La FRAP soutient les élèves en difficultés académiques

La FRAP soutient les élèves en difficultés académiques

Depuis 2010, la Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP) est présente dans les écoles d'Edmonton et du nord de l'Alberta. Grâce au programme Espace Étude, de nombreux élèves de la 1re année à la 12e année bénéficient d'un soutien académique. Aujourd'hui, son coordonnateur des Services d'établissement dans les écoles, Yic Camara, s'inquiète.

Arnaud Barbet

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

Financé par le gouvernement fédéral, ce programme l'était aussi par la province. Hors, il y a deux ans, ce budget a disparu. « Il était alors ouvert à tous les élèves et pas seulement “aux éligibles” », entendons par là nouvellement arrivés avec le statut de résident permanent, explique Yic Camara.

Dès lors, le Conseil scolaire Centre-Nord a pris la relève afin de pallier ces pertes. « Cette aide facilite le recrutement de tuteurs et d'autres professeurs et pérennise cet accompagnement à d'autres élèves, peu importe leur situation civile », affirme-t-il, tout en insistant sur l'aspect vital de cette collaboration.

Et pourtant, un vent d'incertitude souffle sur le programme. Ainsi, Yic Camara évoque l'après-pandémie, le gel du budget de l'éducation, l'augmentation des élèves, les suppressions de postes, « de nombreux facteurs de risque », selon lui. « Le Conseil Centre-Nord est lui aussi victime des coupes budgétaires. Ma crainte, à l'avenir, c'est de ne plus pouvoir soutenir les élèves non “éligibles” ».

Le soutien académique, un service essentiel

« Dire non à un élève qui aurait besoin de soutien, c’est crève-cœur ! », clame-t-il. Les prévisions de rentrées sont si floues que Yic Camara ne peut que s'interroger sur la pérennité de ce soutien académique inclusif.

Contacté par téléphone, le directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord, Robert Lessard, semble rassurant. « Le travail effectué par la FRAP est essentiel. L'appui et le bonus qu'ils offrent à nos élèves sont incontestables. On compte sur eux ! », explique-t-il.

Néanmoins, « il va falloir revisiter les besoins, valider nos dépenses et voir comment travailler différemment avec nos partenaires. L'aide aux devoirs est-elle un poste de dépenses essentiel ? Présentement, tous les secteurs de l'éducation réfléchissent à faire les choses différemment » indique-t-il, en soulignant les difficultés budgétaires et l'aspect imprévisible de la future rentrée scolaire.

M. Lessard assure donc qu'il compte sur la FRAP comme partenaire de premier choix, sans exclure « des modalités différentes, des besoins redéfinis. Il faudra trouver les programmes les plus efficaces ». Aujourd'hui, il affirme que tous les élèves en demande profitent d'un soutien scolaire de « première classe » et que cela continuera, « peu importe la forme ».

Des pistes à développer

Anne-Marie C., maman de la jeune Esther-Marie, 12 ans, assure que depuis le confinement, le programme de soutien académique répond mieux aux besoins de sa fille. « À l'école, les enfants étaient en groupe. Ma fille est timide, elle n'osait pas poser de questions. Devant son écran, seule avec le professeur, la communication est réelle », explique-t-elle.

La maman d'Esther-Marie a aménagé un espace dédié dans le salon. « Nous sommes chanceux ! Esther-Marie peut travailler au calme. Cependant, j'avais quelques difficultés à l'épauler. Ce programme a été un “Ouf!” de soulagement », dit-elle avec gratitude. Un travail individuel, plébiscité par de nombreux parents, est devenu une « piste de réflexion » souligne Robert Lessard.

Des défis, des réussites et des questions

Yic Camara est très fier de son équipe. Il réalise le travail qui a été fait, et ce, dès le début de la pandémie. « Grâce à la collaboration des enseignants, des tuteurs, mais aussi des parents, l'aide au devoir est devenue un moment de collaboration facilité par l'aspect virtuel de la situation », raconte-t-il.

Il s'enthousiasme sans omettre les défis d'une telle adaptation rapide. Il a fallu agir vite.       « Ici, dans les prairies et le sud de l'Alberta, nous avons recruté des enseignants sans emploi. Ils bonifient notre offre quelques heures par semaine », explique-t-il. Ce renfort a ses atouts, mais aussi ses limites.

« Avec les cours en ligne et l'augmentation du nombre de professeurs, nous avons limité notre ratio : un professeur pour deux élèves au secondaire, un pour un au primaire (quatre habituellement) ». Un ratio qui, selon lui aussi, bénéficie aux élèves « encore faut-il qu'ils aient les outils technologiques pour en profiter et que nous puissions à l'avenir avoir autant de personnel enseignant… »

Partenaire essentielle pour Robert Lessard, la FRAP répond aujourd'hui aux besoins de 92 élèves du Conseil scolaire Centre-Nord et des écoles d'immersion à Fort McMurray (Conseil catholique de Fort McMurray et Conseil scolaire des écoles publiques de Fort McMurray). Ils sont notamment 24 professeurs à répondre présents pour un budget total de 55 000 $ pour cette année fiscale, un budget lui aussi en baisse.

-30-

Photo 1: Travailleur en établissement dans les écoles, Ngena Ali-Ebenga, supervise ses séances de tutorat. Crédit: courtoisie FRAP

Photo 2: Cours de soutien effectué par Lambert Dzuno. L'élève profite d'être seul avec son professeur pour une meilleure communication. Crédit: courtoisie FRAP

Photo 3: Le coordonnateur des Services d'établissement dans les écoles pour la FRAP, Yic Camara. Crédit: courtoisie FRAP

Photo 4: Esther-Marie Rosaire est en 7e année à l'école Alexandre-Taché à Saint-Albert et profite du programme Espace Étude. Un soutien académique qu'elle et sa maman apprécient.

-30-

 

  • Nombre de fichiers 5
  • Date de création 2 juin, 2020
  • Dernière mise à jour 2 juin, 2020
error: Contenu protégé, veuillez télécharger l\'article