Le déficit anticipé du gouvernement Holt augmente de 120 millions $
Le déficit anticipé du gouvernement Holt a augmenté de 120 millions $ au premier trimestre et se situe maintenant à 669 millions $. Le ministre des Finances, René Legacy, veut «faire des efforts» pour rétablir l’équilibre budgétaire au courant de son mandat, mais prévient que c’est difficile à prédire.
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Alexandre Boudreau
IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl
En mars, le gouvernement de Susan Holt a déposé un budget déficitaire de 550 millions $, brisant ainsi sa promesse de maintenir l’équilibre budgétaire chaque année de son mandat.
Au premier trimestre de cette année, qui s’est terminé en juin, le déficit anticipé du gouvernement a augmenté à 669 millions $. Ses revenus ont diminué de 60 millions $ par rapport à ses prévisions alors que ses dépenses ont également augmenté de 60 millions $.
Le ministre des Finances et du Conseil du trésor, René Legacy, affirme que le rapport entre la dette nette et le PIB du Nouveau-Brunswick demeure «l’un des plus faibles au pays» malgré cela.
Le gouvernement prévoit que la dette nette d’environ 12,5 milliards $ grimpera à 13,6 milliards $ d’ici la fin de l’année financière.
En mars, le gouvernement prévoyait également quatre années de déficit pendant son mandat, et anticipait que ce déficit allait diminuer progressivement pour se retrouver à 144 millions $ en 2028-2029.
Alors que le déficit grimpe cette année, René Legacy espère que son gouvernement pourra atteindre l’équilibre budgétaire plus tôt que prévu, soit dans ce mandat de quatre ans.
«Idéalement ce serait avant la fin du mandat, mais ça va aussi dépendre des événements internationaux qui auront un impact sur notre économie.»
Il affirme que la prévision d’un déficit de 144 millions en 2028-2029 est «très proche» de l’équilibre budgétaire.
Le ministre a également défendu les dépenses de son gouvernement en accusant le gouvernement Higgs de n’avoir pas suffisamment investi.
«Il s’agit de choix. On a un gouvernement qui va investir dans les programmes pour les transformer et les moderniser, ou on peut dépenser cet argent pour rembourser la dette. Et c’est ce que l’ancien gouvernement a fait. Mais après, il faut investir dans les programmes et dans l’infrastructure», dit-il.
Don Monahan, critique progressiste-conservateur en matière de finances, n’est pas surpris de l’augmentation du déficit. Il doute de la capacité du gouvernement à rétablir l’équilibre budgétaire.
«Ils n’ont pas vraiment de plan. Ils ont une stratégie pour être élus, mais une fois qu’ils prennent les rênes de la province, c’est là qu’ils voient que ce n’est pas réaliste. Il faut dépenser, mais il n’y a pas assez d’argent qui entre. Ils n’ont pas vraiment de plan pour s’assurer d’un équilibre dans les dépenses.»
Le chef des verts, David Coon, n’est pas inquiet du déficit. Selon lui, le premier objectif n’est pas d’atteindre l’équilibre budgétaire, mais plutôt d’investir dans des programmes sociaux, dans la santé et dans l’éducation.
«Pour l’avenir, c’est un enjeu, parce qu’on doit s’assurer que le gouvernement fasse les investissements qui vont résoudre les problèmes. Les coûts vont continuer d’augmenter sans action, sans changement de cap. Il doit réduire la pauvreté, par exemple.»
Le déficit anticipé de 669 millions $ a été calculé sans compter le plan d’urgence prévu par le gouvernement Holt en réponse aux tarifs de Donald Trump, qui pourrait ajouter 50 millions $ au déficit si tout cet argent finit par être dépensé.
Revenus en baisse, dépenses en hausse
Selon des fonctionnaires, les impacts de la guerre commerciale ne se reflètent pas encore dans les estimations de revenus.
«C’est très tôt dans le processus, et ça prendra du temps pour voir les vrais effets. Les effets qu’on a vu en mars et en avril n’étaient finalement pas aussi grands que ce qu’on avait pensé. L’économie était vraiment plus forte si on regarde les niveaux d’emplois dans la province, et les consommateurs continuent à appuyer l’économie», a indiqué Todd Selby, directeur de l’analyse financière, économique et statistique au ministère des Finances.
Les revenus du gouvernement au premier trimestre ont surtout chuté en raison d’une diminution du financement de plusieurs sources fédérales. Par exemple, les recettes que reçoit le N.-B. dans le cadre de l’Entente bilatérale intégrée pour des projets d’infrastructure ont diminué de 49,5 millions $.
Les dépenses ont augmenté au ministère de la Santé, qui dépasse son budget de 39 millions $, mais le plus gros de la hausse des dépenses provient du ministère du Développement social, qui dépasse son budget de 93,7 millions $ en raison d’une augmentation de la demande pour ses services.
Les dépenses du Développement social sont plus élevées que prévu dans trois domaines: les services de bien-être à l’enfance, de 35 millions $ de plus que prévu; la sécurité du revenu, dont l’aide sociale, de 31 millions $; et les aînés et des soins de longue durée, de 23 millions $.
Malgré une augmentation régulière du nombre de personnes qui reçoivent l’aide sociale au fil des années depuis 2022, le gouvernement Holt a décidé, cette année, de réduire le budget de la sécurité du revenu de 23 millions $ par rapport à ce que le gouvernement Higgs avait dépensé l’an dernier. Or, il doit finalement dépenser 31 millions $ de plus qu’il avait prévu en mars.
Selon René Legacy, il fallait quand même tenter de réduire les dépenses dans ce poste budgétaire. Il a demandé à tous les ministères de «faire des efforts pour trouver des différentes façons de faire les choses», y compris le Développement social. Selon lui, on ne peut pas continuer à augmenter les dépenses année après année, et il fallait imposer des «réductions générales».
«Si, à chaque fois qu’un ministère fait des dépenses excédentaires, qu’on rajuste et qu’on rajuste, comment est-ce qu’on va faire les choses différemment?»
Il a admis que la hausse du nombre de gens qui ont besoin de l’aide sociale était prévisible.
«Mais c’est prévisible aussi qu’il n’y a pas non plus de nouveaux revenus qui entrent pour payer les frais, donc à un certain point, il faut regarder nos systèmes.»
René Legacy dit que le gouvernement est parvenu à trouver des efficacités dans les services offerts aux enfants avec des cas complexes.
Le chef du Parti vert, David Coon, estime que le gouvernement Holt tente de donner l’impression d’une gestion fiscale responsable, mais qu’il fait erreur.
«C’est de la folie, les coûts des services dans le système d’aide à l’enfance et de l’aide sociale sont clairs.»
Le progressiste-conservateur Don Monahan dit que le coût de la vie demeure élevé, et que le gouvernement Holt n’a pas réussi à «rendre la vie meilleure».
«Honnêtement, je ne crois pas que c’est le bon endroit à couper. À chaque année, les coûts augmentent. Comment on peut aider notre société si on coupe chez les gens les plus vulnérables?», a-t-il mentionné au sujet de l’aide sociale.
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Photo : Le ministre des Finances, René Legacy. - Archives
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- Date de création 15 octobre, 2025
- Dernière mise à jour 15 octobre, 2025