La Saint-Jean-Baptiste délaissée par les jeunes Franco-Ontariens

Toujours fiers de leur langue et de leur culture francophone, les jeunes franco-ontariens délaissent cependant tranquillement la Saint-Jean-Baptiste au profit du Jour des Franco-Ontariens, célébré chaque 25 septembre.

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Par Sarah-Jeanne Tremblay
Le Droit - Réseau.Presse

La fête de la Saint-Jean sera plutôt tranquille cette année pour Xavier Léger et Marie-Claude Bisson, deux jeunes Franco-Ontariens engagés dans leur communauté. Les deux sont membres de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et seront en 12ᵉ année lors de la prochaine rentrée (l’équivalent, au Québec, de la première année de Cégep).

Xavier, originaire de Cornwall dans l’Est ontarien, célèbrera probablement l’anniversaire de son ami, né le 24 juin. Sa famille fait pourtant partie d’une fanfare qui a participé à de nombreuses parades de la Saint-Jean, notamment au Québec, au cours des années. Elle n'a cependant pas de plans de ce côté cette année. Marie-Claude, qui réside présentement à Ottawa, prévoit un souper de famille et regarder le spectacle à la télé.

«On ne considère pas la Saint-Jean comme une si grosse fête parce qu’on a aussi la journée franco-ontarienne le 25 septembre pour souligner la francophonie en Ontario. On n’a pas besoin de célébrer encore une fois, on est fiers de l’être toute l’année», révèle Xavier Léger.

Les francophones de l’Ontario célèbrent le Jour des Franco-Ontariens le 25 septembre, le jour où le drapeau vert et blanc a été hissé pour la première fois à l’Université de Sudbury. Même si la journée n’est officielle que depuis 2010, elle est célébrée par la population depuis beaucoup plus longtemps, selon Xavier, qui raconte que ses parents, nés dans les années 1980, célèbrent depuis avant sa naissance.

«Le 25 septembre a une signification beaucoup plus importante que la Saint-Jean pour moi.»

- Marie-Claude Bisson, étudiante d'Ottawa et future présidente de la FESFO pour 2025-2026.

«Je vois le 25 septembre comme une célébration de notre langue, de notre culture, mais aussi de tous les moments historiques qui ont mené au 25 septembre, comme la crise à Montfort, la guerre des épingles dans les écoles avec les sœurs Desloges - les choses qui ont permis qu’on puisse garder notre francophonie en Ontario et qui ont permis qu’on ne se fasse pas assimiler, parce que ça a toujours été une lutte», affirme Marie-Claude Bisson.

Signification de la Saint-Jean

Selon ces jeunes, beaucoup de Franco-Ontariens sont moins enclins à célébrer la Saint-Jean, puisqu’elle est souvent représentée comme étant la fête nationale du Québec.

«À cause que le Québec se l’est tellement appropriée, parfois c’est plus difficile de comprendre que, oui, la Saint-Jean c’est aussi important pour les autres provinces et qu’on a le droit de la célébrer»

- Marie-Claude Bisson

«On entend souvent dire que la Saint-Jean c’est la fête nationale du Québec que c’est LEUR journée, mais nous aussi, on a notre journée franco-ontarienne le 25 septembre - d’une certaine manière, on a comme laissé la Saint-Jean au Québec parce qu’ils l’ont appelée la fête nationale», ajoute Xavier.

Les deux jeunes reconnaissent toutefois la signification historique de la journée.

«C’est la première fête francophone pour tous les francophones – au fil des années, ça a perdu sa signification [en Ontario], mais si on retourne en arrière, ça a une signification importante parce que c’est là que tous les francophones se rassemblaient et célébraient ensemble», explique Xavier.

«Pour moi, la Saint-Jean, c’est une fête pour célébrer notre identité en tant que francophones et nous unir partout dans le pays parce qu’on partage tous la même langue», mentionne pour sa part Marie-Claude, la future présidente de la FESFO. «C’est célébrer l’héritage culturel qu’on a, continuer cet héritage culturel, mais en le modernisant pour faire en sorte que de nouvelles personnes qui entrent dans la francophonie canadienne se sentent incluses dans cette francophonie-là», dit-elle.

Moins de célébrations?

Selon les observations de Xavier Léger, du moins dans l’Est ontarien, il y a de plus en plus de publicité pour les évènements organisés dans le cadre du Jour des Franco-Ontariens, tandis qu’il y en a de moins en moins pour les évènements de la Saint-Jean-Baptiste.

Beaucoup d’évènements sont aussi organisés en Ontario en amont du 24 juin. «Pour nous, le gros festival, c’est le Festival franco-ontarien qui se passe la semaine d’avant», selon Xavier.

Outre ce festival à Ottawa, une grande célébration de la Saint-Jean se fait aussi dans la municipalité de Kapuskasing une dizaine de jours en avance. Cette année, pour la première fois en 25 ans, tous les billets ont été vendus.

La FESFO est l’organisme porte-parole des jeunes francophones de l’Ontario qui a pour but de défendre les intérêts de sa population, mais aussi d’organiser des évènements pour permettre aux jeunes franco-ontariens de s’épanouir en français.

Pour l’année 2025-2026, Marie-Claude Bisson sera la présidente de la FESFO et Xavier Léger sera le représentant de l’Est ontarien.

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PHOTOS 

Titre: LD_DrapeauFO | Selon ces jeunes, beaucoup de Franco-Ontariens sont moins enclins à célébrer la Saint-Jean, puisqu’elle est souvent représentée comme étant la Fête nationale du Québec. (Patrick Woodbury/Le Droit)

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  • Date de création 24 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 24 juin, 2025
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