La communauté d’Embrun se lève pour la survie de sa salle communautaire

La population d’Embrun se manifeste pour que la future bibliothèque ne remplace pas la salle communautaire Camille Piché. Leur unique salle de rassemblement est un symbole historique pour la communauté. Ils souhaitent garder cette salle tout en ayant une nouvelle bibliothèque, dont on parle depuis longtemps.

Charles Fontaine

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

Lorraine Dicaire, membre de sept associations et ancienne conseillère municipale, s’est adressée au conseil municipal le 2 mai dernier pour soulever l’importance pour les citoyens et citoyennes de garder la salle communautaire Camille Piché. De nombreux citoyens étaient présents au conseil pour appuyer cette cause.

Le conseil prévoit de convertir leur unique salle communautaire en bibliothèque. Présentement, la bibliothèque est trop petite selon la communauté. Les membres du conseil de Russell planifient de transformer la salle communautaire actuelle en bibliothèque, qui serait beaucoup plus grande que la présente. La nouvelle salle communautaire fait partie des plans du complexe récréatif, dont la construction devrait débuter à l’automne 2023.

Rassemblement pour la communauté

La salle Camille Piché a été inaugurée en 1974 et a été entièrement financée par la communauté. «Ça a été bâti par la communauté et il y a eu beaucoup de bénévolat à cet endroit», soutient Jean-Yves Autiste, citoyen présent lors de la réunion du conseil.

La députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, est du même avis. «Je comprends l’urgence et la priorité de trouver un bon emplacement pour la bibliothèque, mais ça doit être le bon emplacement. En ce moment, ça enlève un lieu de rassemblement pour la communauté et ce lieu en plus d’être populaire, il est très important pour les gens. Ça a une valeur, parce que ce sont les bénévoles qui l’ont bâti. C’est clair qu’on ne peut pas enlever à la communauté leur lieu de rassemblement», souligne l’ancienne conseillère municipale de Russell présente à la réunion du conseil.

Cet endroit est utilisé pour de nombreux évènements qui rassemblent la communauté comme des mariages, des bingos, des soirées du Jour de l’An, des graduations de finissants, etc.

«Ça a toujours été le noyau de nos rencontres. C’est un endroit où les gens ont appris à vivre ensemble à cause de nos évènements. Ce centre a permis de faire rayonner notre culture francophone depuis des années, alors il nous tient à cœur», soutient Lorraine Dicaire.

Le maire du Russell, Pierre Leroux, relève quant à lui que la salle n’est pas aussi utilisée qu’auparavant. «L'utilisation a diminué avec les années. On n’a pu les mariages et les grandes fêtes qu’on avait dans le temps. La salle fait 7500 pieds carrés et ce n’est pas tout le monde qui a besoin d’une salle aussi grande. [...] Avant, les gens devaient louer la salle pour un mariage deux ans à l’avance. En 2018, je pense qu’il y a trois mariages dans la grande salle. Ce n’est plus l’utilisation qu’il y avait avant.»

Temporaire ou non?

Les discussions concernant l'ajout d'une nouvelle bibliothèque traînent depuis des années à Russell. La présente bibliothèque publique francophone qui est installée dans le pavillon La Croisée de l'école élémentaire catholique St-Jean depuis 2011 était censée être une solution temporaire. Pendant la construction de la nouvelle salle communautaire et de la future bibliothèque, les citoyens doutent que le temps sans salle de rassemblement soit court.

«Je vais dire que depuis dix ans, la bibliothèque ne répond pas aux besoins des francophones. C’est tout petit dans une école. Ils nous ont dit que c’était “temporaire”, mais le “temporaire” dure presque dix ans. Alors on n’a pas confiance quand on nous dit qu’on va nous arranger une salle», lance Mme Dicaire.

«Même si on dit que c’est juste “temporaire”, on l’a vu ce que ça veut dire “temporaire”. Ça fait des années que la bibliothèque est temporairement dans une école. On veut s’assurer qu’on n’a pas de vide pendant des années», ajoute Mme Simard.

Dans le plan du futur complexe récréatif, la salle communautaire aura la possibilité d’être divisée en trois parties ou d’être ouverte complètement pour les grands évènements. Après qu'un ingénieur ait confirmé que les planchers de la salle Camille Piché étaient assez solides pour accueillir tous les livres de la bibliothèque, la prochaine étape pour le conseil est d’établir les plans de construction ainsi qu’un échéancier.

Le maire Leroux n’a toutefois pas l’intention de laisser la communauté sans salle de rassemblement. «Pour moi, on peut attendre que la nouvelle salle soit construite avant qu’on aménage la bibliothèque. Mais ça sera une décision au sein du conseil.»

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Photos

La population d’Embrun se manifeste pour que la future bibliothèque ne remplace pas la salle communautaire Camille Piché. (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Amanda Simard, députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell. (Étienne Ranger, Archives Le Droit)

Pierre Leroux, maire de Russell. (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

  • Nombre de fichiers 4
  • Date de création 4 mai, 2022
  • Dernière mise à jour 4 mai, 2022
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