Influx de dons – et de clients – à la banque alimentaire pendant les Fêtes
Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse - Tribune : la Voix du Nipissing Ouest
La Banque alimentaire de Nipissing Ouest a constaté un élan de générosité pendant les fêtes de fin d'année, mais elle a vu aussi une croissance des demandes d’aide. Heureusement, les nombreux dons provenant de diverses sources permettent à l'organisme de continuer à répondre à une demande de plus en plus forte tout en absorbant les hausses de prix des denrées alimentaires. Selon Don Clendenning, administrateur de la banque alimentaire, l'organisme a reçu environ 18 000$ en dons entre la mi-novembre et la fin du mois de décembre, une période où les gens se sentent particulièrement généreux.
Parmi les donateurs, on compte la Police provinciale de l'Ontario (PPO) et le ministère des Richesses naturelles et des Forêts (MRNF), qui ont tous deux organisé une collecte d'aliments juste à l'extérieur des épiceries de Sturgeon Falls. La PPO a organisé sa campagne annuelle «Remplir une voiture de patrouille» le 19 novembre, recueillant 2 467,55$ en espèces, en plus d'une voiture remplie de denrées alimentaires. Quelques semaines plus tard, le 7 décembre, la campagne du MRNF a permis de recueillir 1 558,70$ en plus d’aliments. Le 3 décembre, le Rotary Club de North Bay a remis un chèque de 4 000$ à la banque alimentaire. De plus, le 17 décembre, la section 225 de la Légion royale canadienne a présenté 1 000$, et Alouette Bus Lines et son syndicat ont ajouté 400$. Enfin, le 20 décembre, la Taverne de Lavigne a accueilli le groupe musical Bilinguish Boys, qui s’est produit à guichets fermés, remettant les 1 617,05$ en recettes de la vente de billets à la banque alimentaire.
M. Clendenning mentionne également une augmentation des dons d’organismes et de particuliers tout au cours de la semaine précédant Noël. «Ce sont tous ceux qui frappent à la porte et nous remettent un don. Beaucoup de gens m'appelaient et, en raison de la grève des postes, me demandaient où ils pouvaient déposer leurs dons. Je leur disais alors que je serais à la banque alimentaire, et 3, 4 ou 5 personnes arrivaient avec un chèque de 50 ou 100 dollars,» décrit-il. Il souligne un don du Club d’âge d’or de Sturgeon Falls et un don de 1 000$ des Filles d'Isabelle, reçus juste avant Noël. «Tout s'additionne pour faire un beau total,» dit M. Clendenning avec gratitude.
Les dons sont d'autant plus appréciés que la banque alimentaire fait face à une forte augmentation du nombre de clients, ce qui indique clairement une conjoncture économique difficile. Selon M. Clendenning, le fait d'avoir pu recueillir autant de fonds à un moment où l'inflation frappe durement tout le monde est un signe que la générosité n'a jamais été aussi grande dans le Nipissing Ouest. «C'est très encourageant, surtout en cette période de l'année. Nous allons à l'épicerie et nous savons que nous aurons un minimum de 150 personnes à la porte. Eh bien, on va à l'épicerie et l’on achète pour 150 personnes. Nous dépensons probablement environ 3 500$ pour chaque jour de distribution,» estime-t-il.
Or, même ces chiffres élevés continuent à grimper. Le jour de la distribution du 4 décembre, les bénévoles ont servi 145 clients, ce qui, selon eux, représente environ 338 personnes nourries si l'on compte le nombre total des membres de chaque ménage. Puis, le 18 décembre, M. Clendenning indique que 177 personnes sont venues à la banque alimentaire, ce qui représente environ 400 personnes nourries au total. Selon lui, ces chiffres montrent que la banque alimentaire de Nipissing Ouest sert un plus grand nombre de clients par habitant que les banques alimentaires des grands centres. Puis il souligne que deux banques alimentaires de Toronto fermaient leurs portes récemment. «Il n'y a pas assez de dons et beaucoup trop de monde,» déplore-t-il.
Selon lui, ce qui sauve l’organisme local, ce sont la générosité de la communauté et la méthode de distribution. «Nous ne pouvons pas contrôler le nombre de personnes qui viennent, car c'est l'économie et je ne peux rien y faire. Mais la façon dont nous gérons les choses, c'est que les gens viennent, font leurs courses et prennent ce dont ils ont besoin,» explique-t-il, contrairement à d'autres banques alimentaires qui se contentent de préparer des sacs de nourriture avec un contenu fixe. «Parce qu'ils peuvent choisir, plutôt que de recevoir une boîte pleine de choses pré-choisies, nous utilisons moins de stock,» ajoute-t-il. En outre, cette méthode de «shopping» à la banque alimentaire donne aux bénévoles une bien meilleure idée des aliments populaires, leur permettant d’acheter les articles les plus en demande. «Nous n'achetons pas des produits qu'ils n'aiment pas ou dont ils ne veulent pas. Nous essayons d'utiliser l'argent, les dons, à bon escient. Cela semble fonctionner,» affirme M. Clendenning.
Cette méthode apporte un autre avantage, en créant une atmosphère plus accueillante et réduisant la stigmatisation et la honte qui accompagnent le fait de dépendre de la banque alimentaire. M. Clendenning raconte que les clients ont même hâte de venir simplement pour voir les bénévoles et discuter avec eux. «Je pense que la façon dont nos bénévoles se comportent et agissent avec les clients les met à l'aise. Nous nous amusons, nous rions. C'est une expérience agréable,» décrit-il, ajoutant qu'il y a probablement encore une certaine appréhension de la part des clients à devoir utiliser la banque alimentaire, «mais une fois que vous êtes ici, et que quelqu'un rit avec vous, ça marche.»
Grâce à l’influx de dons pendant les fêtes, M. Clendenning dit que la banque alimentaire a les moyens de tenir le coup pendant quelques mois encore. «Nous travaillons généralement sur une base de deux à trois mois. Si rien d'autre n'arrive, c'est notre durée de vie,» déclare-t-il. Il reste néanmoins optimiste. «Sur le plan opérationnel, je pense que nous allons nous en sortir. Ce sera difficile; nous devrons peut-être étirer chaque dollar, nous devrons peut-être réduire un peu les denrées,» prévient-il. Toutefois, il s'empresse de préciser qu'ils ont le luxe de pouvoir réduire les produits non essentiels comme les bonbons et les barres chocolatées si cela s'avère nécessaire, plutôt que de réduire les denrées essentielles et nutritives.
En fin de compte, la banque alimentaire dépend entièrement de dons, ce qui la met dans un état de précarité constante, mais des périodes comme celle-ci permettent de croire qu'elle peut relever les défis qui l'attendent. «La communauté a toujours été à la hauteur de nos attentes. Ce qu'elle fait pour la banque alimentaire et d'autres groupes qui essaient d'aider, c’est incroyable; le soutien est là,» reconnait M. Clendenning, toujours confiant.
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Des membres de la Police provinciale de l’Ontario, le personnel du No Frills de Sturgeon Falls et des bénévoles de la banque alimentaire de Nipissing Ouest ont recueilli des dons de nourriture et d'argent pour soutenir la banque alimentaire pendant la période des fêtes. Ce n'est qu'un des nombreux dons reçus pendant la période des fêtes, qui ont totalisé environ 18 000 $ selon l'administrateur Don Clendenning.
Crédit photo : Courtoisie
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- Date de création 9 janvier, 2025
- Dernière mise à jour 9 janvier, 2025