La bilinguisation de Stephenville se poursuit
Du financement provincial et municipal pour bilinguiser la Ville de Stephenville honore ses racines et la prépare pour accueillir encore plus de francophones à l'avenir.
John Babb
IJL - Réseau.Presse - Le Gaboteur - ATL
Lors d’une réunion du conseil municipal le 26 octobre 2023, la Ville de Stephenville a déclaré son intention d’élargir la place de la langue française dans la vie publique. Depuis cette date, la Ville se plonge dans une campagne pour proclamer son histoire acadienne et pour embrasser sa francophonie actuelle.
Environ un an après cette déclaration, le gouvernement provincial a annoncé un financement de 8750$ pour la mise en place d’un programme de bilinguisation. Michael Ratter, gestionnaire de développement communautaire et économique de Stephenville, affirme que la Ville va égaler cette subvention. Ces 17 500$ vont financer des initiatives telles que la bilinguisation des panneaux routiers, la mise en place d'un module de traduction sur le site Web de la Ville et même l’installation de l’art de rue.
Racines et avenir
Le programme de bilinguisation à Stephenville soutient une population d’expression française historique et actuelle. «Nous étions une communauté française-acadienne qui a mélangé avec les mi'kamqs autochtones, et nous étions très affluents, je dirais, [et avait] beaucoup de compétences. Mais tout a changé avec la construction de la base aérienne des États-Unis [...] et c'était à ce moment quand nous avons commencé à perdre notre culture», explique le maire de la Ville, Tom Rose, lui-même fils d’une mère franco-terre-neuvienne.
«[La langue française] est ici depuis à peu près 150 ans, alors nous savons que nous voulons ramener quelque chose, et cela n’arrive pas du jour au lendemain», résume-t-il.
La population de Stephenville anticipe une expansion alors que l'économie de la région grandit. Le mégaprojet de conversion d’énergie éolienne en hydrogène de World Energy GH2, projet Nujio’qonik, peut précipiter une explosion démographique dans la région, et la Ville se rend compte que certains de ces travailleurs pourraient avoir besoin de plus de services dans la langue officielle minoritaire. «Pendant que Stephenville grandit comme une ville cosmopolite— nous avons plusieurs projets économiques en préparation à ce moment», affirme le maire. «Nous pensons qu’il y aura plusieurs personnes de l’Europe qui considéreront déménager à Stephenville en fait», mentionne-t-il. «Une des langues dominantes en Europe est le français, alors je pense que, sachant qu’ils viennent à une partie du Canada [avec des services en] anglais et français, cela nous aide beaucoup à retenir et attirer des professionnels.»
Si la compagnie World Energy GH2 a annoncé fin novembre dernier retarder l’exportation d'hydrogène vert vers l'Europe parce que le marché ne soit pas suffisamment développé, le projet Nujio’qonik, qui comprend environ 600 éoliennes et une plante de conversion, va toujours de l’avant. La compagnie envisage maintenant un «campus» d’énergie renouvelable dans la région, où l’énergie des éoliennes alimenterait un centre de données destiné aux entreprises d’intelligence artificielle.
Francisation par l’éducation
L'accès à l’éducation francophone est toujours un intérêt pour Stephenville. L’année passée, la Ville a déclaré son intention à collaborer avec la Fédération des Francophones de Terre-Neuve et du Labrador et le Conseil scolaire francophone provincial pour trouver un espace convenable pour une école francophone dans la Ville, ainsi que pour une garderie et un centre communautaire francophone. Cependant, la logistique de ce projet reste un défi. «Nous sommes encore dans une situation de découverte pour cela, car nous avons, en général, un grand besoin pour les places des garderies», note monsieur Ratter. «Nous allons [chercher] des consultants pour faire une étude de faisabilité pour nous», ajoute-t-il. «Nous n’avons pas de terrain qui serait aussi grand pour une garderie, centre communautaire et école francophone. [...] Nous considérons toutes nos options, parce que nous avons peu de terre dans notre infrastructure actuelle. Alors jusqu'à ce que nous élargissions notre infrastructure, nous sommes dans une situation difficile.»
Entretemps, les écoles anglophones de la Ville proposent le programme d’immersion en français. Les adultes à Stephenville peuvent aussi bénéficier des cours de français au campus de baie Saint-Georges du College of the North Atlantic. Grâce à l’Entente Canada-Terre-Neuve-et-Labrador relative aux services en français, ce dernier est disponible gratuitement.
Regardant le futur, la Ville de Stephenville espère demander plus de financement du gouvernement provincial l’année prochaine, que la Ville égalisera, et espère travailler avec des groupes francophones provinciaux et dans la région atlantique pour continuer à soutenir la population locale d’expression française.
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Photo: blue sign with flags
Photo: Courtoisie
Caption: Les nouveaux panneaux routiers à Stephenville. Le drapeau à gauche honore la communauté Mi’kmaq de la Ville, alors que le drapeau à droite souligne son histoire acadienne.
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Photo: Courtoisie
Caption: Six parmi les sept membres du conseil municipal de Stephenville, avec le drapeau acadien au fond. Au deuxième rang du gauche au droit: conseiller Darren Roberts, mairesse adjointe Susan Fowlow, conseiller Maurice Hynes. Au premier rang du gauche au droit: conseillère Laura Aylward, maire Tom Rose, conseiller Tom O’Brien. Absente: conseillère Myra White.
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- Date de création 3 décembre, 2024
- Dernière mise à jour 3 décembre, 2024