Keystone XL : le secteur pétrolier semble résigné

Keystone XL : le secteur pétrolier semble résigné

L’annulation du projet controversé d’expansion de l’oléoduc Keystone XL par l’administration Biden a entraîné une perte importante d’emplois syndiqués en Alberta. Alors que les Albertains veulent que le fédéral continue à se battre pour ce projet qui devait transporter du pétrole des raffineries de Hardisty en Alberta vers des raffineries du Texas, les entreprises pétrolières semblent déjà s’être résignées.

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Marie-Paule Berthiaume

Initiative de journalisme local – APF - Ouest

 «Si la décision d’abolir le permis de Keystone n’était pas inattendue, elle est incroyablement décevante. [...] Ce projet aurait été bon pour l’Alberta et le pays tout entier», indique le directeur des communications et des relations de Building Trades Alberta, Tyler Bedford. Il explique que le projet de l’oléoduc Keystone XL (KXL) se voulait un modèle sur la façon dont les pipelines devraient être construits en permettant la création de bons emplois, en protégeant l’environnement et en favorisant l’inclusion des autochtones.

TC Énergie venait de signer un accord, en novembre 2020, avec une coalition de Premières Nations de l’Alberta et de la Saskatchewan et Natural Law Energy. «De plus, indique Tyler Bedford, un accord pour construire des projets d’énergie renouvelable tout au long de la route KXL avait été signé. Là encore, la participation des autochtones — de la formation, aux emplois, aux investissements — aurait bénéficié à un certain de leur communauté.»

Tyler Bedford ne cache pas que son organisation attendait avec impatience l’opportunité de s’entretenir avec l’administration Biden pour démontrer les nombreux mérites de KXL. De plus, il rappelle que «les revenus générés par le projet auraient profité à tous les Canadiens. En aurait également découlé de bons salaires, des prestations de santé pour les travailleurs et leurs familles et des heures donnant droit à pension pour les personnes employées dans la construction de KXL à travers le pays.»

L’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), dont le siège social est basé à Calgary, s’est également dite déçue par la décision dans un communiqué. «[L’initiateur du projet de] l’oléoduc Keystone XL, construit selon des normes modernes et sûres, s’était engagé à atteindre des émissions nettes nulles. Après avoir fait l’objet d’un examen réglementaire approfondi, le projet avait satisfait toutes les exigences. Il avait également reçu le soutien d’un large éventail de parties prenantes, des gouvernements fédéral, albertain et saskatchewanais, en plus de mener à une alliance avec les autochtones.»

L’Alberta visait augmenter sa capacité d’exportation du pétrole pour l’offrir à meilleur prix et stimuler une économie provinciale défaillante. Le gouvernement de Jason Kenney a déclaré que les 1,5 milliard de dollars de l’argent des contribuables avaient été dépensés.

 

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  • Date de création 9 février, 2021
  • Dernière mise à jour 10 février, 2021
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