La culture en serre de plus en plus répandue

Avant même que l’administration Trump ne nous fasse prendre conscience de l’importance de développer notre autonomie alimentaire, l’Ontario était déjà le chef de file canadien de la culture en serre. Et la tendance ne fait que s’accentuer.

 

Jean-Marc Dufresne

IJL – Réseau.Presse – Agricom

Ainsi, les plus récentes données de Statistiques Canada révèlent que la superficie totale de culture en serre au pays a augmenté de 4,0% par rapport à 2023 pour atteindre 33,3 millions de mètres carrés en 2024. Près des deux tiers de la superficie de la culture en serre au Canada se trouve en Ontario (63,9%). Viennent ensuite la Colombie-Britannique (18,5%) et le Québec (10,7 %). La majorité des serres ontariennes sont situées dans le sud de la province.

Plus de serres, plus de production

L’étude révèle toutefois que la culture en serre reste majoritairement consacrée aux fruits et légumes traditionnels: ensemble, les tomates (31,6%), les poivrons (30,3%) et les concombres (29,6%) ont représenté la majorité des fruits et des légumes cultivés en serre en 2024. Ces trois produits ont conservé leur position de tête, malgré la croissance des superficies consacrées aux fraises (+8,1%) et à la laitue (+8,0%).

Les ventes de tomates, de poivrons et de concombres se sont accrues de 8,5% pour s'établir à 2,5 milliards de dollars en 2024. Les tomates, les poivrons et les concombres ont été à l'origine de 91,9% de la valeur totale à la ferme de l'ensemble des fruits et légumes de serre, qui s'est chiffrée à 2,7 milliards de dollars.

La superficie de culture en serre consacrée aux fruits et aux légumes au Canada s'est accrue de près de 1 million de mètres carrés pour atteindre 23,4 millions de mètres carrés en 2024. À l'échelle nationale, 70,0% de la superficie en serre a été utilisée pour la culture de fruits et de légumes.

Besoin d’aide

Bien que la culture en serre ait le vent dans les voiles, le développement de ce type de culture pour englober des fruits et légumes “exotiques” ne peut véritablement se faire sans un soutien financier des gouvernements, estime Richard Lee, directeur général de l’Ontario Greenhouse Vegetable Growers.

« La taxe carbone a coûté 30 millions aux agriculteurs. C’est dommage de voir qu’on pénalise les agriculteurs au lieu de trouver les moyens de les encourager, en créant des programmes incitatifs par exemple. »

Une autre forme d’appui gouvernemental pourrait, selon lui, inclure une vitrine internationale de la production canadienne afin d’aider l’industrie à développer de nouveaux marchés autres que les États-Unis. « Une culture en serre de 50 acres peut nourrir trois fois notre voisin du sud parce que la production en milieu contrôlé est beaucoup plus élevée qu’en extérieur », dit-il.

L’agriculture en serre contribue de manière significative à l’économie. Selon Statistiques Canada, en 2024, les dépenses d'exploitation des serres se sont accrues de 4,3% pour atteindre 4,0 milliards de dollars. Les hausses des dépenses en électricité (+8,3%) et des dépenses en matériel végétal (+8,0%) ont contribué le plus à l'augmentation.

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Légende photo 1 : La culture en serre n'a jamais été aussi populaire en Ontario.

Légende photo 2 : Richard Lee estime que l'aide gouvernementale sera nécessaire pour permettre la recherche et le développement des cultures en serre.

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  • Date de création 30 avril, 2025
  • Dernière mise à jour 12 mai, 2025
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