La canicule, source de stress chez les animaux
Juillet aura été marqué par des pics de chaleur intense. Si le mercure a connu une baisse ces derniers jours, l’été n’est pas terminé et d’autres épisodes de chaleur intense sont à prévoir. Or, les animaux de la ferme ne sont pas bien équipés pour y faire face.
Jean-Marc Dufresne
IJL – Réseau.Presse – Agricom
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a émis un bulletin spécial rappelant aux éleveurs que la chaleur et l’humidité peuvent affecter les animaux, particulièrement durant le transport. « Les animaux se rafraîchissent par l’évaporation à l’aide des poumons, par halètement; de la peau, par transpiration; en se plaçant à l’ombre ou sous un abri; et en favorisant la circulation d’air autour de leur corps », indique-t-elle, en rappelant que les porcs et les oiseaux ne peuvent pas transpirer.
Les signes de stress
Selon l’organisme, il importe de savoir reconnaître les signes de stress thermique chez les animaux. Ceux-ci incluent « l’agitation ou la léthargie, des vocalisations plus fréquentes, une respiration profonde par la gueule (ou le bec), une respiration rapide, haletante; la transpiration (chevaux et bovins), une peau rouge et tachetée ainsi que des symptômes de déshydratation (pli cutané persistant, gencives sèches, yeux creux) ».
Vétérinaire pour les Services Vétérinaires de L'Est ontarien, Caroline Pasquier a recensé quelques cas de vaches souffrant de stress thermique dans sa clientèle. « Ce sont souvent des vaches en pâturage, qui se sont couchées dans le champ. Même à l’ombre, la température devient trop élevée. Dès qu’il fait plus de 20 degrés, la vache est susceptible de ressentir un stress. »
Dans un tel cas, l’injection de fluides par intraveineuse, si on intervient à temps, peut permettre à l’animal de se rétablir. Dans les étables, les conditions sont généralement bonnes, constate-t-elle: « Il faut entre 60 et 90 changements d’air à l’heure et si on utilise un brumisateur, on doit aussi prévoir une bonne ventilation pour que la peau humide puisse sécher. On passe aussi à une nourriture plus riche puisque par grandes chaleurs, les bovins ont tendance à moins manger et donc, la fertilité et la production de lait sont affectées. »
Il semble également que chaque animal peut réagir différemment à la chaleur. Certains facteurs augmentent le risque de stress thermique dont la taille de l’animal, son état corporel (mince, gras), son âge, si la bête est en lactation (elle nécessite davantage de liquide), s’il s’agit d’une femelle gestante ou d’un animal au pelage épais qui procure un effet isolant.
On doit aussi tenir compte du degré d’humidité dans l’air, qui peut accentuer le stress thermique. Quand le taux d’humidité est faible, la sueur s’évapore facilement parce qu’il y a de la place dans l’air pour d’autres molécules de vapeur d’eau, ce qui n’est plus le cas quand le taux d’humidité dans l’air est élevé.
Mieux vaut prévenir
Comment donc s’assurer de protéger les animaux du stress thermique, particulièrement lors du transport par temps chaud? L’ACIA recommande d’évaluer chaque animal avant de l’embarquer. Il convient aussi de planifier l’itinéraire et l’horaire, afin de réduire les temps d’arrêt et d’attente; coordonner les activités le long de la chaîne d’intervenants, et évidemment, savoir quoi faire lorsque les animaux subissent un stress thermique.
En route, il importe de voyager hors des heures les plus chaudes de la journée ou lors de conditions humides. Il faut prévoir une bonne ventilation de la remorque et éviter la brumisation, qui peut créer un effet de sauna. Le transporteur aura soin de stationner le véhicule dans des zones ombragées lorsqu’il est arrêté, incluant lors des pauses de la conductrice ou du conducteur et en période d’attente en vue du débarquement des animaux.
« Lors du transport, la densité de bêtes par mètre carré de plancher est plus élevée que dans une grange et la ventilation peut être défaillante. Il faut être particulièrement vigilant », conclut Caroline Pasquier.
-30 –
Légende photo 1 : La canicule force les éleveurs à porter une attention particulière au bien-être des animaux, surtout durant leur transport.
Légende photo 2 : La vétérinaire Caroline Pasquier a dû intervenir auprès de vaches souffrant de stress thermique en pâturage.
- Nombre de fichiers 3
- Date de création 23 juillet, 2025
- Dernière mise à jour 25 juillet, 2025