La conférence ACT BIG connaît un bon succès

La Voix acadienne - Quelque 40 présentateurs de conférences et de causeries et plus de 100 participants de l’Île-du-Prince-Édouard, mais aussi du Canada ont convergé vers Charlottetown pour la conférence ACT BIG sur le revenu de base garanti, organisée par le PEI Women’s Network et de nombreux partenaires.  

Jacinthe Laforest / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne - ATL

Étalée sur deux jours, les 5 et 6 juin, la conférence ACT BIG sur le revenu de base garanti a permis à de nombreuses personnes de faire le point sur le chemin que l’idée a parcouru depuis qu’elle est en circulation.  

À de nombreuses reprises, l’Île-du-Prince-Édouard, à cause de sa taille, a été identifiée comme étant l’endroit idéal pour démarrer un programme pilote universel dans toute la province de revenu de base garanti.  

Invitée à prendre la parole lors d’un panel ouvert au grand public, le jeudi 5 juin, l’agricultrice Lauren King a indiqué à quel point un revenu de base garanti serait précieux pour le secteur agricole, et pour encourager les jeunes à démarrerdes petites fermes, sans craindre de perdre leur chemise et sans avoir à travailler 15 heures par jour pour réaliser leur rêve.  

«À notre ferme, notre rêve c’est d’avoir du temps et de l’énergie pour faire des conserves, pour prendre soin de nos parents vieillissants, pour voir des amis.  Vous vous dites que ce ne sont pas des rêves inatteignables, et pourtant, dans l’état des choses, ils le sont parfois», a expliqué Lauren King.  

Lauren King affirme que l’avènement d’un revenu de base garanti transformerait l’agriculture et surtout, les petites fermes.  «On a cette impression que le travail de cueillette sur la ferme ne requiert pas de compétences précises, alors que nous passons des journées à former les nouveaux employés.  Pour nous, un employé qui revient est un grand cadeau, car il connaît le travail.  Cependant, c’est relativement rare, car après la saison, ils vont ailleurs.  Avec un revenu de base garanti, ils pourraient considérer d’autres options.»

Carlie Howell se construit une carrière d’artiste multi-instrumentiste. «Je suis toujours en attente du prochain contrat, du prochain coup de téléphone.  Et d’un jour à l’autre, je ne sais pas ce qui va se passer.  Malgré l’incertitude, je dois être constamment au sommet de mon art, être toujours prête, et cela demande du temps.  Lorsque j’ai un engagement, par exemple, pour un événement de deux heures dans une soirée, je suis payée pour ces deux heures, et pas pour tout le temps que j’ai mis à me perfectionner, à écrire mes chansons, etc.  C’est certain qu’un revenu de base garanti aiderait les artistes à faire leur travail qui est de faire de l’art», dit-elle. 

L’artiste affirme aussi que de jeunes artistes sans expérience sont parfois obligés d’accepter des conditions de travail peu valorisantes «en attendant de percer».

«Je suis certaine que si les artistes avaient le choix de refuser des conditions de travail abusives, ils le feraient, et cela transformerait l’industrie, car les programmateurs seraient obligés de s’ajuster», dit Carlie Howell.  

Pour sa part, Mike MacDonald travaille dans le secteur des banques alimentaires.  Chaque jour, il voit des gens qui n’ont pas les moyens d’acheter de l’épicerie.  «Pour eux, la crise est constante, et pas seulement pendant une pandémie ou quand il y a des ouragans.  C’est certain que nos clients seraient parmi les premiers avantagés par un système de revenu de base garanti», dit Mike MacDonald.

Rappelons qu’en 2016, le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard a adopté à l’unanimité une résolution visant à faire avancer le dossier du revenu de base garanti.  

Les bienfaits d’un BIG (Basic Income Garanteed) seraient d’éliminer la pauvreté, de réduire les iniquités salariales, augmenter l’égalité des genres, promouvoir la réconciliation, permettrait aux gens de faire face à un mode automatisé et où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, et soutiendrait les gens qui font face aux événements climatiques et qui sont affectés par la transition énergétique.  

«Les personnes qui s’opposent au revenu de base garanti disent que cela coûterait cher.  Ils ne se demandent pas combien cela coûte de ne pas avoir de revenu de base garanti», a insisté Jillian Kilfoil, directrice générale du Women’s Network, principal organisateur de la conférence ACT BIG.

 

       

PHOTOS :  

1- Lors du panel sur les impacts que le revenu de base garanti aurait sur divers secteurs économiques, on voit, de gauche à droite, Carlie Howell, artiste multi-instrumentiste, Lauren King, agricultrice et Mike MacDonald, du secteur des banques alimentaires à l’ÎPÉ.  Le panel était animé par Alexia Riche, directrice générale du Réseau du secteur communautaire de l’ÎPÉ.  Ce panel ouvert au public se tenait dans le cadre de la conférence ACT BIG sur le revenu de base garanti.  (Photo : Jacinthe Laforest)

2- Jane Ledwell du Conseil consultatif sur la situation de la femme à l’ÎPÉ et Jillian Kilfoil, du Women’s Netmork, sont convaincues des nombreux avantages d’un système de revenu de base garanti.  (Photo : Jacinthe Laforest)

3- Carlie Howell, Lauren King, Mike MacDonald et Alexia Riche.  (Photos : Jacinthe Laforest)

 

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  • Date de création 10 juin, 2025
  • Dernière mise à jour 10 juin, 2025
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