La communauté tissée serrée de Jasper

Une quinzaine de membres de la communauté francophone de Jasper se sont rassemblés le 9 juin dernier à l’invitation de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale lors du passage de la rédaction dans la ville. Ils ont profité de l’occasion pour témoigner de leur réalité, exprimer leurs besoins et revenir sur l’élan collectif qui continue de faire vivre la francophonie locale. 

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Gabrielle Audet-Michaud

IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO

Les enseignants de l’École Desrochers étaient plusieurs à répondre présents, comme ils ont l’habitude de le faire lors des activités de l’ACFA régionale de Jasper. Pour Marie-Claude Faucher, directrice de l’établissement scolaire, cette participation va de soi : les deux entités francophones sont «tricotées serrées». En plus d’être situées à peine à deux minutes à pied l’une de l’autre, c’est l’école qui a, en quelque sorte, redonné vie à l’ACFA locale après son ouverture en 2002.

«On a toujours été fusionnelles. D’ailleurs, c’est nous qui avons poussé pour rouvrir l’ACFA [régionale]. Toutes les activités qu’on voit aujourd’hui, c’était l’école qui les prenait en charge au départ. C’est nous qui organisions la cabane à sucre, les soirées francophones…», raconte-t-elle.

Cette implication visait avant tout à faire rayonner la francophonie hors des murs de l’école. Car si le français était bien vivant dans les salles de classe, il devenait presque invisible une fois la cloche sonnée. «Les élèves vivaient la francophonie dans l'école, mais, dès qu'ils en sortaient, ils ne se projetaient pas dans un futur en français parce que la langue n’était pas vivante ailleurs», explique-t-elle.

Une francophonie active

Avec le temps, les rôles se sont clarifiés. L’ACFA régionale a élargi son offre d’activités, s’est dotée d’une employée et d’un conseil d’administration, tandis que l’école a pu se recentrer sur sa mission première, tout en conservant un lien étroit avec la communauté. «Éventuellement, on s’est dégagés de la partie administrative. Mais on a encore un grand sentiment d’appartenance. L’ACFA [régionale] a besoin d’exister pour mon école», affirme Marie-Claude Faucher.

Et depuis mars 2023, Émilie Cadoret Langley est à la tête de l’ACFA régionale de Jasper. Elle se dit toujours touchée par l’engagement du personnel scolaire dans les initiatives communautaires. «C’est notre bras droit. La francophonie locale prend vraiment vie grâce à l’école, aux enseignants, aux élèves, aux parents», souligne-t-elle.

L’élan dépasse toutefois le cadre scolaire. Artisans, entrepreneurs, artistes et autres membres de la communauté participent avec enthousiasme aux activités proposées. Lors du plus récent 5 à 7, plusieurs sont d’ailleurs venus faire un tour.

«On organise beaucoup d’événements. Un peu moins l’été, quand les gens sont plus occupés, mais on a une communauté extraordinaire. Chaleureuse, engagée, unie. On est comme une grande famille», affirme la directrice de l’ACFA régionale.

La vitalité de la francophonie à Jasper attire même des artistes venus de l’extérieur. Sylvie Pinard, basée à Calgary, était en résidence à la galerie d’art de Jasper, située dans le même bâtiment que l’ACFA régionale, lors du passage de la rédaction. Pour l’occasion, l’artiste avait même laissé la galerie ouverte pour permettre aux participants de découvrir son univers.

«J’aime travailler les textures et mon ancien métier m’inspire constamment», confie cette ancienne professeure de géologie. Depuis 2015, elle se consacre à sa pratique artistique à temps plein, tout en assumant une approche modeste. « Est-ce que je vends beaucoup? Pas vraiment. Je ne fais pas assez de promotion », conclut-elle en souriant.

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  • Date de création 11 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 11 juillet, 2025
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