Le thon rouge de l’Atlantique a la cote
La Voix acadienne - La saison de pêche au thon a ouvert en avance à l’Île-du-Prince-Édouard. Certains des 375 pêcheurs insulaires ont déjà pris la mer et treize thons ont été capturés. Les poissons de très bonne qualité sont convoités sur les marchés du monde entier. L’association des pêcheurs de la province aimerait obtenir davantage de quotas.
Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Le ministère fédéral Pêches et Océans Canada (MPO) a ouvert la pêche commerciale au thon rouge le 1er juillet dernier, soit deux semaines plus tôt que d’habitude.
«La saison touristique a commencé partout sur la planète et le monde entier attend notre thon rouge. Il y a une forte demande en Amérique, en Europe et en Asie», affirme le propriétaire de TNT Tuna, Jason Tompkins.
L’entreprise, basée à North Lake, sur la côte nord de l’île, achète et vend près de 80% du thon rouge attrapé dans les eaux canadiennes. Une fois à quai, 1 % des prises reste à l’île, quelque 20 % sont vendues au Canada, principalement au Québec, en Colombie-Britannique et en Alberta, et 10 % aux États-Unis. Le reste est exporté dans une douzaine de pays à travers le monde, dont le Japon.
Pour l’heure, aucun droit de douane américain ne vise le thon rouge canadien. Mais, quelle que soit l’évolution de la situation, Jason Tompkins se dit prêt : « Si l’administration de Donald Trump impose finalement des tarifs, on a travaillé très fort l’hiver dernier pour avoir de nouveaux clients en Europe et en Asie.»
De la nourriture en quantité
En attendant, entre quatre et six bateaux sont sortis en mer chaque jour depuis début juillet. Les pêcheurs insulaires ont pour l’instant débarqué treize thons, pesant de 250 à 600 livres (données en date du jeudi 10 juillet).
«Certains professionnels préfèrent attendre quelques semaines pour laisser le temps aux poissons de devenir plus gros et plus gras», observe le directeur général de l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard, Ian MacPherson.
«La qualité est encore comme ci comme ça. Mais on peut quand même espérer un prix minimum de 20 dollars la livre sur les marchés asiatiques», poursuit Jason Tompkins.
Les thons rouges viennent en effet d’arriver du golfe du Mexique où ils sont nés et ont grossi durant plusieurs mois. Ils vont désormais passer l’été dans les eaux du Golfe du Saint-Laurent pour se nourrir de petits poissons.
Un véritable festin les attend depuis que le MPO a imposé un moratoire sur la pêche commerciale au maquereau et au hareng.
«La grande quantité de nourriture disponible explique la très bonne qualité de nos thons, qui sont parmi les plus gras et savoureux au monde, souligne Jason Tompkins. Le maquereau donne notamment une couleur rouge à la chair du thon, qui est très appréciée au Japon.»
«Prendre soin de la ressource»
Pour profiter de la demande élevée, l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard réclame davantage de quotas pour les 375 pêcheurs de thon rouge de la province. Chaque professionnel a le droit de capturer deux poissons par an.
«Nous ne demandons pas la création de quotas supplémentaires. Nous voulons que le MPO répartissent les quotas existants plus équitablement entre les provinces», explique Ian MacPherson.
Car, selon le responsable, certaines régions avec un nombre «bien inférieur» de pêcheurs reçoivent les mêmes quotas que l’île. Le MPO attribue effectivement les quotas par zone de pêche, peu importe le nombre de pêcheurs.
«Notre but premier reste de protéger les stocks et de les gérer de manière durable», insiste néanmoins Ian MacPherson.
«Nous avons l’une des pêches les plus restrictives du monde. Pour nous autres, c’est important de prendre soin de la ressource. On veut que nos enfants aient du travail plus tard», renchérit Jason Tompkins.
La ressource demeure en effet fragile. Le gros poisson est considéré comme une espèce en voie de disparition, bien que le gouvernement fédéral ne l’ait pas inscrit sur la liste des espèces en péril au Canada.
Cette année, la saison de pêche prendra fin le 23 septembre. L’hiver prochain, les thons rouges migreront à nouveau vers le sud des États-Unis.
PHOTOS :
1- Les thons rouges de l’Atlantique pêchés dans les eaux autour de l’île sont parmi les plus gras et savoureux au monde. (Photo : Gracieuseté)
2- «L’Île-du-Prince-Édouard est un très petit marché, seulement six ou sept restaurants, poissonneries et distributeurs achètent du thon rouge», rapporte Jason Tompkins de TNT Tuna. (Photo : Gracieuseté)
3- «À la fin de la saison, s’il reste un quota disponible, il peut être réattribué et un pêcheur peut capturer un troisième thon», explique Ian MacPherson de l’Association des pêcheurs de l’île. (Photo : Gouvernement de l’ÎPÉ)
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- Date de création 14 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 14 juillet, 2025