Le nombre de Néo-Brunswickois qui se rendent au Maine est toujours en chute libre

Le nombre de voyageurs néo-brunswickois traversant la frontière pour se rendre au Maine poursuit sa chute libre entreprise au début de l’année.

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Bobby Therrien

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle

Les données publiées pour le mois de juin par le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (U.S. Customs and Border Protection), montrent qu’environ 74 000 personnes de moins qu’en 2024 se sont rendues au Maine en provenance du Nouveau-Brunswick.

En juin, près de 158 000 voyageurs sont entrés dans le Maine en provenance du Nouveau-Brunswick à bord d’un véhicule, soit le moyen le plus courant de traverser la frontière canado-américaine.

À pareille date l’an dernier, plus de 232 000 personnes avaient traversé la frontière. Il s’agit d’une autre chute drastique. De janvier à juin, le nombre de voyageurs en voiture a diminué de 287 000 personnes en 2025 comparativement à 2024, et ce, malgré une augmentation du nombre de voyageurs au mois de janvier (156 000 en 2025 contre 148 000 en 2024).

Le climat tendu entre l’administration Trump et le Canada – qui s’est principalement manifesté par l’imposition de tarifs douaniers, les menaces d’annexion pour faire du Canada le 51e État américain et les difficultés pour certains groupes de personnes qui traversent la frontière – coïncide avec cette diminution depuis février.

Le Nouveau-Brunswick en profite

La situation actuelle s’avère une bonne affaire pour le tourisme au Nouveau-Brunswick.

Le ministère du Tourisme, de l’Héritage et de la Culture confirme que la province connaît déjà une croissance touristique positive en 2025. Selon le ministère, en date du 13 juillet, la fréquentation des parcs provinciaux gérés par Parcs NB a augmenté de 6,43 % par rapport à l’an dernier.

À ce jour, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a investi 2,5 millions $ au Québec, 3 millions $ en Ontario, ainsi que plusieurs centaines de milliers de dollars dans d’autres provinces pour faire du Nouveau-Brunswick une destination de choix.

«Des campagnes innovantes, comme un abribus interactif à Montréal mettant en valeur les paysages, les sons et les parfums de la côte acadienne, ou des affichages numériques à la station de métro Bloor-Yonge, l’une des plus achalandées de Toronto, ont contribué à accroître la visibilité de notre province. Nous visons également les marchés des Maritimes, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne», peut-on lire dans une déclaration écrite du ministère du Tourisme, de l’Héritage et de la Culture.

Pour l’instant, il est difficile d’évaluer l’impact qu’ont les touristes néo-brunswickois dans ces résultats. Ce qui est certain, c’est que moins de gens de la province ont opté pour les États-Unis comme destination touristique cette année.

Le copropriétaire du Camping Edmundston, Kevin Marmen, ne reçoit pas nécessairement plus ou moins de Néo-Brunswickois cette année. Il constate toutefois une très forte augmentation de l’achalandage en provenance du reste du Canada.

Il indique que le nombre de visiteurs du Québec et de l’Ontario est en hausse. Le terrain de camping accueille également davantage de campeurs de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.

M. Marmen raconte aussi qu’avant la fin des classes au Nouveau-Brunswick, Camping Edmundston a accueilli un nombre considérable de campeurs américains, provenant d’aussi loin que la Californie, le Texas et la Floride.

«À un certain moment, Tina (sa conjointe et copropriétaire du camping) et moi trouvions ça assez comique: huit campeurs sur 10 sur le terrain étaient Américains! Ce phénomène s’est estompé depuis ou peut-être s’est-il simplement dilué avec le début des vacances scolaires d’été. Je crois que ça redeviendra plus évident vers la fin de l’été», a raconté Kevin Marmen.

«Les Américains continuent d’encourager notre coin de pays, même plus qu’avant, semble-t-il.»

En juin, Camping Edmundston a enregistré une augmentation de 33% par rapport à 2024. Bien qu’il ne soit pas terminé, le mois de juillet connaît une augmentation qui frôle les 50% comparativement à l’an dernier.

«C’est certain que notre clientèle et notre service sont axés sur le tourisme de transit entre les Maritimes et le centre/est du pays (…) Ce qui est clair, c’est que les Canadiens sont en route vers les Maritimes en bien plus grand nombre que l’année dernière.»

Au Centre d’information touristique Malobiannah de Grand-Sault, le nombre de visiteurs différents, les ventes en boutique et les places de stationnement souvent pleines témoignent d’une saison estivale encore plus achalandée que l’an dernier.

«En plus, avec les vacances de la construction qui sont commencées on est très occupé (…) On a même des employés qui ont dû se stationner ailleurs qu’au Centre Malobiannah», a ajouté Josée Gagnon, coordonnatrice du tourisme à la Municipalité régionale de Grand-Sault.

Mme Gagnon dit avoir reçu des échos de certains touristes néo-brunswickois, notamment du terrain municipal, le Camping Chutes et Gorge, qui ont décidé de changer leurs plans de vacances pour rester au Nouveau-Brunswick ou de visiter d’autres provinces, comme le Québec.

«On voit effectivement plus de gens du Nouveau-Brunswick qui viennent nous visiter. On a même des compagnies organisant des tournées d’autobus qui nous ont confirmé qu’elles avaient changé leurs itinéraires pour éliminer les États-Unis et prioriser le Nouveau-Brunswick ou le Québec.»

 

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Photo : L'équipe du Camping Edmundston reçoit sa part de visiteurs depuis le début de la saison estivale. - Gracieuseté

 

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  • Date de création 24 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 24 juillet, 2025
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