• Version
  • Télécharger 29
  • Taille du fichier 1.21 MB
  • Nombre de fichiers 2
  • Date de création 1 décembre, 2021
  • Dernière mise à jour 1 décembre, 2021

La vaccination des enfants de 5 à 11 ans : un bénéfice supérieur au risque

La vaccination des enfants de 5 à 11 ans a débuté vendredi 26 novembre à l’Île-du-Prince-Édouard.  La province espère vacciner 80 % de cette tranche d’âge d’ici le printemps prochain.  Si certains effets indésirables sont montrés du doigt, le bénéfice reste indéniable.  D’autant qu’aucun enfant n’a eu de complications sévères depuis le début des injections aux États-Unis.

_______________________

Marine Ernoult

IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

 

 

 

Après les États-Unis et Israël, le Canada a donné son feu vert, vendredi 19 novembre, à la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, dans l’espoir de juguler la pandémie.  Il s’agit d’un vaccin pédiatrique développé par Pfizer-BioNTech: la dose fixée est trois fois moins élevée que pour les plus de 12 ans (10 microgrammes au lieu de 30 microgrammes).

Parmi les 2,9 millions de doses arrivées au Canada dimanche 21 novembre, l’Île-du-Prince-Édouard en a reçu 12 000 quelques jours plus tard, selon les déclarations de la médecin hygiéniste en chef Heather Morrison.  La vaccination a débuté le vendredi 26 novembre dans des cliniques désignées pour cette tranche d’âge à Summerside, mais aussi à O’Leary, Montague et Charlottetown.

La vaccination des élèves de la 4e à la 6e année sera également proposée dans les écoles dès le mois de janvier prochain.  La province souhaite ainsi injecter deux doses à plus de 80 % des enfants de 5 à 11 ans d’ici le printemps 2022.

Des données rassurantes 

Selon Pfizer-BioNTech, le vaccin serait efficace à 90,7 %, sept jours après la deuxième dose.  Et le laboratoire pharmaceutique n’a recensé aucun cas sévère de COVID-19 dans son essai clinique portant sur plus de 2 000 enfants.  Dès lors, tout l’enjeu est celui des potentiels effets secondaires.  Les chercheurs de Pfizer s’attendent à ce qu’ils soient moindres que chez les enfants plus âgés.

Pour le moment, les données communiquées aux autorités sanitaires américaines sont satisfaisantes.  Aucun événement indésirable grave lié à la vaccination n’a été comptabilisé dans les trois mois suivant la seconde dose chez les vaccinés, et les réactions au vaccin (maux de tête, douleurs à l’épaule, enflure, fatigue, etc.) ont été «légères» ou «modérées».  Mais la faiblesse de l’effectif engagé par le laboratoire (2 250 volontaires, dont 1 500 dans le groupe des vaccinés) ne permet pas de conclure quant à des réactions moins fréquentes.

Un effet indésirable rare, mais documenté des vaccins à ARN messager (ARNm) est néanmoins très surveillé : la myocardite.  Cette inflammation touchant le cœur provoque souvent des douleurs thoraciques de faibles à modérées, mais parfois asymptomatiques.  Les cas de complications rares existent, mais peuvent être soignés.

Risque de myocardite? 

Les autorités sanitaires américaines estimaient en juin 2021 la fréquence des cas de myocardite à 5,5 cas par million de secondes doses, tandis que des travaux israéliens publiés récemment ont relevé 21 cas par million de secondes doses, avec un risque plus élevé chez les hommes, notamment chez les 16-19 ans.

Toujours selon ces données israéliennes, les myocardites sont moins fréquentes chez les 12-15 ans.  Pfizer-BioNTech s’attend donc à observer encore moins de myocardites chez les moins de 12 ans.

Mais des travaux récents des chercheurs de l’université de Californie ont jeté le doute sur ce point en arrivant à des conclusions inverses.  Selon eux, aux États-Unis, les myocardites étaient plus fréquentes chez les garçons de 12-15 ans (162 cas par million) que chez les garçons de 16-17 ans (94 cas par million).

Le problème est que cette fréquence est, de fait, supérieure aux risques d’hospitalisation liés à la COVID-19 de cette même tranche d’âge.  Les auteurs estiment que ce surrisque est de quatre à six fois plus élevé par rapport aux hospitalisations prises en août 2021.  Si ces données étaient confirmées, elles pourraient remettre en cause le bénéfice individuel des vaccins pour les plus jeunes par rapport aux risques liés à la COVID-19.

Protéger l’ensemble de la population     

Une recherche de la revue Science est toutefois très explicite sur le bénéfice de la vaccination des enfants et l’absence de complications graves : «Près de 700 enfants sont morts de la COVID-19 [aux États-Unis], plaçant l’infection au SRAS-CoV-2 parmi les 10 principales causes de décès chez les enfants américains.  Aucun enfant n’est mort à cause de la vaccination».  Près de trois millions de petits Américains ont en effet déjà reçu au moins une dose, et aucun effet secondaire grave n’est à déplorer.

Une autre méta-analyse, qui détaille les risques liés aux vaccins, arrive aux mêmes conclusions.  Selon cette étude, plus de 90 % des cas rapportés de myocardite ou de péricardite (inflammations du cœur) touchent des hommes de 20 à 29 ans.  Environ un adolescent de 12 à 17 ans sur 7000 souffrira de myocardite dans les 30 jours suivant l’injection du vaccin de Pfizer.  Puis, environ 84 % de ces patients atteints de myocardite auront besoin d’être traités à l’hôpital lors d’un séjour de deux à quatre jours.  Ces troubles cardiaques se soignent généralement avec des anti-inflammatoires.

Les autorités scientifiques canadiennes se montrent également rassurantes.  Le vendredi 19 novembre, Santé Canada a affirmé que dans sa surveillance des effets secondaires du vaccin chez les petits, aucun cas de myocardite ou de péricardite n’a été signalé.

Si un suivi est nécessaire pour comprendre les effets secondaires à long terme des vaccins, ce à quoi s’attellent les autorités sanitaires canadiennes, il est clair que la vaccination des 5-11 ans permettra de réduire la circulation du virus et contribuera à protéger l’ensemble de la population.

 

 

 

-30-

 

 

 

Photos

 

La vaccination des enfants de 5 à 11 ans a débuté vendredi 26 novembre à l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo : Pexels)

 

Attached Files

FichierAction
La vaccination des enfants de 5 à 11 ans - un bénéfice supérieur au risque.docxTélécharger
vaccin_enfant.jpgTélécharger
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article