«Je trouve que c’est important que, eux, ils peuvent parler à quelqu’un»
Des élections municipales auront lieu à travers la Nouvelle-Écosse, ce 19 octobre, notamment dans les régions acadiennes. Dans la municipalité régionale d’Halifax, la représentation des Acadiens et francophones se concrétise à sa façon, soit par le tissage de liens et le réseautage, mais aussi en se faisant des allié(e)s.
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Jean-Philippe Giroux
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Lara Cusson, candidate pour devenir conseillère du District 9, est propriétaire de trois entreprises à Halifax et a organisé dans le passé des activités pour la communauté francophone d’Halifax.
«J’ai toujours été ouverte à les recevoir pour des évènements, des collaborations, et je tiens à continuer à les encourager», mentionne-t-elle.
Du même district, Josh Beitel, un anglophone originaire de Montréal avec plus de 20 ans d’expérience en entrepreneuriat à son actif, se lance en politique municipale pour représenter sa région, Halifax West Armdale.
Il raconte avoir fait une partie de ses études en français, ce qui lui a permis de découvrir la communauté francophone de manière plus large. Arrivé à Halifax en 2015, il a décidé d’inscrire son fils au Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) pour qu’il soit bilingue, ce qui lui a permis de se mettre en contact avec des membres de la communauté.
De son côté, Jean St-Amand, candidat du District 16 avec plusieurs années d’expérience dans le domaine du volontariat, se considère un allié de la communauté francophone. Il a fait de l’immersion française, lorsqu’il était plus jeune, pour avoir une compréhension des deux langues officielles.
Aujourd’hui, il dit qu’il n’est pas aussi fluide en français, puisque son entourage est anglophone, mais qu’il est important pour lui de soutenir la communauté francophone.
«Nous avons des poches de communautés francophones qui s'établissent à proximité des écoles (du CSAP) qui sont des parties actives de notre communauté, dit M. St-Amand, y compris ici même dans District 16 [...] ces communautés prennent de l'expansion. Au cours des dernières semaines, j'ai rencontré un grand nombre de personnes qui recherchent plus de ressources, plus de soutien, plus de liens.»
Mme Cusson abonde dans le même sens. La communauté francophone d’Halifax grandit rapidement et, selon la candidate, il faut plus de représentants francophones dans les maritimes. «Je tiens à rester une porte-parole, une oreille pour comprendre les obstacles qui se passent dans la communauté et comment on peut grandir.»
Ayant été lui-même une minorité linguistique au Québec, M. Beitel explique que les anglophones de Montréal trouvent souvent que «la province veut réduire les façons d'interagir» en anglais au quotidien, ce qui nuit à l’épanouissement de la communauté.
«Nos droits sont pas nécessairement protégés de la même façon, dit-il. Alors ici, à Halifax ou en Nouvelle-Écosse, je comprends, de l’autre bord, où il y a des francophones ici, il y a des communautés qui ont été ici depuis des centaines d’années, qui ne se voient pas nécessairement représentées au sein de la machinerie, dans le système.»
«Alors, je trouve que c’est important que, eux, ils peuvent parler à quelqu’un, qu’il ait quelqu’un qui va parler pour eux.»
Pour aider les francophones de la capitale, Mme Cusson est d’avis qu’il faut plus de programmes et d'activités bilingues afin de continuer à encourager la francophonie en Nouvelle-Écosse.
Le Haligonien Gilles Lebrun précise que, d’expérience, la politique municipale est accessible, même si les conseillers(ères) ne sont pas d’expression française. Il y a par exemple divers évènements pour la francophonie organisés par l’hôtel de ville et, selon lui, la porte du maire est ouverte.
En gardant contact avec les organisations francophones comme le Conseil communautaire du Grand-Havre, l’accès aux politiciens se maintient, dit M. Lebrun.
Il a lui-même assisté à diverses réunions avec des conseillers(ères) pour des évènements comme la Semaine de la francophonie, où il y avait beaucoup de politiciens à la table. «Il faut qu’ils soient ouverts à connecter, qu’ils gardent les contacts avec les organismes qui représentent la communauté francophone.»
Et à l’issue de la journée, il y a d’autres enjeux rassembleurs à considérer. Pour M. Lebrun, ce qui le préoccupe, c’est, entre autres, la situation du sans-abrisme à Halifax, qui, dit-il, devient de plus en plus préoccupante.
Les candidat(e)s interviewé(e)s par Le Courrier ont mentionné que le transport en commun et la congestion des routes, l’accès au logement et la multiplication des infrastructures urbaines sont des enjeux cruciaux pour le bienêtre de l’ensemble de leur communauté.
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- Date de création 18 octobre, 2024
- Dernière mise à jour 19 octobre, 2024