Le verdict est tombé à Fauquier-Strickland : augmentation de 20% des impôts fonciers

Le budget pour l’année en cours a finalement été adopté hier soir dans le canton de Fauquier-Strickland. Le taux de taxation sera de 20 % pour 2025, bien en dessous de ce qui était proposé le mois dernier, soit une augmentation d’environ 80 % pour couvrir le déficit et les opérations municipales.

 

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Par Renée-Pier Fontaine

IJL – Réseau.Presse – Le Nord

 

Le budget devait être finalisé pour le 31 aout, mais cette date limite n’a pas été respectée après que la greffière, trésorière par intérim et directrice des services municipaux, Shannon Pawlikowski, se soit absentée pour congé de maladie. Le ministère des Affaires municipales et du Logement (MMAH) a accordé à la Municipalité une prolongation jusqu’au 9 septembre ; celle-ci a embauché Craig Davidson pour préparer le budget.

 

 

C’est la greffière d’expérience de Mattice-Val Côté, Guylaine Coulombe, qui assurait le poste pour cette réunion, également en remplacement de Mme Pawlikowski.

 

Le rapport de M. Davidson indique qu’une hausse de 20 % se traduirait par une augmentation de moins de 500 $ pour 92 % des résidences. Le déficit restant est estimé à 419 488 $. Le financement des revenus différés n’est pas couvert et le découvert bancaire reste supérieur à la limite actuelle de 250 000 $, ce qui montre que les problèmes de liquidité persistent. Cette mesure survient après une hausse de 26 % en 2024, ce qui ferait grimper la taxation de près de 50 % en deux ans.

 

Avec cette décision, le conseil municipal reconnait la nécessité d’une augmentation importante des taxes, mais s’inquiète de la capacité des contribuables à payer. Après examen des données du dernier recensement, le conseil cherche toute aide possible pour atténuer la hausse prévue, et ce, en maintenant les niveaux de services définis dans le Plan de gestion des actifs et autres charges incluses dans les taxes foncières.

 

Dès le début de la rencontre, l’ambiance était tendue dans la salle, encore une fois remplie. Un groupe de résidents avait demandé pour faire une présentation, ce qui n’était pas à l’ordre du jour. Les élus ont quand même permis la présentation, en spécifiant qu’ils n’allaient pas répondre aux questions qu’elle incluait.

 

Les porte-paroles du groupe étaient Tammy Daigle et Raymond Grzela. Selon Mme Daigle, le conseil municipal et la mairesse n’ont pas traité directement les questions des citoyens, s’en remettant plutôt à un consultant rémunéré : « Nous ne nous attendions pas à ce que notre réponse soit faite par un consultant payé. »

 

Le groupe critique la hausse constante des taxes, qui atteint désormais 20 à 30 %, et le manque de transparence dans les états financiers. « Calculer une augmentation de taxes sur de faux chiffres… nous ne l’acceptons pas tant qu’un audit judiciaire n’aura pas été complété. »

 

Plusieurs contribuables, surtout à revenu fixe, peinent à payer et demandent des mesures concrètes pour réduire les dépenses municipales, comme la consolidation des services municipaux dans un seul bâtiment et la suspension temporaire des services non essentiels. Les membres du conseil ont affirmé qu’il ne reste plus de couts superflus à couper.

 

Les résidents de Strickland et Grégoire Mills contestent également le financement de projets couteux qui ne les concernent pas, comme les réparations de ponts, les réparations à l’usine de traitement des eaux ou le nouveau bureau municipal de 2 millions de dollars. Certains envisagent même de se séparer de la Municipalité de Fauquier : « Ces deux villes n’ont pas besoin d’un bureau municipal à 2 millions de dollars ni de payer pour les déficits d’égouts de Fauquier. »

 

L’intervenante a remis en question la responsabilité de la mairesse dans la gestion financière : « Madame la mairesse, si vous n’êtes pas responsable, alors qui l’est ? » Tammy Daigle, au nom du groupe, dénonce également la précipitation du budget : un consultant embauché le 19 aout a préparé le budget en six heures.

 

Enfin, le groupe réclame le maintien des taxes 2025 au même niveau que 2024 jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil et la mise en place d’une gestion crédible : « Nous demandons que les taxes 2025 soient les mêmes qu’en 2024, 0 % d’augmentation, jusqu’à ce qu’un nouveau conseil et une nouvelle mairesse soient élus. »

 

Bien que 90 % des contribuables aient signé une pétition demandant une hausse maximale de 20 %, plusieurs citoyens étaient contre lorsque la décision a été rendue.

 

Raymond Grzela, qui a longtemps oeuvré dans la politique muni-cipale, a traduit le texte de Mme Daigle en français et il fait partie également du groupe de citoyens mobilisés.

 

Lors de la période de questions, Mme Daigle s’est levée à nouveau pour prendre la parole et a critiqué la hausse des taxes sans avoir accès aux chiffres de 2024 : « Comment établir un budget pour 2025 quand on n’a pas les chiffres de 2024 ? » Elle a insisté sur le besoin de transparence et de comprendre les finances avant de payer. « Nous voulons comprendre ce qui s’est passé et corriger la situation, et alors nous serons de bons citoyens et paierons les taxes que nous devons. »

 

Le déficit accumulé de 2,5 M$ au cours de la dernière décennie a mené à cette crise, atténuée de justesse par une aide provinciale d’urgence de 300 000 $, versée en plusieurs tranches jusqu’en octobre, afin d’assurer les services essentiels.

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PHOTOS :

 

La mairesse Madeleine Tremblay et la greffière Guylaine Coulombe

Photo : Renée-Pier Fontaine

 

Tammy Daigle et Raymond Grzela

Photo : Renée-Pier Fontaine

 

Les conseillers Priscilla Marcoux, Pierre Lamontagne et Claude Brunet

Photo : Renée-Pier Fontaine

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  • Date de création 11 septembre, 2025
  • Dernière mise à jour 11 septembre, 2025
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