Les aînés francophones de l’ÎPÉ participent aux États généraux sur le vieillissement en français

La Voix acadienne - Les États généraux sur le vieillissement en français ont eu lieu au Nouveau-Brunswick du 8 au 10 mai dernier.  Une délégation de 15 Prince-Édouardiens de langue française a participé à cet événement, organisé conjointement par la Fédération des aînés francophones du Nouveau-Brunswick, dans le cadre de son 25e anniversaire de fondation, et par la Fédération nationale des aînés francophones du Canada.  Des enjeux communs sont ressortis.

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne - ATL

Sur les quelque 265 participants aux États généraux sur le vieillissement en français, l’Île-du-Prince-Édouard avait la seconde plus grande délégation (après le Nouveau-Brunswick) avec ses 15 participants.  Cela réjouit le président des Francophones de l’âge d’or de l’ÎPÉ, Claude Blaquière.  

«Nous avions une excellente délégation formée de représentants de cinq de nos six régions.  C’est important pour nous de représenter l’ÎPÉ dans son ensemble», dit le président.  

Toutes les provinces et deux des trois territoires étaient représentés à cet événement qui était en quelque sorte un suivi aux ateliers sur «Vieillir en Acadie» tenus dans le cadre du Congrès mondial acadien de 2024.  «Nous avions une délégation de 36 membres à cette conférence au CMA et la plupart de nos 15 délégués aux États généraux étaient du nombre», dit Claude Blaquière.  

Trois grands thèmes

Les discussions aux États généraux ont tourné autour de trois grands thèmes :

1- «Vivre sa citoyenneté en français» désigne l’action d’exercer pleinement ses droits et devoirs en tant que membre d’une communauté politique, en contribuant activement au bien-être de la société civile francophone et acadienne, tout cela en respectant les lois et en participant aux processus démocratiques. Cela implique également d’inculquer un sentiment d’appartenance et de responsabilité envers sa communauté, en favorisant le dialogue interculturel, le respect des différences et la promotion de l’égalité des droits pour toutes les citoyennes et tous les citoyens.

2- «Vivre en sécurité en français» se réfère aux conditions où les personnes âgées bénéficient d’un environnement qui prévient les risques, les abus et les menaces susceptibles de compromettre leur bien-être physique, émotionnel et financier. Cela implique la mise en place de mesures spécifiques pour répondre aux besoins particuliers des aînés, garantir leur autonomie, prévenir l’isolement social et assurer leur protection contre toute forme d’exploitation ou de négligence.

3- «Vivre en santé en français» désigne le fait de maintenir un état de bien-être physique, mental et social optimal chez les personnes âgées. Cela englobe la promotion d’un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, la gestion du stress et des émotions, ainsi que le maintien de relations sociales enrichissantes. De plus, cela implique l’accès à des soins de santé adaptés et à des services de soutien permettant de prévenir les maladies, de gérer les infections chroniques et de favoriser le vieillissement actif et autonome.

Enjeux nationaux et locaux

Le logement est ressorti en haut de la liste des enjeux auxquels les aînés se butent, et ce, partout au Canada.  «À l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons ce défi.  Nos aînés ne peuvent plus rester dans leur maison parce qu’elle n’est plus adaptée, mais ils n’ont pas de place ailleurs.  C’est un problème.»

Avec son projet «Vieillir chez soi», l’association des FAOÎPÉ fournit un appui ponctuel aux personnes pour qu’elles puissent continuer à vivre chez elles, mais le programme a ses limites.  

«Les programmes de soins à domicile sont insuffisants et les services en français sont peu accessibles à l’extérieur de la région Évangéline», soutient Claude Blaquière.  

Gisèle Delaney-Duguay, qui coordonne les activités du regroupement d’aînés de Charlottetown, confirme que pour ses quelque 33 membres, le manque de services en français est une préoccupation majeure.  

Parmi d’autres enjeux identifiés et discutés lors des États généraux, mentionnons l’indépendance financière.  «Nos aînés aiment faire du bénévolat.  Plusieurs seraient intéressés à occuper des emplois à temps partiel, quelques heures par semaine, et les entreprises et organismes seraient définitivement intéressés à les garder plus longtemps, mais ils sont pénalisés par les impôts et leur pension de vieillesse est aussi réduite en fonction de leurs revenus.  Nous avons identifié des pistes de solution et cela se retrouvera probablement, d’une manière ou d’une autre, dans le rapport final sur les États généraux», dit Claude Blaquière.  

À l’Île-du-Prince-Édouard, la ruralité est considérée comme un facteur aggravant qui s’ajoute à tous les enjeux déjà mentionnés.  Dans les grandes villes, il y a d’autres enjeux.  «À Toronto par exemple, il y a une importante communauté LGBTQ aînée.  Dans leur association, ils se sentent en sécurité, mais lorsque vient le temps d’aller dans un foyer, ils craignent de ne pas être acceptés.  Ce n’est pas une préoccupation que nous avons ici à l’Île, mais ça pourrait changer avec le temps», précise Claude Blaquière. 

Selon lui, un des enjeux qui est particulièrement présent en Atlantique et à l’Île est celui qui concerne la langue.  «Nous avons beaucoup de demandes d’Acadiens anglicisés qui aimeraient s’intégrer dans nos activités, mais qui ne parlent plus français.  Nous ne voulons exclure personne, mais nous voulons fonctionner en français.  Nous cherchons des façons d’intégrer cette clientèle», dit le porte-parole des aînés francophones de l’ÎPÉ.  

Chaque regroupement d’aînés dans la province fait ses propres activités.  Le Club des cœurs joyeux à Prince-Ouest est toujours très actif.  Dans la région Évangéline, les membres sont surtout rassemblés par le CSCÉ.  À Charlottetown, le regroupement tente de faire au moins une activité chaque mois, en alternant entre le divertissement et l’information.  Un souper BBQ aura lieu sous peu.  

«Nous avons un groupe assez actif de 33 personnes, mais je sais qu’on pourrait en avoir beaucoup plus.  On a de la difficulté à rejoindre tout le monde qui pourrait être intéressé et qui pourrait profiter du regroupement.  Mon objectif est de monter à 40 membres d’ici Noël», dit la coordonnatrice, Gisèle Delaney-Duguay. 

  

 

       

PHOTOS :  

1- La délégation de l’ÎPÉ aux États généraux sur le vieillissement en français.  De gauche à droite au premier rang : Rose Arsenault, Cécile Arsenault, Karen Langevin, Stella Arsenault et Alméda Thibodeau.  Au second rang, Jeannette Farrell, Jeannette Blaquière, Nathalie Vanner, Élise Arsenault et Edgar Arsenault.  Au troisième rang, Claude Blaquière, Gisèle Delaney Duguay, Charles Duguay et Gilbert Ladéroute.  Arthur Buote est absent de la photo. (Photo : FAOÎPÉ) 

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  • Date de création 20 mai, 2025
  • Dernière mise à jour 20 mai, 2025
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