Le bilan de l’année scolaire francophone
La 27e assemblée générale annuelle (AGA) du Conseil scolaire francophone provincial (CSFP) s’est tenue à Happy Valley-Goose Bay, dans les bureaux de la Chambre de commerce Labrador North le 30 novembre dernier. Retour sur les grandes lignes.
Cody Broderick
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL
«Nous avons maintenant 6 écoles, 400 élèves, 55 enseignants et enseignantes, 35 autres employés et un nombre grandissant de gradués qui font la fierté de notre communauté», débute Michael Clair, président du CSFP, dans son rapport annuel. Le taux de diplomation l’année dernière est à 100%, ajoute le directeur général par intérim, Peter Smith. «Mais le tout n'est pas arrivé facilement et ce n'est pas le manque de défis auquel nous faisons face aujourd'hui», poursuit le premier. «En fait, plus nous faisons de progrès, plus les défis deviennent complexes», dit-il.
En listant par exemple la de la loi sur l'accès à l'information, les hautes technologies d'enseignement, la croissance du harcèlement dans la société, les variations dans l'identité genre, et des changements dans le marché du travail et les effets des confinements pendant la pandémie, le président regrette que «les ressources allouées au CSFP n'ont pas suivi toutes ces nouvelles responsabilités. Et au cours des ans, notre capacité à répondre aux nouveaux besoins a été érodée, au point où nous nous retrouvons aujourd'hui avec un manque aigu de ressources tant matérielle qu'humaine.»
Finances
L’année dernière, le gouvernement provincial a décidé que le vérificateur général public allait vérifier les états financiers du CSFP. Si une firme comptable privée coûte plus cher, le vérificateur du gouvernement est plus lent. L'audit des états financiers a commencé début novembre et le CSFP attend toujours les résultats.
«Je me demande si le gouvernement avait le droit de faire ça ou pas?» demande-t-il, Brian Lee. «Je ne suis pas convaincu [et] je pense qu'il y a place à de longues discussions avec les politiciens», se poursuit-il.
Pour la deuxième année de suite, le CSFP présente un budget déficitaire, et ce, d’environ 125 000$. Peter Smith en cite deux raisons: «Le projet de soutien d'hébergement pour certains employés au Labrador pour 2024-25 [et] la transition qui est en cours pour les services comptables, parce qu'on doit faire appel à des consultants, ce qui est malheureusement très cher.»
«Un budget un peu plus serré que normal, mais quand même acceptable selon moi», résume-t-il.
Mais alors que le gouvernement provincial procède à un examen des procédures administratives et comptables du CSFP, ses services comptables et administratifs sont déjà «sous pression», dit Peter Smith. «Nous espérons que les conclusions de ces audits pourront servir de justifications pour l'investissement de plus de ressources dans nos services administratifs.»
En félicitant le travail de Selena Mell, ancienne directrice générale de l’éducation du CSFP, «qui a démontré des lacunes du programme des langues officielles en éducation [PLOÉ]», Michael Clair explique que «ce programme n'intègre aucunement le CSFP dans ses négociations ni sa gestion» et que «ceci va à l'encontre de la charte des droits et des libertés.»
Le PLOÉ fournit des fonds aux conseils scolaires et à d'autres organismes pour soutenir l'éducation en langue française. Les fonds proviennent de l'Entente Canada-Terre-Neuve-et-Labrador relative à l'enseignement dans la langue de la minorité et à l'enseignement de la seconde langue officielle.
«Nous devons donc communiquer à la ministre de l'Éducation notre insistance qu'un comité d'études soit créé pour voir comment nos droits constitutionnels pourraient être mieux reflétés dans un nouveau protocole régissant le PLOÉ», exprime-t-il.
Dans nos écoles
L'agrandissement de l'École Boréale à Happy Valley-Goose Bay, à laquelle le ministre des Transports et de l'Infrastructure, Fred Hutton, a rendu visite deux jours avant l’AGA, est une priorité pour le CSFP. «Nous sommes encouragés qu'une dépense sera allouée à ce projet dans le prochain budget provincial», affirme le président.
Lors de son passage au Big Land, le ministre a également visité l’École ENVOL à Labrador City. «Le gymnase de cette école ne rencontre pas les normes modernes, ce qui décourage certains parents d’y mettre leurs enfants», explique monsieur Claire. «Originalement une école primaire, nos élèves plus âgés ne peuvent pas jouer à des sports très populaires tels que le volleyball ou le basketball parce que le toit du gymnase est trop bas», ajoute monsieur Smith.
Les élèves qui fréquentent l'École ENVOL partagent cette année l’autobus avec les élèves anglophones à cause d'un manque de conducteurs. Situation qui risquerait de l’intimidation, s’inquiète Charly Mini, Brian Lee affirme que le CSFP en a parlé à la ministre de l’Éducation. «On a parlé des intimidations qui peuvent avoir lieu, on a parlé du fait qu'on se fait oublier parfois, on a parlé du fait que les élèves doivent quitter leurs cours 10 minutes avant la fin du cours pour se rendre dans l'autobus parce qu'elle a un horaire pour satisfaire les anglophones, on a parlé des élèves qui préfèrent y aller à pied - c'est bien correct ça au mois de septembre, mais c'est moins drôle au mois de janvier», résume-t-il. «C'est une situation qui selon moi est importante et qui se doit d'être réglée au plus vite.»
«On a l’argent», rappelle le président. «Il faut juste trouver des gens.»
À l’École Rocher-du-Nord (RDN), la deuxième priorité du CSFP, «la rénovation arrive finalement à leur fin», ajoute-t-il.
Du côté du personnel, «l'année 2023-2024 est une année de crise pour l'École Boréale à Happy Valley-Goose Bay en raison de manques catastrophiques d'enseignants», dit monsieur Smith. «Nous n'avons pas pu pourvoir à toutes les postes d'enseignement à l'École Sainte-Anne à La Grand’Terre non plus.»
Si le manque de financement public a constitué un obstacle à l'embauche d'enseignants dans le passé, cette fois-ci, «la faute, c'est qu'on a essayé de recruter et on ne pouvait trouver personne», précise le président. En plus de ces quatre nouveaux employés au siège social - soit de gestionnaire des ressources humaines, d'adjoint exécutif, de gestionnaire des communications et de technicien informatique -, le CSFP espère gagner les fonds pour de nouveaux postes en enseignement l’année prochaine «en raison d'une charge de travail trop grande», dit monsieur Smith. Au moment du dernier budget provincial, le CSFP a également demandé du financement pour un bureau central pour regrouper ses employés administratifs, qui travaillent actuellement au Centre scolaire et communautaire des Grands-Vents et à l’École Rocher-du-Nord. «Ces demandes nous ont été accordées en grande partie», dit monsieur Claire, assurant un suivi auprès du gouvernement.
Avec des espaces de prématernelle presque entièrement rénovés dans certaines écoles et une participation au lancement du nouveau programme de Communauté de vie et d'apprentissage francophone à l'Université Memorial, le CSFP espère voir une augmentation des inscriptions dans l’avenir. «Grâce au travail acharné de madame Laetitia Esponde, la gestionnaire de communication du CSFP, le CSFP occupe une place beaucoup plus importante dans les médias sociaux», ajoute monsieur Smith.
Les membres actuels du conseil scolaire attendent de nouvelles élections. Les dernières ont eu lieu en 2013. «Nous avons demandé que le vote soit fait par la poste au lieu de se présenter physiquement dans une école. Et peut-être que nos élections auront lieu en même temps que les élections provinciales qui semblent s'annoncer bientôt», espère Michael Clair, qui aimerait que les élections aient lieu avant juin prochain.
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Photo: 5 Wing Goose Bay
Photo: Wikimedia Commons
Caption: La dernière AGA du CSFP s'est déroulé à Happy Valley-Goose Bay.
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- Date de création 16 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 16 décembre, 2024