Langues officielles : une réforme fédérale qui plait en Acadie

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, a déposé le mardi 15 juin son très attendu projet de loi C-32 visant à moderniser la Loi sur les langues officielles du Canada. Ultimement, cela devrait permettre de renforcer la situation de la langue française au pays. Le projet de loi C-32 comporte des mesures bien accueillies en Acadie.
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Steve Legault

IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), l’organisme défenseur des droits des francophones au Nouveau-Brunswick, se dit très heureuse de voir que les demandes et les suggestions qu’elle a soumises au gouvernement fédéral ne sont pas tombées aux oubliettes.

«Nous sommes très contents puisque ça démontre que la ministre a été à l’écoute des demandes de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Presque l’ensemble de nos demandes a été écouté, donc c’est mission accomplie pour nous!» s’enthousiasme le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet, en entrevue avec le Moniteur.

Parmi ces demandes, on compte notamment la reconnaissance de la spécificité du Nouveau-Brunswick, la seule province bilingue du pays. «Cette reconnaissance-là se retrouvera dans le préambule et dans la partie VII de la Loi», ajoute le président de la SANB.

L’organisme a aussi demandé un renforcement du Commissariat aux langues officielles (CLO), dont le rôle est «de protéger les droits linguistiques et de faire la promotion du français et de l’anglais au sein de la société canadienne». Cette demande a également été exaucée d’après Alexandre Cédric Doucet.

La SANB n’a somme toute rien de négatif à dire sur le projet de loi C-32 pour l’instant.

Retard ou stratégie électorale?

Du côté de l’avocat spécialiste des droits linguistiques Michel Doucet, le discours est semblable : «Lorsqu’on regarde le projet de loi, ça répond à plusieurs attentes des communautés francophones et notamment de la communauté acadienne de l’Atlantique et du Nouveau-Brunswick. On retrouve énormément de choses qui ont été demandées par les communautés francophones, comme la nomination d’un juge bilingue à la Cour suprême, entre autres», affirme-t-il lors d’un entretien téléphonique.

Michel Doucet ne tarde toutefois pas à dire que le gouvernement fédéral a attendu trop longtemps avant de déposer ce projet de loi qui vise à moderniser la Loi sur les langues officielles. Il soutient que le fédéral «avait depuis longtemps en main des propositions et qu’il aurait dû agir beaucoup plus tôt».

Selon l’avocat, c’est à se demander si le gouvernement ne se sert pas de ce projet de loi pour se donner un poids supplémentaire en vue de potentielles élections fédérales, qui semblent attendre le pays à l’automne.

Si tel est le cas, Michel Doucet souligne qu’il faudra s’assurer que le projet de loi ne soit pas perdu de vue et que le prochain gouvernement puisse le proposer et le déposer à nouveau : «Le projet de loi pourrait mourir au feuilleton, comme on dit, donc il faudrait le représenter. Il faudra voir la priorité d’un tel projet dans un nouveau gouvernement», ajoute l’avocat.

La réforme au Nouveau-Brunswick

En parallèle de cette réforme de la Loi sur les langues officielles au niveau fédéral, le gouvernement du Nouveau-Brunswick est présentement engagé dans un processus similaire.

En février dernier, le Nouveau-Brunswick a nommé deux commissaires — Yvette Finn et John McLaughlin — qui seront chargés de réviser la Loi sur les langues officielles de la province.

Selon des dispositions comprises dans la Loi, sa révision est obligatoire et doit être complétée avant le 31 décembre 2021.

Pour l’instant, malgré que le processus ait pris du retard, le président de la SANB voit d’un bon œil les progrès réalisés au cours des derniers mois.

«Je dois dire qu’on maintient une communication très constante avec les commissaires. De notre côté, on va respecter les échéanciers qui ont été établis pour envoyer notre mémoire sur le sujet. D’ici la fin du mois de juillet ou le début du mois d’août, on va envoyer nos demandes», affirme Alexandre Cédric Doucet.

Il souligne qu’il sera intéressant de voir comment le dossier pourra évoluer d’ici la fin de l’année 2021 ; M. Doucet croit que le gouvernement provincial pourrait regarder vers les dernières actions du fédéral.

«Je crois que le gouvernement provincial doit regarder son grand frère au fédéral et peut-être prendre des notes», suggère le président de la SANB.

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Photos :

0620 IJL Moniteur Acadien_Projet C-32 LLO_Cr. Capture d'écran CPAC – Francopresse : La ministre responsable des langues officielles, Mélanie Joly. (Crédit : Capture d’écran CPAC – Francopresse)

0620 IJL Moniteur Acadien_Projet C-32 LLO_Michel Doucet_Cr. Courtoisie : L'avocat spécialiste en droit linguistiques Michel Doucet. (Crédit : Courtoisie)

0620 IJL Moniteur Acadien_Projet C-32 LLO_Alexandre Cédric Doucet_Cr. Courtoisie : Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet. (Crédit : Courtoisie)

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  • Date de création 25 juin, 2021
  • Dernière mise à jour 22 juin, 2021
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