L’égalité des sexes, un engagement international à l’Île comme ailleurs

L’égalité des sexes, un engagement international à l’Île comme ailleurs

À l’occasion de la Semaine du développement international, une discussion sur le thème de l’égalité des sexes était organisée le mardi 4 février à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI). Le panel, exclusivement féminin, a abordé une série d’enjeux autour d’un dénominateur commun : la discrimination envers les femmes.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local - APF - Atlantique

«Visez les objectifs!» Tel est le thème de la Semaine du développement international cette année. Lesquels? Ceux énoncés par l’ONU dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Plus de pauvreté, de faim ou d’inégalités, une éducation pour toutes et tous. Des buts aussi ambitieux que la situation peut être désespérée dans certains domaines.

L’objectif n° 5, sur 17, est clair : «Atteindre l’égalité entre les sexes et autonomiser les femmes et les filles.» L’ambition ne se résume pas aux pays en développement : au Canada et à l’Î.-P.-É., il y a aussi des progrès à faire. «Atteindre cet objectif est un engagement international», insiste Jane Ledwell, directrice générale du Conseil consultatif sur la situation de la femme de l’Î.-P.-É., devant la quinzaine de personnes présentes.

Les femmes plus vulnérables

Judy Clark, membre de la Confédération Mi’kmaq de l’Île, rappelle que jusqu’en 2019, l’Indian Act était discriminatoire à l’égard des femmes. Quand une Mi’kmaq se mariait à une personne non autochtone, elle perdait son statut. Elle-même n’est «redevenue autochtone» que l’année passée.

«Avec tous les rapports qui ont été faits, ils savent», lance Judy Clark en évoquant les 231 «appels à la justice» du rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Les femmes sans-abri sont aussi plus en difficulté que les hommes. Elles ont moins accès aux refuges, car «elles ne veulent pas être vues», selon Janis MacLellan-Peters, qui enseigne à la faculté des soins infirmiers de UPEI.

On juge plus durement une femme en difficulté, surtout si elle a des enfants. «Ils peuvent lui être retirés», regrette-t-elle, citant à l’appui des histoires «déchirantes». La professeure appelle à passer de la surveillance au soin : «Compter les sans-abris est un passe-temps national, alors qu’on devrait essayer de résoudre le problème».

Des barrières systémiques

Karla Bernard, députée de Charlottetown-Victoria Park, est également présente autour de la table ce soir-là. Au sein de l’opposition officielle, elle est l’une des cinq femmes sur les huit membres élus du caucus. Femme politique blanche, elle se «rend compte» aujourd’hui qu’elle fait partie «des privilégiées». Mais elle a quand même dû franchir «les barrières» imposées aux femmes.

Elle évoque un «incident» lors de la session de juillet 2019. Elle et d’autres élues avaient évoqué en séance «les barrières systémiques pour les femmes qui souhaitent avoir une carrière publique». La ministre responsable de la Condition féminine, Darlene Compton, avait répondu qu’il fallait «être forte», sous-entendant que peut-être, certaines ne l’étaient pas assez.

«Nous nous sentions très vulnérables à ce moment-là. Comment faire bouger les choses quand les personnes responsables des politiques ne sont pas convaincues que les femmes font face à des barrières systémiques?» s’interroge Karla Bernard.

Jennifer Taylor et Jean Mitchell, respectivement professeures de nutrition et d’anthropologie à UPEI, ont abordé durant cette discussion des situations plus éloignées, notamment l’insécurité alimentaire des femmes au Kenya. Un fléau que l’on retrouve aussi à l’Île, et qui ne peut être résolu qu’en atteignant, enfin, l’égalité des sexes.

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  • Date de création 7 février, 2020
  • Dernière mise à jour 7 février, 2020
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