La pandémie a forcé des entrepreneurs à repenser leur mode de fonctionnement

La pandémie a forcé des entrepreneurs à repenser leur mode de fonctionnement

L’année 2020 aura été tout un défi pour les entreprises et les épreuves ne sont pas terminées. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), un réseau d’entreprises francophones, a mis l’épaule à la roue afin d’aider ses membres à traverser la tempête.

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Normand A. Léger

Initiative de journalisme local – APA – Atlantique

Le nouveau directeur général du Conseil, Gaétan Thomas, est en place depuis quatre mois et il n’a pas ménagé temps et énergie pour consulter les membres, les dirigeants des municipalités et les chambres de commerce du Nouveau-Brunswick francophone afin de connaître les enjeux des petites et moyennes entreprises, qui forment environ 80 pour cent des membres de l’organisme.

«J’ai un bon défi, mais je suis aussi une personne d’action qui cherche et propose des solutions, souligne Gaétan Thomas. Le secteur de l’industrie touristique, surtout dans le Nord et le Nord-Ouest, a été durement touché en ce temps de pandémie parce que ces régions misent beaucoup sur le Québec et/ou les États-Unis. Avec des frontières fermées, cela a beaucoup réduit le trafic touristique. Le programme de passer ses vacances au Nouveau-Brunswick a été très bien accueilli, mais a surtout profité aux régions de la Péninsule acadienne, du Sud-Est et du Sud.»

Les disparités régionales entre les milieux urbains et ruraux sont aussi au cœur des efforts du CENB en vue de trouver des solutions. C’est un sujet de l’heure dans la province.

«Plusieurs personnes ont été forcées de travailler de leur domicile durant certaines phases de la pandémie et le retour dans les grandes tours à bureaux dans les centres-villes n’est peut-être pas la solution, ajoute-t-il. Il faut cependant qu’il y ait un service d’Internet à haute vitesse disponible partout, pas seulement dans les milieux urbains. On a vu du développement dans ce dossier dernièrement pour favoriser ce service partout dans la province. On peut aussi bien travailler de sa maison dans un milieu rural qu’urbain si les services sont présents. Cela contribue à une économie plus forte avec moins d’achalandage dans les centres-villes.»

Le conseil économique veut développer des solutions durables afin qu’il y ait des collectivités fortes partout dans la province, ce qui contribuera à une économie vigoureuse à long terme dont la société a besoin pour payer les nombreux services que les résidentes et résidents attendent de leur gouvernement. Modifier les habitudes d’achat, encourager les gens à acheter des produits locaux et pousser les entrepreneurs à offrir plus de produits et services en ligne font partie des solutions proposées par le CENB.

«En période de pandémie, les gens se sont tournés vers l’Internet pour bien des achats,  précise Gaétan Thomas. Plusieurs de nos entrepreneurs ont profité de la pandémie pour repenser leur mode de fonctionnement et trouver des solutions afin de pouvoir économiser, produire et vendre plus de produits. Ils se sont aperçus qu’ils pouvaient améliorer leur production en éliminant certaines pratiques. Ils ont pu produire davantage tout en améliorant la qualité. En octobre, notre activité économique était à 97 pour cent de ce qu’elle était avant la pandémie. C’est certain que c’est moindre avec le retour de trois grandes régions en phase orange, mais cela démontre qu’on est capable de se relever en prenant le temps de réfléchir à nos opérations.»

Plusieurs compagnies ont développé un site Web favorisant la vente de leurs produits durant la pandémie. Si cinq pour cent du chiffre d’affaires des grandes entreprises sur le Web était redirigé vers les compagnies locales, cela créerait 9 000 emplois durables dans la province tout en contribuant des millions de dollars à l’économie locale, selon les données du CENB. Les petites et moyennes entreprises étaient campées dans leur mode de fonctionnement et la crise les a forcées à repenser leurs opérations, à envisager l’automatisation et la robotisation de certains secteurs et à penser à exporter plus de produits.

«Je peux dire que tous les intervenants que j’ai rencontrés sont favorables à trouver des solutions et à travailler ensemble pour propulser notre économie, mentionne le directeur général. Nous devons travailler ensemble pour créer l’environnement propice aux affaires dans toutes les régions de la province.»

Gaétan Thomas insiste : la situation de la pandémie force à agir ainsi. «La promotion d’Explore NB et le site Internet de vente de produits du Nouveau-Brunswick ont aidé à sensibiliser les gens à l’importance d’appuyer nos commerces locaux. Il faut continuer dans cette vague et innover. Par exemple, le secteur de la pêche embauche un grand nombre de travailleurs étrangers et pour conserver notre compétitivité avec les usines du Québec, il faut regarder aux robots qui sont présents dans la province voisine. Cela ne devrait pas influencer le nombre d’emplois pour les gens locaux.»

Le directeur général se donne trois axes principaux d’action pour le moment : développer un plan de gestion de ressources naturelles durables (agriculture, pêche, foresterie); être la voix des petites et moyennes entreprises au gouvernement pour développer des opportunités d’affaires et les outils nécessaires; la robotisation et les ressources humaines avec l’immigration francophone pour attirer plus de main-d’oeuvre francophone partout dans la province. Il cherche aussi à améliorer les relations de travail avec les agences gouvernementales afin d’influencer certaines politiques relatives au monde des affaires.

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Images :

Photo Gaétan Thomas

Logo du Conseil économique.

 

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  • Date de création 30 novembre, 2020
  • Dernière mise à jour 30 novembre, 2020
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