La chambre de commerce Cap-Acadie perd son directeur général
La Chambre de commerce de Cap-Acadie a supprimé quatre postes, dont celui du PDG. Elle blâme la réforme de la gouvernance locale et affirme que les nouvelles responsabilités de la commission des services régionaux la placent dans une «situation précaire».
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Il y a deux ans, la Chambre de commerce Cap-Acadie (CCCAcadie) avait le vent dans les voiles. Elle avait même annoncé la tenue d’un nouveau festival gastronomique. L’Escapade Cap-Acadie devait se tenir à la Plage de l’Aboiteau en septembre 2023, mais les conditions climatiques liées aux ouragans en avaient forcé le report en juillet 2024. Finalement, le festival n’a jamais eu lieu.
L’hiver dernier, l’organisme avait franchi le cap des 200 membres et semblait tenir bon dans le contexte d’une autre tempête, celle de la guerre tarifaire avec les États-Unis. Son président-directeur-général, Anthony Azard, avait chanté une variante de La mélodie du bonheur lors du gala des Barachois.
Aujourd’hui, son cœur n’est plus à la fête.
Lundi 16 juin, la CCCAcadie a informé ses membres qu’une réduction substantielle de son financement par la Ville régionale de Cap-Acadie la plaçait dans une situation financière délicate. Le conseil exécutif de la Chambre a pris la décision d’abolir le poste de PDG ainsi que trois emplois étudiants.
Dans ce courriel dont le Moniteur acadien a obtenu communication, le conseil exécutif de la Chambre se déclare entièrement engagé à servir ses membres. Il évalue actuellement toutes les options disponibles pour stabiliser l’organisation.
«Nous explorons toutes les avenues possibles pour restaurer notre Chambre active à sa pleine capacité opérationnelle tout en maintenant notre mission principale de soutenir et de défendre nos membres», a écrit la présidente du conseil d’administration, Natalie Cormier.
La réforme de la gouvernance locale au banc des accusés
Par ailleurs, Mme Cormier a tenu à préciser que la municipalité, qu’elle a qualifiée d’alliée et de partenaire remarquable, n’était pas en cause dans la décision déchirante qu’elle a dû prendre.
Elle a plutôt jeté le blâme sur la réforme de la gouvernance locale qui a donné aux commissions de services régionaux des compétences qui viennent empiéter sur les siennes.
«La situation actuelle serait bien différente si la réforme de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick avait considéré les chambres de commerce, dont la nôtre, comme un partenaire dans la livraison de programmes et d’initiatives pour favoriser le développement économique local et régional», a-t-elle souligné.
Elle a ajouté que, sans le recours par la Ville à son service de rédaction de demandes de subvention, FOCUS Solutions, dont elle a fait profiter ses 200 membres, «la Chambre aurait subi les effets négatifs de la réforme de la gouvernance locale bien avant aujourd’hui.»
La CSR compatit et demeure ouverte à la collaboration
La Commission de services régionaux du Sud-Est s’est dite attristée d’apprendre les difficultés auxquelles la CCCAcadie fait face. Marc-André Chiasson, responsable des communications de l’organisme, rappelle que le rôle de la CSR est de coordonner les initiatives de développement économique régional qui profitent à toutes les municipalités.
Dans un message qu’il a adressé au Moniteur acadien lundi midi, il précise que la CSR ne finance pas les chambres individuelles. Celles-ci sont indépendantes et soutenues par leurs membres et, le cas échéant, par leurs administrations municipales. La CSRSE ne ferme pas la porte à des partenariats.
«Nous restons ouverts à la collaboration avec toutes les parties prenantes, y compris les chambres, afin de poursuivre des intérêts communs pour le progrès économique de la région du Sud-Est», a-t-il écrit.
La principale victime de cette réduction de personnel, Anthony Azard, a commenté la situation sur son réseau social jeudi.
«Depuis la réforme de la gouvernance locale, nous avons travaillé d’arrache-pied pour maintenir la pertinence de la Chambre dans notre écosystème économique. Nous avons frappé à toutes les portes et proposé des solutions. Malgré nos grands succès, les conditions n’étaient plus là pour assurer une viabilité à long terme.»
Marc Henrie, un consultant de Saint-Paul-de-Kent, l’a encouragé avec un brin de philosophie.
«Un écosystème en constante évolution vient avec des bouleversements! Il faut célébrer les succès, apprendre de nos expériences et surtout garder vers l’avant», lui a-t-il écrit.
Le Moniteur acadien a demandé à la Chambre de commerce Cap-Acadie dans quelle mesure la perte de son PDG allait affecter concrètement ses opérations, et quelle en serait éventuellement l’incidence sur le Gala annuel des Barachois, les récompenses décernées par la Chambre aux entreprises de l’année.
Nous avons également demandé à consulter les états financiers de la CCCAcadie des trois dernières années. Aucune réponse ne nous a été adressée avant le bouclage du journal.À présent, Anthony Azard tourne son regard vers l’avenir.
«Ce n'est pas une fin, mais une transition. Une période pour réfléchir, me recentrer, et, je l'espère, continuer de contribuer autrement, avec la même passion, à ce qui me tient à cœur: le développement de nos communautés, et le pouvoir des idées quand elles sont portées ensemble... véritablement ensemble.»
-30-
Photo
Titre : Anthony
Légende : Anthony Azard
Crédit : Courtoisie
- Nombre de fichiers 2
- Date de création 25 juin, 2025
- Dernière mise à jour 25 juin, 2025