Incendies de forêt : l’inquiétude monte dans la population

La Voix acadienne - Le jeudi 12 décembre, une réunion d’information publique sur la prévention et la préparation aux incendies de forêt a eu lieu à Rustico-Nord. Parcs Canada, mais aussi la province et les services d’urgence étaient présents. Face aux inquiétudes de la population, les acteurs assurent gérer intelligemment la végétation autour des infrastructures essentielles et replanter des arbres plus résilients et moins inflammables.

Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne 

«Nous n’avons peut-être pas les grands feux de l’Ouest canadien, mais même un petit incendie peut avoir un impact significatif sur la vie d’une communauté», observe le directeur des services provinciaux de lutte contre les incendies, Mike Montigny. 

Le jeudi 12 décembre, il a participé à une réunion d’information publique sur la prévention et la préparation aux incendies de forêt dans la région de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. 

Dans la salle du Lions Clubs de Rustico-Nord, la vingtaine de personnes présentes dans le public ont fait part de ses préoccupations grandissantes face au risque de feux de forêt. 

Les participants s’inquiètent du manque de formation des pompiers volontaires et du manque de matériel. Ils s’interrogent sur l’absence d’hélicoptère bombardier d’eau basé dans la province et l’absence de routes d’évacuation clairement établies. 

Ils s’alarment, enfin, de la trop grande quantité de bois morts laissée au sol et réclament davantage de débroussaillage, de coupes et d’éclaircies. 

80 000 arbres plantés dans le Parc national

Aux yeux de Mike Montigny, les feux de forêt ont toujours été un problème, mais «les tempêtes, Dorian et Fiona, ont spectaculairement changé le paysage de l’île et accentué l’anxiété de beaucoup de gens.»

«Durant leurs deux premières années au sol, les arbres tombés, complètement desséchés, peuvent servir de carburant et renforcer l’intensité des incendies, reconnaît-il. Mais dans ce désordre d’arbres endommagés, certains sont encore reliés au sol, vivants, et retiennent l’humidité.»

«Les débris constituent aussi un élément important de l’écosystème. Lorsque les arbres pourrissent, ils fournissent de l’ombre, retiennent l’humidité et peuvent réduire le risque incendie», poursuit la responsable de la conservation des ressources au Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, Kim Gamble. 

En 2015, le Parc national a adopté un plan de gestion des incendies qui court jusqu’en 2025. Autour des infrastructures essentielles et des lignes électriques, les équipes réduisent ainsi la quantité de végétation et garantissent l’espace entre les arbres et sous les branches afin de réduire la propagation d’un éventuel brasier.

À travers son programme de restauration de la forêt acadienne, le Parc s’attelle également à planter des espèces plus résilientes et moins inflammables. Il s’agit de remplacer les conifères par des feuillus.

Depuis 2017, le Parc a planté plus de 80 000 arbres et arbustes. «En éliminant les épicéas, on améliore la biodiversité, ce qui permet de minimiser le risque incendie», assure Kim Gamble. 

Misez sur la coopération 

Parcs Canada est par ailleurs en train d’élaborer un plan de préparation aux feux de forêt en collaboration avec les pompiers de New London, New Glasgow et Rustico-Nord. 

L’agence fédérale et les services de secours travaillent actuellement sur une zone pilote entre Cavendish et Rustico-Nord où ils ont identifié des routes coupe-feu, des voies d’évacuation et d’accès ainsi que des sources d’eau. 

«Parcs canada, municipalités, province, Premières Nations, chacun a ses propres compétences et responsabilités, c’est essentiel de se coordonner et d’agir collectivement pour prévenir et atténuer les risques», souligne Kim Gamble. 

De son côté, la province multiplie les efforts de sensibilisation de la population. Mike Montigny explique que la province a déboursé «beaucoup d’argent» pour inciter les insulaires à nettoyer leurs parcelles et à récupérer le bois mort suite à Fiona. 

«Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, mais c’est difficile, car certaines personnes ne veulent pas», expose-t-il.

La province mise aussi sur le programme Intelli-feu pour aider les insulaires à mieux protéger leurs maisons. Des fonds conséquents devraient être débloqués d’ici les mois à venir. 

«Le feu ne se préoccupe pas vraiment des limites de votre communauté et de votre propriété, c’est pour ça qu’il faut se préparer collectivement à l’avance», insiste Mike Montigny.  

Tous les acteurs présents se veulent rassurants, si un incendie majeur éclate, l’Île-du-Prince-Édouard peut compter sur l’aide de tous les autres provinces et territoires, grâce notamment au Centre interservices des feux de forêt du Canada.   

 

PHOTOS :  

1- Mike Montigny promeut le programme FireSmart ou Intelli-Feu en français. Ce programme national offre des recommandations aux propriétaires pour protéger leurs habitations des flammes.  (Photo : Marine Ernoult)

2- Quelque vingt personnes étaient présentes lors de la réunion d’information publique sur la prévention et la préparation aux incendies de forêt dans la région de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo : Marine Ernoult)

3- De gauche à droite, Maureen Robinson de Santé Canada, Kim Gamble de Parcs Canada, Nick Jagoe et Jeremy Oakes de l’Organisation des mesures d’urgence de la province. Kim Gamble insiste sur l’importance de travailler en étroite collaboration avec tous les acteurs pour lutter efficacement contre les incendies. (Photo : Marine Ernoult)

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  • Date de création 17 décembre, 2024
  • Dernière mise à jour 17 décembre, 2024
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