Incendies de navire : «des risques systémiques», dit le Bureau de la sécurité des transports

La Voix acadienne - Le mercredi 23 juillet, le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a rendu ses conclusions sur l’incendie qui s’était déclaré en 2022 à bord du traversier NM Holiday Island. Le rapport révèle des lacunes en matière de sécurité et conduit l’agence fédérale à lancer une enquête nationale sur les questions de sécurité incendie à bord des bateaux. 

 

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne 

Le mercredi 23 juillet, le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a publié son rapport sur l’incendie du 22 juillet 2022 à bord du traversier NM Holiday Island, qui fait la navette entre l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse. 

«Une pulvérisation de carburant sur les composants chauds du moteur a déclenché l’incendie», indique l’enquêteur principal et analyste de la sécurité maritime du BST, Étienne Séguin-Bertrand, en conférence de presse. 

Selon l’organisme indépendant, alors qu’une pièce d’équipement était en rupture de stock, l’exploitant du navire, Northumberland Ferries Limited, aurait tenté de réparer temporairement le système d’injection de carburant. 

«L’enquête a permis de déterminer que sur une période d’un mois, alors que le navire restait en service, une série de réparations du système d’injection de carburant ont été effectuées à l’aide de matériaux non standards et de méthodes non conformes», rapporte Étienne Séguin-Bertrand. 

En outre, l’équipage n’a pas réussi à activer le système d’extinction des incendies dans la salle des machines, ce qui a permis au feu de s’accroître. 

Ne pas confondre «la chance avec l’état de préparation»

Lorsque le feu a été détecté, l’équipage a coupé les moteurs et fait échouer le traversier sur un banc de sable à proximité du port de Wood Islands. Les 236 passagers ont été évacués en toute sécurité. 

En dépit du déploiement de nombreux pompiers, l’incendie a brûlé jusqu’au lendemain après-midi. C’est probablement l’infiltration d’eau dans la salle des machines, «qui a joué un rôle clé dans l’extinction des flammes», fait remarquer Étienne Séguin-Bertrand.

Deux jours plus tard, le traversier a été déclaré perte réputée totale et envoyé à la démolition. 

Aux yeux du président du BST, Yoan Marier, le succès de l’intervention d’urgence est dû avant tout à des «circonstances heureuses, mais imprévues» : «Lorsque l’incendie s’est déclaré, le navire était près du terminal, il faisait jour, la météo était gérable, la mer était calme et les secours étaient à proximité.»

«Mais nous l’avons déjà dit et nous le répétons : il ne faut pas confondre la chance avec l’état de préparation aux situations d’urgence», poursuit-il.

Le responsable estime que l’incident à bord du NM Holiday Island met en lumière «des risques systémiques plus vastes liés aux incendies de navire.»

L’enquête de l’agence fédérale a notamment révélé une certaine «incertitude», selon les mots de Yoan Marier, entourant le rôle de la personne légalement responsable de la sécurité d’un navire.

Un partage des responsabilités flou

Dans le cas du NM Holiday Island, le ministre fédéral des Transports était la personne légalement responsable. Les responsabilités opérationnelles étaient néanmoins divisées entre Transports Canada et Northumberland Ferries Limited (NFL) dans le cadre d’une entente d’affrètement.

«L’enquête a révélé que de nombreux membres du personnel de Transports Canada et de NFL n’étaient pas certains de connaître les exigences du rôle ou de savoir qui était responsable de s’acquitter des responsabilités», observe Yoan Marier. 

Par conséquent, le BST recommande à Transports Canada de fournir aux représentants autorisés – légalement en charge de la sécurité des bateaux – des lignes directrices exhaustives décrivant pleinement leur champ de responsabilités. Le ministère a un délai de 90 jours pour répondre à cette recommandation.

Le BST lance par ailleurs une enquête nationale sur la sécurité des navires en cas d’incendie et les pratiques d’intervention d’urgence. L’organisme consultera notamment les exploitants maritimes, les services de lutte contre les incendies et les ports. 

Le but est de mieux comprendre la façon dont les feux sont gérés à bord des bateaux et de déterminer les points à améliorer dans la préparation aux urgences maritimes.

«Cette enquête ouvre la porte à une conversation nationale pour s’assurer que chaque personne qui monte à bord d’un navire au Canada peut le faire en toute confiance», affirme Yoan Marier.  

 

        

PHOTOS :  

De gauche à droite : Yoan Marier et Étienne Séguin-Bertrand du Bureau de la sécurité des transports du Canada. Ils ont rendu publiques leurs conclusions sur l’incendie à bord du traversier insulaire NM Holiday Island.  (Photo : Marine Ernoult)

 

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  • Date de création 27 juillet, 2025
  • Dernière mise à jour 27 juillet, 2025
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