Le programme de dépistage du cancer doit être plus vaste, selon une députée libérale
La députée de Clayton Park West, Rafah DiCostanzo, est d’avis que le programme de dépistage du cancer du sein, l’un des quatre programmes de la Nouvelle-Écosse, n'est pas assez efficace pour aider les femmes les plus vulnérables.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Le Comité permanent de la santé de la Nouvelle-Écosse a eu une rencontre publique, le mardi 9 juillet à la salle des comités, pour discuter des programmes de dépistage du cancer de la province.
Notons que Mme DiCostanzo a présenté en mars dernier le projet de loi 423, nommé Trouvez-le tôt (Find it Early), dont le but est d’améliorer la détection du cancer du sein.
C'est lors de cette rencontre, durant laquelle une motion a été approuvée pour rédiger une lettre afin d’appuyer l’adoption du projet de loi, que la députée a critiqué de nouveau l’offre de dépistage pour le cancer du sein.
Selon la députée libérale, le programme actuel devrait inclure des examens IRM pour les femmes avec des seins plus denses. «J'aurais aimé, en 2022, connaitre le risque élevé que je courais», lance Mme DiCostanzo.
Malheureusement, la mammographie ne permet pas toujours la détection des signes précurseurs d’un cancer, surtout quand le tissu est extrêmement dense (D) ou lorsqu’il y a de nombreuses zones de tissu glandulaire et conjonctif (C).
C’est un projet de loi qui vient du cœur. La députée a reçu un diagnostic du cancer du sein au printemps 2023, et ce par surprise, en découvrant une bosse sur son corps qui n’avait pas été détectée précédemment, lors de son examen annuel.
Elle est allée chez le médecin avant l’incident, pour vérifier une autre bosse. Mais à ce moment, le résultat était négatif. «J'avais un cancer, mais personne ne me l'a dit. Six mois plus tard, j'ai une autre grosseur sur le même sein, raconte-t-elle, un peu plus haut cette fois. J'ai pris mon temps parce que c'est le même sein, j'étais sure que c'était négatif.»
Elle veut que les femmes dans le besoin aient accès à des dépistages supplémentaires pour qu’elles puissent détecter leur cancer plus vite.
«Le dépistage n’est pas parfait»
Avant le témoignage de Rafah DiCostanzo, la Dre Sian Iles, conseillère médicale du Programme de dépistage du cancer du sein de la Nouvelle-Écosse, avait déclaré que «la Nouvelle-Écosse dispose de l'un des programmes de dépistage les plus solides du pays».
Depuis sa première clinique en 1991, la Nouvelle-Écosse a ajouté 10 sites accrédités sur son territoire ainsi qu’un programme de dépistage mobile, au service de 30 communautés rurales.
Toutefois, elle insiste sur le fait que «le dépistage n’est pas parfait», et plus le sein est dense, plus la sensibilité est moins élevée. «Ce que nous faisons, cependant, c'est un programme basé sur la population. Nous devons être en mesure de proposer un test qui soit facilement disponible, accessible, équitable et dont les avantages ont été prouvés», explique-t-elle.
«Et c'est là que la mammographie de dépistage entre en jeu [...] les avantages ne sont peut-être pas les mêmes pour tout le monde et certaines personnes aux seins denses ne sont pas aussi sensibles, mais nous pouvons aussi manquer des cancers dans d'autres seins, malheureusement.»
Le système doit aussi mettre des limites sur le nombre de dépistages pour éviter de surcharger le système, mentionne la Dre Sian Iles.
Selon la Société canadienne du cancer, 30 500 nouveaux cas ont été déclarés chez les femmes en 2024. Le cancer du sein représentait 25 % des nouveaux cas parmi la population féminine du pays.
Où en est la province aujourd'hui?
Le Dr Helmut Hollenhorst, directeur médical en chef du Programme de soins en cancérologie de Santé Nouvelle-Écosse, a précisé lors de la rencontre de mardi que les programmes ne sont pas destinés aux personnes qui ont des symptômes potentiels du cancer.
L’accent est mis sur la prévention et la détection précoce. «Le dépistage du cancer consiste à rechercher un cancer ou des lésions précancéreuses avant l'apparition d'un signe d'alerte ou de symptômes», dit-il.
On compte quatre programmes de dépistage organisé en Nouvelle-Écosse que l'on peut obtenir sans avoir recours à un prestataire de soins primaires, soit pour le cancer cervical, du sein, du côlon et des poumons.
Les programmes pour le col de l’utérus et le côlon peuvent prévenir le cancer, tandis que les deux autres peuvent détecter le cancer à un stade plus précoce.
Le Dr Hollenhorst informe qu’en 2023, plus de 1 000 habitants de la Nouvelle-Écosse ne présentant aucun signe d'alerte ont vu leur cancer du côlon évité grâce à des tests de dépistage à domicile.
Quelque 14 100 hommes et 11 100 femmes ont reçu un diagnostic du cancer colorectal en 2024.
«Les baisses récentes sont vraisemblablement attribuables à un plus grand recours au dépistage du cancer colorectal, ce qui permet de détecter et d’enlever les polypes précancéreux, et peut par conséquent réduire l’incidence», informe la Société canadienne du cancer.
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- Date de création 12 juillet, 2024
- Dernière mise à jour 12 juillet, 2024