La session législative continue à l’Î.-P.-É., lentement mais sûrement

La session législative continue à l'Î.-P.-É., lentement mais sûrement

 La session exceptionnelle de l’Assemblée législative en est à son huitième jour. Cette deuxième semaine a été marquée par l’adoption du projet de loi du Parti vert sur les audits, d’une motion sur la vie privée et par une période de questions et réponses tendue entre les libéraux et le gouvernement.

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Laurent Rigaux

Initiative de journalisme local APF  Atlantique

«Ce gouvernement navigue à vue», lance Sonny Gallant, le 4 juin dernier, à l’endroit du premier ministre. Le leader par intérim du Parti libéral s’inquiète de l’imminence d’une dépression économique, un terme qu’il emprunte à Dennis King lui-même. Il demande des comptes, souhaite savoir quel est le plan du gouvernement.

Le premier ministre répond vertement : «Je ne sais pas sous quelle pierre vous vous êtes caché pendant les dernières semaines, mais le monde est à l’arrêt!» En référence à l’annonce faite par les libéraux avant la session voulant qu’ils ne collaboreront plus avec le gouvernement progressiste-conservateur, Dennis King s’exclame : «Nous serions heureux de travailler avec vous si vous vouliez nous donner des idées!»

«Le gouvernement rêve en Technicolor!»

Le libéral Gord McNeilly prend le relai en accusant le gouvernement de vouloir frapper les Insulaires au porte-monnaie au plus mauvais moment, avec le report du paiement des taxes foncières jusqu’à Noël. Remous dans le camp progressiste-conservateur : on entend Dennis King s’agacer de ces questions. «Si vous avez une meilleure date, donnez-la nous!», réplique Darlene Compton. La ministre des Finances s’exaspère lorsque les libéraux continuent leur charge, en s’inquiétant d’une morne saison touristique. «Il faudrait savoir, rétorque la ministre des Finances. Un jour, vous voulez fermer le pont, l'autre, vous voulez l'ouvrir!»

Deux jour plus tôt, le  2 juin, le libéral Robert Henderson critiquait les chiffres du gouvernement présentés dans le rapport sur sa réponse à la crise (dont l’examen n’est toujours pas terminé) : «Je pense que le gouvernement rêve en Technicolor s’il pense qu’il y aura le même taux d’emploi en octobre que l’année passée.»

Ce même-jour, le projet de loi sur les audits, donnant plus de pouvoirs au vérificateur général et défendu par Michèle Beaton des verts, a été adopté à l’unanimité. Il en a été de même pour une motion à l’initiative également du Parti vert pour protéger la vie privée et les données des citoyens, notamment en évitant l'usage d'application de traçage pour la COVID-19. Lors de l’examen de cette motion, Peter Bevan-Baker a provoqué quelques remous dans le camp du gouvernement. Le leader de l’opposition officielle a déclaré qu’il n’avait rien contre l’ouverture des frontières de l’Île, après avoir passé la semaine précédente à demander le contraire en ce qui concerne les résidents saisonniers.

Les horaires de l’assemblée, sujets de débat depuis 11 ans

Peter Bevan-Baker a aussi défendu en deuxième lecture un projet de loi visant à protéger les lanceurs d’alerte dans le secteur privé. Après quelques questions, le ministre de la Croissance économique Matthew MacKay a déclaré qu'il appuierait le texte. Une loi similaire existe déjà pour le secteur public depuis 2017 mais n’a pas encore été proclamée.

Vendredi, les députés ont débattu des horaires de l’assemblée. Les verts et une partie du gouvernement se positionnent pour une suppression des séances en soirée. D’autres députés  affirment que de siéger le soir permet aux Insulaires qui travaillent de regarder les débats. Les discussions sur ce sujet durent depuis 11 ans. En 2009, la coalition des femmes de l’Île-du-Prince-Édouard avait produit un rapport affirmant que ces séances du soir sont un frein à la parité hommes / femmes au sein de l’assemblée.

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PHOTOS : (incluant titre de la photo, légende et crédit du photographe ou courtoisie)

Photo-Gord McNeilly : Gord McNeilly justifie la pression mise par les libéraux : «Ce gouvernement doit être mis face à ces responsabilités. La collaboration est une chose, le leadership en est un autre. Je ne vois pas le gouvernement avoir ce leadership. Beaucoup d’argent a été dépensé et c’était important. On doit savoir ce qui va arriver maintenant.» (Photo Laurent Rigaux)

 

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  • Date de création 8 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 8 juin, 2020
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