La plupart des infirmières recevront 10 000$ d’ici la fin décembre

Le gouvernement Holt a annoncé les détails de sa promesse d’accorder des primes de rétention aux infirmières de la province. La plupart d’entre elles recevront 10 000$ d’ici la fin décembre, alors que d’autres paiements seront envoyés en janvier.

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Alexandre Boudreau

IJL – Réseau.Presse – Acadie Nouvelle - Atl

Les premiers paiements seront versés d’ici la fin de l’année aux infirmières qui travaillent dans les hôpitaux, pour Ambulance NB ou pour le programme Extra-Mural.

Celles qui travaillent dans le système de soins de longue durée recevront leur paiement en janvier. La plupart devront toutefois attendre qu’une entente soit conclue (voir plus bas). En totalité, le gouvernement s’attend à verser 9950 primes.

Cette mesure ne s’adresse qu’aux infirmières qui ont un poste permanent dans le système public, même si elles travaillent à temps partiel. Leur prime sera calculée au prorata des heures travaillées.

La première ministre a affirmé que ces paiements ne sont pas disponibles pour les quelque 500 infirmières qui travaillent sur une base occasionnelle (“casual”, en anglais), mais qu’elles peuvent recevoir une prime si elles obtiennent un poste permanent.

Des experts, y compris l’actuelle ministre de l’Éducation, Claire Johnson, ont déjà commenté dans le passé qu’une récompense monétaire temporaire n’est pas la clé de la rétention des infirmières. Il faut plutôt viser de meilleurs horaires et de meilleures conditions de travail.

L’économiste Didier Tatoutchoup, de l’Université de Moncton, juge qu’il s’agit d’une mesure qui aura un impact, mais seulement à court terme. L’attrait pour la profession dépend aussi d’autres facteurs, comme l’équilibre vie-famille, selon lui.

«On va revivre le même phénomène. Quand la prime se terminera, les infirmiers et infirmières seront tentés de quitter la province», dit-il.

Susan Holt a anticipé la question lors d’une séance virtuelle de questions et de réponses avec près de 600 infirmières.

«Nous savons que ce sont les conditions de travail qui doivent être améliorées, et on ne peut pas changer les conditions de travail en un instant. Alors on vous demande avec ce paiement de rétention de rester avec nous pour la prochaine année pour qu’on puisse améliorer les conditions de travail», a-t-elle affirmé.

Le coût de cette mesure sera plus élevé que la prévision des libéraux pendant l’élection, qui était de 74,3 millions $ cette année. Tout cela coûtera plutôt 83 millions $ au gouvernement.

«Cette somme comprend 23 millions $ qui étaient déjà prévus au budget ainsi qu’un montant supplémentaire de 60 millions $ qui a été ajouté à la masse salariale pour l’exercice financier 2024-2025», indique le gouvernement.

Pas toutes les infirmières, déplore l’opposition

Glen Savoie, chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, et David Coon, chef du Parti vert, déplorent tous deux le fait que les employées occasionnelles soient exclues de ces paiements de rétention.

«Le but ici est de maintenir les infirmières de toutes sortes en poste au N.-B., donc pour nous, il serait important d’assurer que toutes les sortes d’infirmières reçoivent les primes de rétention, sans exception», dit David Coon.

Glen Savoie estime que le gouvernement Holt rompt une de ses promesses électorales, puisque dans un document remis à Élections NB pendant l’élection, les libéraux faisaient une estimation de coûts pour remettre cette prime à «toutes» les infirmières.

«Ce qu’on a appris avec ce gouvernement jusqu’à maintenant, c’est que “toutes”, ça ne veut pas vraiment dire “toutes”», affirme-t-il.

Pensions: Susan Holt veut renverser des changements de Blaine Higgs

Cette prime s’adresse aussi aux infirmières qui travaillent dans les foyers de soins, mais avec une grosse exception. La plupart de ces infirmières (environ 1000) font partie du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui n’a pas encore signé une lettre d’entente avec la province pour permettre la distribution de ces primes. Pour l’instant, elles ne recevront donc rien.

Le SCFP indique qu’il ne peut pas signer cette lettre parce qu’il s’agirait d’une forme de négociation. Cela pourrait compromettre le litige entre le SCFP et la province qui porte sur une loi sur les pensions adoptée par le gouvernement Higgs.

«Aucune négociation n’était possible avec la province pendant la durée de la procédure judiciaire (cela inclut la signature de lettres d’ententes) tant que nous n’aurions pas reçu l’assurance écrite du GNB que la législation problématique serait abrogée», a indiqué le SCFP par courriel.

Cette loi adoptée force le transfert de certaines sections locales du SCFP à un autre système de régime de retraite qui est moins dispendieux pour le gouvernement. Le SCFP conteste ces changements devant les tribunaux depuis son adoption à l’Assemblée législative en 2023.

Susan Holt a affirmé, lors de cette réunion virtuelle avec près de 600 infirmières, qu’elle s’engage à révoquer cette loi.

«Nous devons régler les détails parce que c’est un acte législatif, donc nous devons aller à l’Assemblée et il y a des détails reliés à cela. Mais c’est un engagement que nous avons fait au SCFP et aux leaders syndicaux, et c’est notre intention», a-t-elle affirmé.

Susan Holt a dit vouloir continuer de travailler avec le syndicat pour que ses membres reçoivent les paiements de rétention. De son côté, le syndicat attend une confirmation écrite de cet engagement sur les pensions de la première ministre avant de signer la lettre du gouvernement sur la prime de rétention.

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Photo : Archives – Acadie Nouvelle

 

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  • Date de création 9 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 9 décembre, 2024
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