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Le Québec à la recherche de nouveaux marchés en Alberta

Les échanges de biens et de services entre le Québec et l’Alberta représentent près de 20 milliards de dollars chaque année, un jeu duquel la belle province dégage un important surplus commercial. Pour stimuler ces échanges, la ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia Lebel, annonce la création d’une antenne à Calgary du Bureau Économique du Québec à Toronto.
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Arnaud Barbet

IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO

Aux commandes de ce nouveau point de service sous l’égide d’Investissement Québec, un nom qui résonne dans toute la francophonie albertaine : Julie Fafard. La cheffe de poste du Bureau du Québec à Toronto, Catherine Tadros en est persuadée, «on a trouvé la perle rare pour nous représenter dans la capitale économique albertaine».

Parmi les prérequis pour obtenir le poste d’attachée économique à Calgary, il fallait «quelqu’un qui connaît extrêmement bien le marché local, qui a un bon réseau et qui peut faire du développement et de l’accompagnement d’entreprises», explique Catherine Tadros.

Un profil de poste «tout à fait adapté à celle qui fut pendant onze ans la directrice du développement touristique et entrepreneuriat au Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA)». «Julie Fafard est capable de s’adapter aux différents secteurs économiques albertains», explique la cheffe de poste du Bureau du Québec à Toronto.

Une équipe et des partenaires

Julie Fafard pourra notamment s’appuyer sur l’expérience de ses collègues installées à Vancouver pour remplir ses futurs mandats. «Elle devra aider les entreprises du Québec à tisser des liens avec les entreprises albertaines, de futurs clients et des partenaires, en Alberta, mais aussi dans l’Ouest canadien».

Lorsque la rédaction évoque le CDÉA et son rôle important auprès des entrepreneurs, Mme Tadros se veut rassurante. «Nous n’avons pas les mêmes mandats et nous travaillons déjà en pleine collaboration avec l’organisme».

Car, si le CDÉA accompagne des entrepreneurs francophones albertains, le Bureau du Québec à Toronto accompagne et facilite l’implantation d’entreprises québécoises sur le sol albertain. Elle ajoute, enthousiaste, «on est aussi à l’écoute des besoins des organismes francophones en milieu minoritaire, de l’économie francophone, c’est un travail gagnant-gagnant. On ne se pile pas sur les pieds !»

On peut d’ailleurs citer deux exemples d’entreprise qui a pu bénéficier des services du Bureau du Québec à Toronto.  L’usine Enerkem d’Edmonton, qui depuis 2014 effectue la conversion des déchets non recyclable, non compostable en biocarburants, et l’entreprise Pesca environnement, spécialisé comme son nom l’indique dans l’impact environnemental des industries.

Le commerce interprovincial en ligne de mire 

«Encore plus aujourd’hui, avec la pandémie et ses effets sur le commerce international, le Québec se doit d’enrichir le tissu économique des provinces», déclare Mme Tadros. Elle souligne les conséquences de la pandémie, les difficultés d’approvisionnement auprès des grandes nations commerciales comme la Chine et les États-Unis pour y voir une opportunité du Québec.

«Julie Fafard sera nos yeux et nos oreilles en Alberta, notamment dans les domaines des énergies et des nouvelles technologies», dit-elle, tout en insistant sur la diversité économique dont a besoin l’Alberta aujourd’hui.

Elle souligne d’ailleurs la nécessité de ce bureau albertain pour un marché très différent de celui de la Colombie-Britannique. «Vancouver et Calgary sont deux marchés très différents, mais nous espérons faciliter le maillage, pour accentuer ce commerce interprovincial si important». Aujourd’hui, il représente 40% des ventes hors de Québec pour 80 milliards de dollars.

«Dans la globalité, nous travaillons avec 300 entreprises par année», ajoute-t-elle. Un chiffre qu’elle espère voir augmenter avec cette antenne à Calgary et la présence de Julie Fafard. «L’Alberta achète annuellement 4 milliards de marchandises au Québec. Le Québec, 5 à l’Alberta. Nous devons donc faire mousser nos ventes et diversifier nos produits», conclut-elle. «Un défi particulier», reconnaît-elle, pour les équipes économiques déployées dans l’Ouest canadien.

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  • Date de création 6 septembre, 2021
  • Dernière mise à jour 6 septembre, 2021
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