L’Acadie en fête à Rollo Bay

La Voix acadienne - Le jeudi 15 août, la cérémonie d’ouverture officielle de la Fête nationale de l’Acadie a eu lieu à l’École La-Belle-Cloche à Rollo Bay, à l’est de l’Île-du-Prince-Édouard. Dans une communauté où beaucoup d’Acadiens ont perdu le français, cette célébration était placée sous le signe de la résilience.  

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

«Ces retrouvailles annuelles renouvellent ma fierté d’être Acadienne, partage Antoinette Perry, lieutenante-gouverneure de l’Île-du-Prince-Édouard. Chaque année, ça me redonne le courage de défendre le français que nos ancêtres nous ont transmis.»

Le jeudi 15 août, la Fête nationale de l’Acadie bat son plein à l’École La-Belle-Cloche à Rollo Bay. Une trentaine de personnes de tous les âges sont rassemblées pour célébrer «leur appartenance à l’Acadie», selon les mots d’Antoinette Perry. 

La représentante du roi invite les Acadiens à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir leur culture et sauver leur langue maternelle. 

«Nous devons prendre chaque occasion possible de parler en français, pour veiller à ce que la langue ne meure jamais», insiste-t-elle. 

Tina Peters-White, directrice par intérim du Comité acadien et francophone de l’Est (CAFE), se dit «très fière» d’accueillir la cérémonie d’ouverture officielle du 15 août. 

La responsable se souvient encore de l’époque où le centre scolaire-communautaire n’était pas assez grand pour accueillir de tels évènements.

«La communauté a tellement évolué depuis, on peut se vanter de ce qu’on est devenus», souligne celle qui habite à Souris depuis 22 ans. 

Aux yeux de la directrice générale de la SAF’Île, Isabelle Dasylva-Gill, les Acadiens de l’est de la province sont un modèle de «résilience». 

«Historiquement, ils ont perdu leur langue, mais ils sont fiers de leur héritage. Ils se sont battus pour que leurs enfants apprennent le français à l’école», salue-t-elle. 

«Ne jamais s’excuser» de son français 

Dans une zone «rurale et excentrée», Isabelle Dasylva-Gill estime qu’ils «font vivre l’Acadie et briller l’étoile encore plus fort».

«Ils sont peu nombreux, mais leur niveau d’engagement est excellent, ils investissent beaucoup de temps et d’efforts pour que le français retrouve sa place.»

À cet égard, Tina Peters-White compte multiplier les efforts de communication et de sensibilisation pour attirer plus de monde et changer l’image du CAFE.

«On est encore nouveau dans le paysage, les gens ne sont pas toujours à l’aise de venir, ils pensent que c’est pour les français alors qu’on accueille tout le monde», relate-t-elle.

À ses côtés, Charles Duguay insiste également sur les liens de l’Acadie avec les autres communautés : «Ne pas parler français n’empêche pas d’embrasser la culture acadienne, ça n’empêche pas d’avoir du respect et de bonnes relations.» 

«Il ne faut jamais s’excuser, car l’on pense que son français n’est pas assez bon», ajoute le président par intérim de la SAF’Île.

Un avis que partage Antoinette Perry, de retour du Congrès mondial acadien (CMA) en Nouvelle-Écosse : «Quels que soient nos accents, nos expressions ou nos tournures de phrases, ce qui importe c’est de parler, de communiquer, pour que la langue reste vivante.»

Charles Duguay, qui revient également du Congrès mondial acadien, estime que la Fête nationale de l’Acadie a une signification encore plus particulière cette année. 

«Avec ces gens qui viennent de partout, on se rend compte que l’Acadie dépasse les frontières géographiques, qu’elle rayonne à travers le monde et unit des communautés très diverses», affirme-t-il.

    

  

 

PHOTOS :  

1- De gauche à droite : Steven Woodman Lt (N) Aide-de-camp; Antoinette Perry, lieutenante-gouverneure de l’Î.-P.-É.; Robin Croucher, député de la circonscription 1 Souris-Elmira, Jo-Anne Dunphy, mairesse de Souris ; Allison Burns CAFE, présidente du Comité acadien et francophone de l’Est; Charles Duguay, président par intérim de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-prince-Édouard. (Photo : Marine Ernoult)

2- Tina Peters-White est très fière d’accueillir la cérémonie d’ouverture officielle de la Fête nationale de l’Acadie à Rollo Bay.

3- La troupe de l’artiste micmaque Julie Pellissier-Lush est venue donner un spectacle pendant la cérémonie d’ouverture.

4- Pour Isabelle Dasylva-Gill, les Acadiens de l’est de la province sont un modèle de «résilience».

5 et 6 - Le drapeau acadien est hissé au son de l’Ave Maris Stella.

 

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  • Date de création 19 août, 2024
  • Dernière mise à jour 19 août, 2024
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