« Le Québec est un partenaire pour les communautés francophones »
Tout en appelant à des politiques adaptées aux réalités locales, le ministre responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, affirme que le Québec agit en partenaire des communautés francophones en milieu minoritaire. Il encourage aussi les jeunes du Nord à voir la langue française comme un atout économique, culturel et humain.
Cristiano Pereira
IJL – Réseau. Presse – L’Aquilon
De visite à Yellowknife fin juin à l’occasion du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC), le ministre responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, a précisé à Médias ténois le rôle que le Québec entend jouer auprès des francophones en milieu minoritaire. En plus d’insister – comme il l’avait fait pendant la rencontre ministérielle – sur la nécessité d’éviter les politiques linguistiques « mur à mur » et de reconnaitre les réalités propres à chaque province et territoire. Le politique se voit comme un partenaire solidaire, prêt à partager son expertise, à soutenir financièrement et logistiquement les communautés, tout en respectant les compétences des autres gouvernements.
Interrogé sur le cas de Fort Smith, le ministre a réaffirmé la limite de l’intervention québécoise, refusant toute ingérence directe. Il a aussi adressé un message aux jeunes francophones du Nord, leur rappelant que le français est non seulement un atout culturel, mais aussi une clé pour accéder à des opportunités économiques et humaines à travers le monde.
Comment décrivez-vous le rôle que le Québec veut jouer aujourd’hui auprès des communautés francophones en situation minoritaire, comme celle des TNO ?
Le Québec est un partenaire. Un allié qui est là pour partager parfois ce qu’on appelle des bonnes pratiques, soutenir les communautés francophones et intervenir dans les forums comme on a eu pendant deux jours à Yellowknife. Cela permet de souligner la nécessité de ces communautés qui ne sont pas importantes en nombre, mais en termes culturels.
Pensez-vous que, par exemple, le Québec doit s’exprimer publiquement lorsqu’une communauté francophone ou un milieu minoritaire est en difficulté, comme dans le dossier que vous connaissez de Fort Smith ?
Le Québec ne peut pas intervenir dans l’administration des autres provinces et des territoires. Il y a une limite à notre intervention. On ne tolèrerait pas de toute façon que d’autres ministres s’ingèrent dans la manière dont le gouvernement du Québec gère ses affaires. Donc, on est des partenaires dans le sens où on les écoute et on les soutient financièrement. On partage chacun nos expertises, notamment avec du soutien logistique. On les soutient aussi à travers leur gouvernement – ici le gouvernement du TNO – a signé avec le Québec une entente bilatérale. Grâce à celle-ci, le Québec va soutenir les TNO pour soutenir leurs organismes. Mais on ne fait pas d’ingérence, c’est important de le préciser.
Que diriez-vous à un jeune francophone qui grandit ici, dans le Nord, en milieu minoritaire et qui doute parfois de la place du français dans sa vie ?
Je dirais que le français est une langue d’opportunité. C’est un avantage concurrentiel
incroyable par rapport aux gens qui sont unilingues et capables de voyager partout, particulièrement en Europe. Le français permet de voyager et de rencontrer des gens que tu ne pourrais jamais rencontrer si tu étais d’une langue anglophone. Puis, c’est aussi une langue d’opportunité en termes d’affaires. Donc, être francophone, c’est réellement un avantage culturel, mais également un avantage humanitaire et économique. Je lui dirais, avec un beau point d’exclamation : « T’es francophone, chanceux ! »
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Visuels
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Le ministre Jean-François Roberge lors d’une rencontre avec des représentants d’organismes francophones au Collège nordique à Yellowknife. (Photo courtoisie Collège Nordique)
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- Date de création 13 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 13 juillet, 2025