« L’économie bleue » : les communautés autochtones invitées à devenir des acteurs de la stratégie fédérale

« L’économie bleue » : les communautés autochtones invitées à devenir des acteurs de la stratégie fédérale

Touchés en premier lieu par les crises environnementales actuelles, les peuples autochtones assisteront par leurs voix et leurs connaissances au dialogue organisé lors des tables rondes entre les ministères. En tant qu’acteur et bénéficiaire à part entière des ressources maritimes, le gouvernement fédéral souhaite orienter sa stratégie économique avec le concours de ces observateurs.
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Marine Lobrieau
Initiative de journalisme local – APF – Territoires

Le gouvernement canadien a débuté, la semaine dernière, les réflexions autour de son plan d’action dit de « l’économie bleue » grâce auquel il souhaite initier des consultations avec les différents acteurs des ressources maritimes. Parmi eux : les peuples autochtones, acteurs et observateurs majeurs dans ce domaine. La stratégie vise à favoriser la création d’emplois dans le secteur tout en œuvrant pour la préservation des océans. Les tables rondes de discussion virtuelles sont en cours jusqu’au 15 juin.

« Les océans sont une ligne de vie cruciale pour les peuples autochtones du Nord et de l’Arctique canadiens. Il est essentiel de prendre en compte les besoins uniques des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Nord dans la Stratégie de l’économie bleue du Canada », déclare Daniel Vandal, ministre des Affaires du Nord dans un communiqué de presse du 8 février. Il réaffirme le besoin d’avoir des partenaires pour participer à l’élaboration de cette stratégie pour stimuler les activités futures visant à protéger ces eaux.

Le savoir des communautés installées depuis des décennies dans ces régions nordiques permettra au décideur politique d’ajuster sa stratégie, mais aussi de tirer parti des connaissances d’un mode de vie ancestral. « Les peuples autochtones apportent un vaste savoir et une précieuse expérience, compte tenu de leur relation étroite et de longue date avec les océans du Canada », affirme la Société pour le bien-être communautaire Aqqiumavvik, qui mène déjà plusieurs programmes pour la viabilité environnementale sous la direction de Kukik Baker.

Basée à Arviat, la Société estime qu’inviter les acteurs des communautés inuites à participer aux discussions viserait à enrichir les données scientifiques grâce à la tradition orale dans une optique de transmission : « Les aînés remarquent certaines choses parce qu'ils ont été formés pour être très attentifs à leur environnement. Ce n'est pas le changement en soi qui est préoccupant, les aînés disent que des changements se produisent toujours, qu'ils font partie de l'histoire orale des Inuits et sont attendus. La préoccupation est plutôt le rythme du changement et les défis auxquels nous sommes confrontés lorsque nous devons nous adapter et répondre à ce rythme très rapide », explique la Société Aqqiumavvik.

Le gouvernement fédéral souhaite créer une économie pérenne en profitant durablement et sainement de ses ressources marines. La stratégie de « l’économie bleue » orientera les acteurs à prendre des décisions permettant de maintenir « la santé des océans » au moyen d’industries marines durables.

Protection, conservation et résolution

Bordé par trois océans, le Canada se veut être le chef de file de ce modèle économique créé par Gunter Pauli, fondateur de l'organisme non gouvernemental ZERI (Zero Emissions Research and Initiatives) et dont le mouvement entend s’inspirer des écosystèmes naturels dans la résolution des crises économiques, écologiques et sociales actuelles.

La ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Bernadette Jordan, explique que cette stratégie canadienne visait à rendre « les industries océaniques plus durables, plus productives et plus prospères » tout en créant « davantage de possibilités à long terme pour nos communautés côtières, en œuvrant avec l’océan selon ses conditions ». Elle estime que cela pourrait être réalisé notamment par des investissements orientés dans les nouvelles technologies qui bonifient la durabilité de la pêche commerciale, l’exploration des énergies renouvelables en mer ou encore le soutien d’un tourisme plus « vert » dans les régions côtières.

Selon Statistique Canada, l’industrie océanique permettrait de contribuer à hauteur de 31,7 milliards au PIB du pays. La situation pandémique a freiné ce développement, mais cette stratégie dite de « l’économie bleue » est également une action pour relancer l’économie du pays de manière « saine et durable », soutient la ministre Jordan.

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Crédit : USGS sur Unsplash
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Le savoir des communautés installées depuis des décennies dans ces régions nordiques permettra au gouvernement fédéral d’orienter sa stratégie économique œuvrant pour la préservation des océans.

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  • Date de création 22 février, 2021
  • Dernière mise à jour 22 février, 2021
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