Le zooplancton pour étudier les effets des changements climatiques
Un professeur de l’Université Sainte-Anne a reçu une subvention, qui lui permettra d'étudier l'influence des changements climatiques et des polluants environnementaux sur les organismes aquatiques, en se focalisant sur le zooplancton.
_______________________
Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Fournie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), cette subvention, pour une durée de cinq ans, permettra de «mieux comprendre les effets de l'évolution des conditions environnementales sur la vie marine, y compris sur des espèces commercialement importantes, comme le homard américain», a communiqué l’université en décembre dernier.
Pour ce faire, le zooplancton d'eau douce et d'eau salée, qui comprend les rotifères, les copépodes et les artémias, sera utilisé afin d’étudier l'impact de l'écotoxicologie marine et des facteurs de stress environnementaux.
Ces espèces aquatiques invertébrées jouent un rôle crucial dans le transport des polluants aquatiques au sein des chaines alimentaires. Étant largement présents dans les milieux aquatiques, ils représentent une source alimentaire essentielle.
Le professeur Jordan Park, directeur du laboratoire sur la qualité du homard de l’Université Sainte-Anne (USA), a travaillé en 2020 sur un projet de recherche portant sur l'effet de la température et des microplastiques sur le système digestif des organismes aquatiques, et son influence sur la chaine alimentaire.
Il a utilisé différentes tailles de microplastiques et effets de température, tout en examinant le système digestif. «Une chose que j'ai découverte, c'est que, lorsqu'ils étaient exposés à chaque facteur uniquement plutôt qu'à une exposition combinée, une seule exposition, ils montraient en fait des effets moins significatifs sur leur système digestif et leur microbiote intestinal», explique M. Park.
Or, lorsqu'ils ont été combinés, des changements significatifs se sont produits. L'importance de la diversité du microbiote réside dans le fait que, pour obtenir un organisme en bonne santé, il est nécessaire d'avoir un certain ensemble ou une certaine diversité de microbiotes qui vivent dans cet organisme.
Ainsi, lorsqu'ils sont perturbés, cela peut avoir des effets néfastes, précise le professeur.
«Mais je n'ai pas pu le découvrir dans le cadre du projet, mentionne-t-il, parce que je n'avais pas assez de temps. Mais l'étude a montré que la température avait un effet plus important que l'exposition aux microplastiques. Donc l'exposition aux microplastiques, elle a provoqué quelques lésions dans la muqueuse intestinale d'un organisme. Cependant, en termes de réponses au stress, elle a moins d'impact que la température.»
En se fiant aux résultats obtenus, il envisage d'ajouter à sa nouvelle recherche d'autres facteurs de changement climatique: la température et le pH, «car l'acidification des océans est également une préoccupation majeure à l'heure actuelle», ainsi que différents types de microplastiques.
Il s'efforcera de comprendre comment les polluants marins, y compris les nanoplastiques et les particules d'usure des pneus, affectent les invertébrés aquatiques lorsqu'ils sont simultanément exposés aux changements climatiques.
En 2023 flottaient environ 358 mille-milliards de particules microplastiques, selon le média environnemental Mongabay, avec potentiellement 14 millions de tonnes supplémentaires dans les fonds marins. Or, les scientifiques ne peuvent pas déterminer précisément la quantité de microplastiques présents dans l'océan.
Le chercheur utilisera le plus petit zooplancton disponible, à savoir le rotifère, qui servira de source alimentaire à un autre invertébré un peu plus gros. Puis, de manière constante, il inclura les facteurs de stress au groupe d'organismes exposé pour ensuite nourrir un autre niveau d'organismes.
L’USA offre maintenant une maitrise en sciences biologiques. M. Park a actuellement un étudiant qui travaille sur le projet de recherche. D'ici cet été, il anticipe un ajout de deux autres étudiants.
Il souhaite établir, dans le cadre de la recherche quinquennale, une base de référence à partir des résultats qui seront obtenus. Ils pourraient être utilisés comme bio-indicateur de l'état de l'écosystème dans l'océan à ce moment-là.
«Par exemple, si la base de référence montre que, dans certaines conditions de stress, ces organismes ont des réponses différentes au stress, alors le tableau pourrait être utilisé pour une référence future», explique le professeur.
«Ainsi, dans 10 ans, supposons que tu collectes des organismes et que tu les analyses, et s'il s'avère que toutes les études précédentes montrent qu'il s'agit d'indicateurs de la zone polluée, alors nous pourrons nous référer au tableau et dire que nous devons faire quelque chose à ce sujet.»
- Nombre de fichiers 4
- Date de création 7 février, 2025
- Dernière mise à jour 7 février, 2025