «Pay what you can», les parents doivent désormais commander les repas de leurs enfants à l’avance et payer ce qu’ils peuvent. Le montant maximal est de 5,75 dollars. S’ils ne sont pas capables de débourser une telle somme, la province paie à leur place.

«Ça génère une sécurité, on sait que de l’argent va tomber tous les mois de façon certaine» apprécie Stéphane Bouchard.

Un avis que partage Emile Gallant : «C’est d’une grande aide, ça nous garantit un montant minimum payé pour chaque repas et ça diminue les pertes».

«Notre chef connaît le nombre exact de repas qu’il doit préparer, il planifie mieux les achats et les quantités de nourriture à commander», ajoute-t-il.

Pour la première fois depuis des années, la cuisine du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean a ainsi réalisé des profits en 2023. «Le grand nombre de lunchs à cuisiner permet aussi d’acheter en grosses quantités et de faire des économies», observe Emile Gallant.

Les centres scolaires-communautaires peuvent s’attendre à un répit dans les épiceries en 2024. La croissance des prix devrait varier de 2,5 à 4,5 %, selon le Rapport annuel sur les prix alimentaires au Canada.

 

 

 

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Photos

 

«Pour réduire les coûts, on s’y prend d’avance. On s’en va magasiner à Summerside et on achète en gros», partage Monique Arsenault, directrice communautaire du Centre acadien de Prince-Ouest à Tignish. (Photo : La Voix acadienne)

 

«On ne veut pas réduire les quantités, alors on n’a pas d’autre choix que de charger plus d’argent», témoigne Emile Gallant, directeur du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean à Charlottetown. (Photo : La Voix acadienne)

 

Stéphane Bouchard, directeur de La Belle-Alliance à Summerside, estime que le programme «Pay what you can» offre une certaine sécurité financière. (Photo : La Voix acadienne)

 

 

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  • Date de création 16 janvier, 2024
  • Dernière mise à jour 16 janvier, 2024
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