Le commerce en ligne: un nouvel ingrédient?

Tout comme les autres industries, celle de la gastronomie s’adapte aux changements politiques et sociaux de nos jours. Les coûts augmentant liés a la gestion des petites entreprises— y compris la menace proposée par Trump— poussent les entrepreneurs culinaires aux opérations en ligne?

John Babb
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL

Dans cette ère numérique, les prix augmentent partout dans le monde. Entretemps, les entrepreneurs culinaires locaux profitent d’un nouvel ingrédient— le commerce en ligne— pour lancer et poursuivre l’opération des entreprises. Depuis la pandémie et face à l’inflation aujourd’hui, de plus en plus de restaurants utilisent des plateformes numériques pour maintenir le fonctionnement de leurs entreprises. 

Devenus «invisibles» et baptisés «cuisines en nuage», les restaurants opèrent souvent depuis la maison des propriétaires pour faire livrer des repas au lieu d’accueillir des clients à table.

 

Les Smiling Sisters ont acheté Loong Wah— un restaurant chinois en service pendant plus de 35 ans au centre-ville de la région capitale— en 2017. Après qu’il soit fermé en 2023, Zoe Wu et Lei Huang se sont lancées à ouvrir la cuisine en nuage FOOD (Fabulous Original Oriental Dining), qui opère par commandes en lignes, notamment avec l’utilisation d’une page Facebook pour communiquer avec les clients.

 

Nouvelle approche à dîner

 

Pendant la pandémie, l’industrie gastronomique a vu une vraie prolifération des cuisines en nuage. Avec contact minimal entre les employés et les clients et sans table pour s’asseoir, ces opérations pouvaient facilement respecter les règles pour éviter la transmission de la COVID-19. 

 

Depuis, dans l'ère post-pandémie, certains entrepreneurs gardent leurs cuisines en nuage pour pouvoir servir une nouvelle clientèle plus casanière tout en économisant de l’argent. Zoe Wu dit avoir remarqué comment la pandémie a changé les habitudes du public vers la gastronomie plus largement et comment l’industrie culinaire s’est adaptée. «Des [personnes voulaient] sortir dîner si fortement jusqu’à la fin de la pandémie [et puis] des personnes voulaient rester chez elles, profitant de leurs dîners “maisons” ou de leurs fêtes “maisons” et cetera.» 

 

Les propriétaires se demandaient ensuite: «Si on s'occupait juste de la cuisine, si on n’avait pas besoin d’un espace repas, ça diminuerait nos coûts fixes? Ça va nous aider mieux servir la clientèle?»

L'exploitation d'une entreprise entièrement ou partiellement en ligne permet de surmonter certaines des limites rencontrées en personne. On pourrait en particulier prendre des commandes en dehors des heures d'ouverture traditionnelles et communiquer longtemps à l'avance avec les clients afin de clarifier leurs désirs en tant que consommateurs.

En plus d’économiser de l’argent, le passage vers l’opération d’une cuisine en nuage a réduit le gaspillage de nourriture grâce au système de commande en ligne, laissant les opérateurs préparer la quantité de nourriture exactement nécessaire pour les commandes.

 

Débuts numériques pour un succès hors ligne

 

Il est difficile de lancer une entreprise sans avoir une idée du succès qu’on peut connaître dans son marché. Si de plus en plus de restaurants sautent en ligne pour faire face aux coûts de fonctionnement augmentant, d’autres s’en servent pour débuter son entreprise sans accumuler certains risques qui y sont associés.

 

Pour Lamyae Charifi, propriétaire de la Casablanca Bakery sur la rue Bond Street à St. John’s, l’Internet a été indispensable au début de son projet pour garnir de l’attention publique. Proposant plusieurs créations halales inspirées par son origine marocaine, son opération a vu le jour en ligne et à des marchés fermiers avant l’ouverture d’une opération permanente dans la Ville capitale.

 

«En 2021, j’ai commencé à Clarenville pendant seulement 3 mois et on a déménagé à St. John’s. Après ça, j’ai commencé au St. John’s Farmer’s Market. Et j’ai la page Facebook aussi— de temps en temps je partage mes repas et desserts au Marketplace. J'ai toujours des commandes, des commandes directes avec les clients», explique la boulangère. «Je ne suis pas toujours occupée, mais de temps en temps», ajoute-t-elle.

 

Gérant une présence en ligne pour son entreprise ainsi qu’une place au marché fermier, madame Charifi a vu les fruits de ses efforts cumulés dans l’ouverture de sa boulangerie à Bond Street. Suite à l'annonce en ligne de l’inauguration de son commerce, la boulangère a vu une folle de clients présente pour feter la nouvelle boulangerie.

 

Grâce au grand nombre de personnes qui suivent sa page Facebook, madame Charifi faisait face à moins de risques en ouvrant ses portes permanentes. «Quand j’ai commencé avec cet endroit j’ai eu un post sur mon Facebook, tu sais, qu’il y aura une inauguration, et plusieurs personnes sont arrivées. C’était une très belle journée en fait et j’étais si contente de voir tout le monde là.»

 

La boulangerie Casablanca Bakery continue à proposer des pâtisseries et gâteaux en ligne ainsi que sur place, mais madame Charifi souligne que la circulation sur Bond Street est suffisante aujourd’hui pour continuer avec les opérations de l’entreprise.

 

Incertitudes politiques dans l’assiette

 

Parlant de la possibilité d’une nouvelle opération où les clients peuvent s’asseoir, madame Wu adressait ses inquiétudes en tant que propriétaire d’une petite entreprise face aux menaces de tarifs douaniers du président Trump aux États-Unis.

 

«On espérait que, après deux ans, on serait capable de retourner au commerce de restauration, et à plus petite échelle, fournissant cette qualité de nourriture et services. C’est ce qu’on planifiait. Mais après les nouvelles pendant cette fin de semaine, on avait un peu peur parce qu’on ne sait pas. Il y a beaucoup d'incertitudes dans le futur. [...] Ça va prendre du temps pour le marché de s’adapter à n’importe quoi, quelle que soit la condition. Mais on demeure encore optimiste. Parce que tout le monde doit manger. Tout le monde a besoin d'aliments réconfortants.»

 

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Photo: Casablanca

Photo: John Babb

Caption: Des pâtisseries à la boulangerie Casablanca Bakery.

 

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BOX

 

Les cuisines en nuage sont des restaurants virtuels— des entreprises qui vendent la restauration en ligne pour une clientèle qui procure les repas eux-même d’une adresse ou par livraison— sans espace physique pour les clients de s’asseoir. Les expressions «dark kitchen» ou «cuisine fantôme» sont utilisées parfois, mais elles se rappellent du statut officiel inconnu des entreprises vendant la nourriture en ligne. Quelques entrepeneurs comme Zoe Wu préfèrent l’expression «cuisine en nuage», disant «parce qu’on est dans le nuage, on est plus  visibles aux autres personnes, on est plus ouvert aux autres personnes, et vous pouvez nous voir, on est licencié et tout ».

 

Faites attention en achetant la nourriture en ligne!

 

  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 10 février, 2025
  • Dernière mise à jour 10 février, 2025
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